Il y a un an, Sofia Kenin roulait sur Melbourne, jusqu'à cette finale comme dans un rêve contre Garbine Muguruza pour décrocher son premier titre du Grand Chelem. On louait alors la force mentale de la jeune Américaine totalement hermétique au doute et à toute forme de pression, à qui rien ne résistait. Une sorte d'image d'Epinal de la sportive venue de l'autre côté de l'Atlantique. Douze mois plus tard, changement radical de décor. Jeudi, Kenin éliminée dès le 2e tour en à peine plus d'une heure par l'Estonienne Kaia Kanepi (6-3, 6-2), est apparue comme l'exacte antithèse de son personnage de 2020.
De son propre aveu, Sofian Kenin a été "paralysée par la nervosité", dans ce 2e tour et, plus globalement, ces dernières semaines. Dès avant le tournoi, elle avait évoqué sa nervosité grandissante à l'approche de l'évènement et de la défense de son titre. En réalité, elle a senti venir ce fiasco d'assez loin : "Tout le monde me demandait : 'Est-ce ce que tu te vois remporter de nouveau le titre ?'. Évidemment, je répondais que oui. Mais vu la façon dont j'ai joué... en fait non". Et sur ces mots, elle se met à pleurer.
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Les larmes de Sofia Kenin en conférence de presse

Je n'étais pas là, ma tête n'était pas là
Son désarroi peut étonner, dans la mesure où, l'an passé, après son sacre australien, elle avait plutôt confirmé ses dispositions en atteignant la finale à Roland-Garros. Même si elle y avait été balayée par Iga Swiatek, sa performance d'ensemble avait valeur d'encouragement. Mais à Melbourne, tout était différent et ce statut de tenante du titre a incontestablement pesé sur ses épaules plus fragiles qu'on ne l'avait imaginé. "Oui, j'ai bien joué à Paris, dit-elle. Je m'étais mis de la pression aussi, mais pas autant qu'ici. Mais ce voyage en Australie... C'était un objectif. Je savais que j'aurais de la pression, je savais que j'allais ressentir des émotions, être nerveuse. Donc oui, j'ai vraiment été prise dans l'émotion de cette tournée australienne."
Sans se cacher, Sofia Kenin l'admet : "Je n'ai pas supporté la pression". Une phase d'apprentissage ? Une crise de croissance ? Il y a de ça. "Je n'avais bien sûr jamais vécu ça, rappelle l'Américaine. Je n'étais clairement pas à 100% physiquement, mentalement, dans mon jeu. Je n'ai pas l'habitude d'être dans cette situation, alors pour le moment, il faut que je trouve le moyen de retrouver le niveau de jeu que j'avais atteint. Ce n'était pas le cas aujourd'hui ni les matches précédents. C'est étrange. Je me suis entraînée deux semaines. Heureusement que j'ai pu m'entraîner. Et je me sentais bien à l'entraînement. Mais je n'ai pas réussi à en faire autant en match."
Cette sortie de route précoce sera indolore à court terme au niveau du classement WTA avec le gel des points. Sofia Kenin restera dans le Top 5 mondial. L'absence d'enjeu purement comptable aurait pu l'aider à aborder plus sereinement cette quinzaine, mais le mal est visiblement plus profond. C'est la façon même dont elle est perçue, ou dont elle se perçoit elle-même, qui l'empêche aujourd'hui de s'exprimer. "Ça fait je ne sais pas combien de temps que je ne sens pas mon jeu, se désespère-telle. Depuis l'année dernière, depuis mon titre, j'ai l'impression que tout le monde m'attend. Aujourd'hui, je n'étais pas là, ma tête n'était pas là." Difficile de s'exprimer à 100% quand on traverse une telle crise existentielle.

Impuissante, Kenin a dit adieu à sa couronne : le résumé de sa défaite surprise

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