Open d'Australie - Il n'a pas encore 18 ans : Juncheng Shang, la promesse chinoise

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OPEN D'AUSTRALIE – Issu des qualifications, Juncheng Shang a remporté son premier match dans un tournoi du Grand Chelem lundi face à l'Allemand Oscar Otte. Nouveau signe du potentiel effarant du jeune Chinois, qui fêtera ses 18 ans juste après l'Open d'Australie. L'ancien protégé de Marcelo Rios est le symbole d'un tennis chinois qui pointe de plus en plus sérieusement le nez sur le circuit ATP.

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Video credit: Eurosport

Quand Juncheng Shang a vu le jour le 2 février 2005, Marat Safin venait de remporter l'Open d'Australie. Roger Federer était déjà installé depuis un an à la première place mondiale. La Chine, elle, n'existait pas sur la scène tennistique, en tout cas chez les hommes. Mais tout ça va peut-être changer très bientôt. Le géant qui sommeillait s'éveille au tennis.
Lors du dernier US Open, Wu Yibing et Zhang Zhizhen avaient atteint le grand tableau en sortant des qualifications. Une première dans l'ère moderne à New York. Wu Yibing s'était même frayé un chemin jusqu'au troisième tour. Mais la plus belle pépite de cette génération est aussi la plus jeune et elle s'appelle Juncheng Shang.
Juncheng, ou Jerry, puisqu'il ne lui déplaît pas d'être introduit par son surnom, qui lui vient de la petite souris du cartoon Tom et Jerry. Ce fut le cas lundi à Melbourne après sa victoire contre l'Allemand Oscar Otte (6-2, 6-4, 6-7, 7-5) lors de sa conférence de presse. Une page d'histoire, encore, puisque jamais un joueur chinois n'avait remporté de match dans le tableau principal du Majeur australien depuis le début de l'ère Open. Le tout à quelques jours de son 18e anniversaire, donc. Plus jeune joueur du Top 200 au classement ATP, le voilà assuré de grimper encore après l'Open d'Australie, au moins aux alentours de la 160e place.
Les gènes sportifs parlent, avec Jerry Shang. Mais ils n'émanent pas du tennis. Son père, Shang Yi, est un ancien footballeur professionnel. Il a même joué brièvement en Espagne et compte deux capes avec l'équipe nationale. Sa maman, Wu Na, a été une grande championne de tennis... de table, médaillée de bronze aux Championnats du monde en simple en 1995 et sacrée en double mixte deux ans plus tard. Leur fils a donc opté pour le tennis, un choix pas vraiment naturel au début des années 2010 pour un petit garçon. Il s'y est mis en 2011, l'année où sa compatriote Li Na a remporté Roland-Garros, une grande première pour la Chine.

Travailler le mental

"Dès le début, mon ambition a été de devenir professionnel", explique-t-il. S'il a débuté en Chine, Juncheng Shang a ensuite rejoint l'Europe. Via les connexions de son père avec l'Espagne, il s'est formé à l'Académie d'Emilio Sanchez, basée en Italie, à Naples. Puis ce fut, comme beaucoup, la Floride et Bradenton pour une autre Académie, celle de IMG, où s'entraîne également son aîné, Wu Yibing (23 ans).
"Pourquoi les garçons ont mis plus de temps que les filles à arriver au plus haut niveau mondial ? C'est compliqué, il y a beaucoup de raisons, juge Shang. Je ne sais pas si j'ai la réponse à cette question mais je pense que, physiquement, c'est un grand pas à franchir dans le tennis masculin. Mais maintenant, nous sommes sur la bonne voie. J'espère qu'à l'avenir, nous pourrons être compétitifs en trois sets gagnants, dans les Grands Chelems."
Juncheng Shang a tout pour devenir un des joueurs les plus excitants de la nouvelle génération. Il possède un jeu dynamique, sur la base d'un coup droit potentiellement dévastateur, mais ne rechigne pas à aller vers l'avant. Au filet, il dévoile toute la finesse de sa main, comme il a su le faire de temps à autre face à Otte au premier tour. "C'est un joueur complet, glisse au New York Times son entraîneur, Dante Bottini, ancien coach, notamment, de Kei Nishikori. Il a une très bonne lecture du jeu et du court, c'est ce qui m'a le plus surpris chez lui quand on a commencé à travailler ensemble. Pour quelqu'un de son âge, il a une grande compréhension du jeu."
Comme beaucoup de joueurs de 17-18 ans, il doit encore s'étoffer physiquement et travailler sur le plan mental. Contre Otte, il a affiché beaucoup de calme et de lucidité, mais ce n'est pas toujours le cas. "Dans la plupart de mes matches, je suis vraiment calme, mais le tennis est un jeu très frustrant et parfois, vous pouvez perdre vos nerfs, confesse le Chinois. C'est une chose sur laquelle je travaille depuis quelques mois. Essayer de rester calme quoi qu'il arrive, d'être toujours positif. Ce n'est pas une chose que vous pouvez améliorer en un match. C'est un travail de tous les jours, à l'entraînement aussi, mais également quand vous êtes avec votre famille au quotidien."
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Juncheng Shang.

Crédit: Getty Images

Un "branleur" ?

Il est encore trop tôt pour prédire jusqu'où pourra aller le jeune Chinois et de quoi sera faite sa carrière. Seule certitude, le potentiel est là, mais il ne suffit pas toujours. Marcelo Rios, qui était auprès de lui jusqu'en septembre dernier, avait clamé que le garçon serait un jour numéro un mondial. Mais après avoir été limogé par le père de Shang, le désormais ex-coach du prodige juge qu'il est "ultra-doué, joue très bien, mais c'est un vrai branleur." La rancœur, peut-être, car la rupture a été brutale.
"Je ne veux pas rentrer dans les détails, a commenté de son côté l'espoir à ce sujet. Il a été très gentil avec moi et avoir un ancien numéro un mondial avec moi a été une très bonne expérience. Malheureusement, ça n'a pas marché à l'arrivée." Jerry est passé à autre chose. Un nouveau coach, mais une ambition intacte. Ses temps de passage ne sont pas aussi impressionnants que ceux d'un Félix Auger-Aliassime ou d'un Carlos Alcaraz au même âge. Premier joueur de la cuvée 2005 à gagner un match en Grand Chelem, il n'est peut-être qu'au début de son ascension.
Mercredi, il va s'attaquer un gros morceau en la personne de Frances Tiafoe. Il aura les honneurs de la John Cain Arena. Est-il surpris d'être déjà là ? "Un peu, oui, quand même. Je ne pensais pas que ça viendrait aussi vite mais avec mon équipe, on a travaillé pour ça et ça paie. J'ai hâte d'être à la suite." A court ou moyen terme, sans doute le Top 100, dans un premier temps. "On va y aller pas à pas, prévient Dante Bottini. Il fait un super tournoi mais il doit garder les pieds sur terre."
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