Il y avait eu des larmes l'an dernier à Melbourne. Sorti dès le 1er tour, Gaël Monfils ne savait ni quoi dire, ni quoi faire, pas plus qu'il n'avait d'idée d'où il en était dans sa carrière. Douze mois ont passé et le Français s'est reconstruit au point de jouer un set décisif pour une qualification en demi-finale d'un Grand Chelem. Comme trop souvent, il a cédé, cette fois face à Matteo Berrettini. Comme souvent aussi, il a été lucide sur sa prestation, ses manques pour franchir ces paliers et son envie d'un jour triompher. Abattu, Monfils s'accroche à l'idée qu'un jour, les astres s'aligneront et qu'il pourra remporter l'un des quatre tournois du Grand Chelem.
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Il y a encore eu tout Gaël Monfils dans ces cinq sets face à Matteo Berrettini, 7e joueur à l'ATP. Du franchement inquiétant pendant deux manches durant lesquelles on ne l'a jamais senti au niveau. Du mieux puis du franchement très bon lors des troisième et quatrième sets. Et enfin, une immense déception avec une cinquième manche perdue sans combattre, ou si peu (6-2). Dans un exercice forcément difficile à chaud, le Tricolore s'est livré à une analyse de son match, de son point de vue, entre l'entame et son retour dans la partie.
Roland-Garros
Berrettini renonce à Roland
14/05/2022 À 19:56

Berrettini a conclu sans trembler : Sa balle de match face à Monfils

Monfils lucide sur son match

"Sa tactique m'a gêné au début. Il me met de la pression, il est dans le terrain, il est agressif. Tu te mets un peu tout seul à vouloir tenter des trucs. Tu arrondis, t'es loin. Je continuais, je tapais fort mais au début il menait le jeu. Je me suis mis une fois proche de ma ligne, une fois loin, ensuite j'ai décidé que sur sa deuxième balle j'allais toujours me rapprocher. J'ai essayé de clarifier ma tactique, j'ai tapé des bons coups droits, trouvé des bonnes zones. j'ai repris le momentum progressivement." Il a fallu finalement trop de temps et d'efforts à Monfils pour être dans la partie. Une des explications possibles à son manque d'essence dans le 5e.
"Forcément il y a le début du 5e mais il y a tellement de choses, poursuit Monfils. Je n'arrive pas à pointer une seule chose. Il y a un truc qu'il ne faut pas oublier c'est que le mec en face joue bien. A l'arrivée, encore une fois je suis moins fort. On peut dire ce qu'on veut, moins fort tennistiquement, mentalement, physiquement. Pourtant je suis bien mais j'ai été moins fort encore une fois. Ça fait 18 ans que je suis là et que je suis moins fort. Je ne dirais même pas que j'apprends, j'encaisse."

Toujours en vie, Monfils remporte le 3ème set face à Berrettini !

Federer, Murray, Djokovic…

Des matches comme celui-ci, Monfils en a connu à la pelle dans sa carrière. Oui parfois il est passé complètement à côté mais à d'autres reprises, il était là, pas loin. Dès 2008, il n'avait cédé que 7-5 au 4e face à Federer en demie de Roland. Toujours à Paris, on citera ce quart de finale contre Murray en 2014 dans lequel il avait encaissé un cinglant 6-0 au 5e après être revenu de deux manches à rien. Federer à l'US en 2014 (5 sets après avoir mené 2-0), Djokovic, toujours à Flushing en 2016 et en demie (4 sets) et même Berrettini un stade plus tôt en 2019 (tie-break du 5e), les déceptions s'accumulent.

3 balles de break sauvées, 10 "égalités", 20 minutes : le jeu qui a fait mal à Monfils

"J'ai eu la chance de jouer des matches loin dans les Grands Chelems, je les ai jamais très bien gérés pour diverses raisons, regrette Monfils. Je n'ai jamais fait le bon choix. Sans trouver d'excuse, tu joues contre les meilleurs, c'est là où tu dois réfléchir plus vite, prendre les meilleures décisions." En creux, Monfils pointe sans doute sa stratégie mais il note aussi que les meilleurs parviennent à décider du meilleur coup en une fraction de secondes, à jouer leur meilleur tennis au bon moment. Lui avoue, par exemple, ne jamais bien servir dans ces matches couperets en fin de Grand Chelem.
C'est sûr que je ne gagnerai plus 20 Grands Chelems
Que retiendra-t-il de son Open d'Australie ? S'est-il seulement impressionné ? "Même pas. Il y a beaucoup de positif, beaucoup de choses que j'ai aimées mais au final, tu fais tous ces efforts pour gagner ce genre de matches Je le perds comme d'habitude. Je retiens que c'est comme d'habitude. Il va falloir continuer à travailler, continuer à se mettre dans ces positions-là." Monfils n'abandonne pas son rêve de décrocher un titre du Grand Chelem.
"A un moment ça passera peut-être, souhaite-t-il. C'est sûr que je ne gagnerai plus 20 Grands Chelems. On en veut un. Que j'aie 35, 36, 37, 38, une fois… Une fois que ça passe et c'est tout. Je tombe, à moi d'essayer de me relever pour me remettre dans une première situation en quart, peut-être une deuxième en demie et pourquoi pas une fois une situation en finale. Au moment où je vais être, j'espère, de nouveau dans cette position, à moi d'essayer quelque chose de différent. J'ai l'impression que je le dis à chaque fois. Il faut se mettre souvent dans ces situations pour espérer qu'une fois, ça passe. Je n'ai pas perdu la foi."
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