Boris Becker sur Giovanni Mpetshi Perricard : "Tout le monde devrait se calmer un peu"

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Vainqueur de deux tournois dont un ATP 500, capable de poser des problèmes à n'importe qui avec son seul service, Giovanni Mpetshi Perricard est un des joueurs les plus intrigants de la nouvelle génération. Boris Becker reconnait le potentiel et le talent du Français, mais pour le consultant d'Eurosport, il est surtout urgent de le laisser grandir et travailler. Il est trop tôt pour s'emballer.

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Boris Becker préfère faire simple. Il a peur d'écorcher le nom de Giovanni Mpetshi Perricard, "parce qu'il est trop long", nous dit-il. "Je l'appelle GPM, c'est plus simple". Pas encore assez, visiblement. "Non, GMP, pardon ! Ou alors Giovanni". Faisons comme ça. En revanche, comme tout le monde, le triple vainqueur de Wimbledon est intrigué par le profil et le potentiel du numéro 3 français, qui sera pour la première fois de sa carrière tête de série dans un tournoi du Grand Chelem à l'Open d'Australie, avec la pancarte numéro 30 dans le dos.
Précisément, à ses yeux, Mpetshi Perricard n'est encore que cela : un potentiel, aux contours encore mal définis. Alors il n'aime pas que l'on mette trop en avant le double mètre venu de Lyon. C'est pour cela qu'il a réagi voilà quelques jours sur Twitter à la lecture d'un tweet annonçant "GMP" comme le futur "plus grand serveur de tous les temps." "Etes-vous vraiment sûr de ça ?" avait réagi l'ancien numéro un mondial, ajoutant ensuite une photo de Pete Sampras avec cette mention : "Par exemple…"
Plus tard, lorsque Mpetshi Perricard a été breaké d'entrée par Reilly Opelka en demi-finale du tournoi de Brisbane, "Boum Boum" n'a pas pu s'empêcher d'en remettre une couche. "Et je croyais que GMP était impossible à breaker…" N'y voyez aucune malice, encore moins une quelconque forme de méchanceté. Au contraire. C'est parce qu'il apprécie le géant français qu'il voudrait qu'on le laisse un peu tranquille. "J'adore son style. J'adore sa personnalité. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour dire à quel point il sera bon ou fort", estime le consultant d'Eurosport.

L'hommage à Manu Planque

"Nous vivons à une époque où les gens livrent des jugements définitifs beaucoup trop rapidement, sur les joueurs de tennis notamment, regrette Becker. Oui, Giovanni est très talentueux. Oui, il a un service incroyable. Mais un service tout seul ne fait pas de vous un bon joueur de tennis. Donc tout le monde devrait se calmer un peu." On oublie aussi un peu vite qu'il est tout neuf au plus haut niveau. Même s'il a un an de plus que Arthur Fils (il est de la génération 2003, Fils de 2004), il a moins de vécu que son compatriote, dont l'émergence a été plus précoce. Mpetshi Perricard, lui, naviguait encore au-delà de la 200e place au classement ATP il y a un an.
Il est un joueur en pleine progression mais aussi en pleine construction. "Il doit développer les autres aspects de son tennis, plaide Boris Becker. Un grand service ne fait pas un grand joueur et encore moins un vainqueur de Grand Chelem. Bien sûr, ça aide. Notamment dans les matches en deux sets gagnants. Vous pouvez juste compter sur votre service parfois, gagner en deux tie-breaks. Mais vous devenez un vrai joueur de tennis en Grand Chelem."
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A ce titre, l'Open d'Australie sera un bon test pour le Tricolore. Une étape de son apprentissage, de sa gestion des attentes. Le fait dedevenir une cible pour la concurrence aussi. Avec, si possible, un bond en avant, plus ou moins grand. "Je veux le voir à l'œuvre à Melbourne, poursuit l'analyste d'Eurosport. Je ne m'attends pas à le voir gagner bien évidemment, mais je veux le voir en deuxième semaine. C'est là qu'il doit aller maintenant dans les Grands Chelems et s'il parvient à faire ça régulièrement, on pourra commencer à évoquer son potentiel et ses ambitions. En attendant, ça ne sert à rien de parler de 'à quel point il peut devenir fort, ceci ou cela'".
Mais Boris Becker est tout de même optimiste. Parce que les possibilités sont effarantes, et parce que Mpetshi Perricard est bien entouré. "Il a un excellent entraîneur, juge-t-il en parlant d'Emmanuel Planque. Je le connais depuis longtemps et je pense qu'il sait exactement ce qu'il faut faire et la direction qu'il doit prendre avec Giovanni." L'avancée a d'ores et déjà été colossale pour celui qui, rappelons-le, a été élu "Jour ayant le plus progressé" en 2024. La suite s'annonce excitante. Mais le plus dur commence : le temps des attentes.
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