Medvedev, Zverev, Tsitsipas... L'ancienne "NextGen" est-elle déjà has been ?
Par Laurent Vergne
Publié 12/01/2023 à 23:54 GMT+1
OPEN D'AUSTRALIE – De Daniil Medvedev à Alexander Zverev en passant par Stefanos Tsitsipas, la fameuse "NextGen" du tennis, en phase ascendante jusqu'ici, a connu une stagnation, voire un recul, au cours de l'année 2022. Pour diverses raisons. Alors que Djokovic et Nadal sont toujours là et que la "Nouvelle NextGen" pousse fort, que va-t-il leur rester ? Des regrets éternels ?
Tsitsipas : le déclic à Melbourne ?
Video credit: Eurosport
La roue tourne vite. Et pas toujours dans le bon sens. Il y a un an, Daniil Medvedev arrivait à Melbourne en favori, fort de son premier titre en Grand Chelem quatre mois plus tôt à New York, où il avait démantelé en finale Novak Djokovic. Alexander Zverev, sacré champion olympique puis vainqueur du Masters, sortait du meilleur semestre de sa carrière. Stefanos Tsitsipas, finaliste à Roland-Garros l'année précédente, était en embuscade.
Avec, en face, un Rafael Nadal tout juste extirpé de l'infirmerie, un Roger Federer déjà en mode retraite dans les faits et un Novak Djokovic confronté aux multiples incertitudes de sa situation vaccinale face au Covid-19, on allait voir ce qu'on allait voir : après avoir attendu son tour, 2022 serait l'année de la prise de pouvoir définitive de la "NextGen" sur le tennis masculin. C'est peu dire que tout ne s'est pas passé comme prévu.
Non seulement cette génération n'a pas réussi à dominer le Big 3, ou plutôt le Big 2. En dépit d'un contexte difficile pour Nadal (blessures multiples) et Djokovic (incapacité à s'aligner dans de nombreux tournois de premier plan), l'Espagnol et le Serbe ont fait main basse sur les trois-quarts des tournois du Grand Chelem, plus le Masters. Pire, c'est elle, la NextGen, qui a pris un coup de vieux avec l'émergence de Carlos Alcaraz, numéro un mondial en fin d'année et lauréat de l'US Open, voire de Holger Rune, qui est allé chercher un premier Masters 1000 à Bercy. Ces deux garçons ont accompli tout cela à seulement 19 ans.
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L'ancienne NextGen peut-elle reprendre la main sur le tennis masculin ?
Crédit: Quentin Guichard
Théoriquement, ils entrent dans leurs meilleures années
Finalement, de cette classe d'âge qui n'a plus tout à fait celui d'être cataloguée comme la NextGen, soit en gros tous ces joueurs nés entre 1995 et 1999 en brassant au plus large, c'est celui qui, initialement, n'y avait guère sa place qui s'en est le mieux tiré. Casper Ruud a supplanté les Medvedev, Tsitsipas, Zverev et autres Rublev en termes de résultats bruts, atteignant deux finales de Grand Chelem, auxquelles on peut greffer celle des ATP Finals. Mais il a buté systématiquement sur la dernière marche. Comme Medvedev en Australie.
Tous les cas sont différents mais le constat d'ensemble est commun : la première NextGen affublée de ce sobriquet a plutôt reculé en 2022, au moment même où on la croyait en mesure de franchir le dernier pas vers la prise de pouvoir. Daniil Medvedev ne s'est jamais tout à fait relevé de sa défaite cruelle contre Nadal en finale de l'Open d'Australie et les ricochets du conflit russo-ukrainien l'ont sans doute en partie affecté. Stefanos Tsitsipas a alterné le bon et le moyen, voire le franchement médiocre dans les tournois du Grand Chelem. Quant à Zverev, après un début de saison décevant, il a été brutalement stoppé par une grave blessure à Roland-Garros alors qu'il revenait fort.
Il est beaucoup trop tôt pour enterrer cette génération de l'entre-deux. D'abord parce qu'elle reste jeune, à défaut d'être désormais "la prochaine". Tous ces joueurs oscillent entre 24 et 26 ans. Théoriquement, ils entrent donc dans leurs meilleures années. Ils possèdent le double privilège de l'expérience de ceux qui ont vécu tout en ayant encore des perspectives d'avenir. Puis tous ces garçons, même en reculant ou en stagnant ces derniers mois, n'en demeurent pas moins à proximité du sommet.
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Daniil Medvedev
Crédit: Getty Images
A la croisée des chemins
Mais s'il faudrait être fou pour les expédier à la casse ou au terminus des prétentieux, à l'aube de cette nouvelle saison, il est légitime de s'interroger sur ce que cette ancienne NextGen laissera derrière elle. Pour l'heure, elle cumule un Grand Chelem (le cas de Dominic Thiem, vainqueur de l'US Open 2020, est un peu différent car l'Autrichien est un peu plus âgé et avait émergé avant la définition de ce concept), un titre olympique, quelques Masters et une palanquée de Masters 1000. C'est tout sauf négligeable, mais il y avait une variété de talents suffisante pour faire plus et mieux.
Alors, has-been, certainement pas. Mais ces gentlemen se trouvent à la croisée des chemins. Le prochain Open d'Australie et, au-delà, les mois qui s'annoncent diront beaucoup de son rôle à court et moyen terme. Ces gens-là sont capables de gagner des Grands Chelems. Ce n'est pas nouveau, même s'il faudra plus que probablement laisser le temps à Alexander Zverev de se reconstruire. Mais il y a trop souvent un mais avec eux.
Medvedev peut-il retrouver l'insolente confiance qui était la sienne sur dur notamment ? Tsitsipas est-il condamné aux places d'honneur ? Ruud a-t-il atteint son plafond ? Reverra-t-on Berrettini dans une finale de Grand Chelem ? Et ainsi de suite. Dans leur intérêt, mieux vaudrait trouver rapidement le moyen de répondre à ces interrogations. Car si 2022 a prouvé quelque chose, c'est que les vieilles légendes se portent toujours bien, et que, derrière, les "teenagers", eux, n'ont pas forcément envie d'attendre.
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"On ne va pas reprocher à Tsitsipas de dire ce qu'il pense"
Video credit: Eurosport
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