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Si seulement tous les parents étaient comme ceux de Jannik Sinner
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Publié 30/01/2024 à 00:12 GMT+1
Jannik Sinner a décroché, ce dimanche à l'Open d'Australie, le Graal, qui plus est avec un scénario dingue qu'il n'aurait sans doute pas imaginé pour son premier succès en Grand Chelem. L'Italien n'a pas eu la chance de célébrer directement avec ses parents, absents pour l'occasion, et pourtant ô combien importants tout simplement parce qu'ils l'ont laissé faire ses choix.
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Quoi qu'il arrive désormais, Jannik Sinner fait partie d'une caste de grands. Il pourrait bien s'arrêter là, à un Grand Chelem, qu'il aurait de toute façon, sans doute, réalisé là son rêve de gosse. Un gamin ne s'imagine pas triompher de 5, 10 ou 20 des plus grands tournois, il se voit soulever un trophée comme l'ont fait ses idoles avant lui. Tout simplement. Jannik Sinner a-t-il rêvé seulement, lui qui a mis du temps à arriver au tennis ? Et s'il avait eu d'autres parents, serait-il aujourd'hui l'un des plus grands tennismen du monde ?
L'histoire est connue désormais. Avant de taper, et plutôt très bien, dans une petite balle jaune, Jannik Sinner dévalait les pistes sur des skis. Le bambin n'était d'ailleurs pas mauvais dans le domaine puisqu'il fut champion d'Italie à 7 ans à l'âge où son paternel l'avait déjà mis au tennis. Celui-ci l'a-t-il poussé à choisir ? Pas le moins du monde et cette liberté, le Jannik qui a désormais grandi, ne l'a pas oubliée.
"Je souhaite à tout le monde d'avoir des parents comme les miens, a-t-il confié, ému, pendant son discours de vainqueur à l'Open d'Australie. Ils m'ont toujours laissé faire ce que je voulais. Même quand j'étais plus jeune, j'ai fait d'autres sports. Ils ne m'ont jamais mis de pression. Je souhaite aux plus jeunes de pouvoir avoir cette liberté." Non seulement, Sinner n'a pas été obligé de choisir mais mieux, il fut encouragé en ce sens, jouant au football, pratiquant la nage.
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Sinner's top 5 shots at the Australian Open
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Même quand il a fallu laisser partir l'enfant chéri aller peaufiner son destin de champion au sein de l'académie de Riccardo Piatti, à Bordighera, tout proche de la frontière française à des centaines de kilomètres de son Tyrol natal, les parents Sinner n'ont pas bronché.
"J'ai quitté la maison à l'âge de 14 ans, rappelait l'intéressé en conférence de presse après la finale. Je pense que pour moi, c'était difficile, mais pour les parents, laisser leur fils à 14 ans, ce n'est pas facile non plus. Ils m'ont toujours tout donné, ils ne m'ont jamais mis la pression, et c'est peut-être la raison pour laquelle je suis ici aujourd'hui. Je suis un homme très détendu, qui aime jouer au tennis. J'ai 22 ans, donc j'aime aussi faire des choses normales."
Quel genre de parents manquent le premier Grand Chelem de leur fils ?
C'est sans doute là le nœud de l'histoire. A l'heure où les parents font de leurs progénitures des projets en tout genre, la famille Sinner n'a pas tout misé sur un destin doré pour Jannik, pourtant considéré comme un prodige du tennis dès le plus jeune âge. L'histoire de Rayane Roumane, narrée par L'Équipe, rappelle à quel point la volonté d'un père de voir son fils briller peut avoir des conséquences néfastes sur sa carrière. Et si dans le tennis professionnel, nombreux sont ceux qui ont réussi avec des parents très présents, d'autres ont aussi avoué quels traumatismes cela avait pu créer chez eux.
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"Avec l'avènement de Sinner, on va encore plus se régaler"
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Le très vocal Apóstolos Tsitsipás est-il une bénédiction pour son fils Stefanos ? Les parents de Jannik Sinner n'étaient pas dans son box pour son exploit en demi-finale face à Novak Djokovic, pas plus que pour son premier sacre en Grand Chelem dimanche devant Daniil Medvedev. Quel genre de parents manquent un tel événement ? "Je pense qu'ils croient un peu au destin. Ils n'ont pas voulu prendre l'avion pour tout gâcher", a expliqué Darren Cahill, l'un des deux entraîneurs de Jannik Sinner. La réponse est donc la suivante : ce sont les parents qui savent où est leur place qui sont capables de manquer le premier titre majeur de leur enfant.
"Les parents de Jannik sont merveilleux, vraiment merveilleux, a poursuivi son binôme, l'Italien Simon Vagnozzi. Parfois, ils viennent au tournoi sans dire un mot sur le tennis. Ils sont juste là. Ils profitent de la vie du tournoi, mais ils ne viennent jamais nous voir pour nous dire : 'Oh, vous savez, le service, la volée, la balle de break…'. De nos jours, il n'est pas facile de trouver une famille comme celle-ci, parce qu'avec YouTube, tout le monde est entraîneur. Surtout en Italie."
Cette manière d'être a fait de Jannik Sinner un joueur très respectueux, qui perd rarement ses nerfs et qui brise rarement ses raquettes. "Il a été très bien élevé. Il a les pieds sur terre", résume Cahill qui lui, aimerait bien voir plus souvent le père Sinner sur les tournois : "Il est chef cuisinier, nous mangeons très bien quand il est là."
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