Open d'Australie 2025 - Gaël Monfils : "Quand tu as tout donné, tu te dois d'être heureux"
Par Laurent Vergne
Publié 20/01/2025 à 11:44 GMT+1
Le physique a fini par le trahir. Gaël Monfils a lutté pendant trois sets face à Ben Shelton, mais il a dû abandonner, vidé de ses forces (7-6, 6-7, 7-6, 1-0, ab.). La fin d'une belle aventure qui avait généré un fol espoir. Mais il ne s'est pas départi de son sourire. Le Français reste heureux, de sa vie et d'avoir été au bout de ce qu'il avait à offrir dans cet Open d'Australie.
Monfils s'est arrêté "pour éviter un très gros accident"
Video credit: Eurosport
L'aventure de Gaël Monfils aux antipodes a pris fin. Un peu plus tôt que ce que chacun s'était mis à espérer après sa série de huit victoires, son titre à Auckland et sa très grosse performance contre Taylor Fritz. Lundi, le Français a fini par faire ses 38 ans et après trois sets, trois tie-breaks et trois heures de combat sous la chaleur étouffante de Melbourne, il a fini par rendre les armes. Avec le sourire. Sans aucun regret.
Vainqueur ou vaincu, il reste philosophe, attaché à son approche empreinte de recul. Samedi, après avoir battu Fritz, il l'assurait, son rêve n'était pas de gagner un Grand Chelem. Ni celui-ci ni un autre. Il y a dans sa vie, plus encore aujourd'hui qu'avant, des choses bien plus importantes. "Remporter ce tournoi ? Non, je ne pense pas que je pourrai le faire, avait-il confié. Pour être honnête avec vous, ce n'est même pas un rêve. Mon rêve est d'être vieux, avoir beaucoup d'enfants et être en bonne santé."
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Monfils, les secrets de sa longévité
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"Il a vraiment compris la vie", avait notamment réagi Paula Badosa aux propos du Parisien. Maintenant qu'il est éliminé, ce n'est donc pas un rêve qui a pris fin. "Comme toujours, je suis heureux, a-t-il assuré, marqué mais toujours souriant. Toujours positif. Malheureusement, je n'ai pas pu finir le match, mais je suis heureux du fait d'avoir tout donné aujourd'hui. Je suis content de ça."
Il n'avait pas envie d'en finir et encore moins de cette manière, mais Monfils n'avait plus une goutte d'essence dans la carlingue. Il est vraiment allé au bout de ce qu'il pouvait donner. "Certains jours sont plus durs que d'autres, dit-il. Aujourd'hui, c'était vraiment difficile pour moi sur le plan physique. J'étais déjà très proche de la limite et je l'ai malheureusement franchie. Je n'avais plus d'énergie et une forte douleur. Si j'avais continué, j'aurais pu me faire quelque chose de plus grave." Dès son entrainement matinal, il avait senti que les jambes répondaient moins bien. Qu'il était "un peu plus lent. Un peu plus."
"Au bout du compte, la tournée a été longue pour moi, a rappelé l'ancien numéro 6 mondial. J'ai joué beaucoup de matches, beaucoup d'heures à jouer. Ça arrive d'être au bout physiquement. Mais j'apprends encore. Je continue d'apprendre de chaque expérience." Même si ce match s'est joué dans un mouchoir de poche pendant trois sets, il n'avait pas tout à fait le même engagement que deux jours plus tôt face à Fritz. Même s'il avait pris le troisième tie-break pour mener deux sets à un, on peut se demander si cela aurait changé quoi que ce soit.
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Monfils s'est démené, Shelton a cogné : le grand format d'un spectacle tronqué
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Le fruit de son éducation
Gaël Monfils a quitté la Margaret Court Arena au son des "Merci, Gaël !, Merci, Gaël !", et après une longue accolade avec tout le clan de Ben Shelton, dont le père et entraîneur de celui-ci, l'ancien joueur Bryan Shelton. Melbourne va le regretter mais lui ne regrette rien. Philosophe, jusqu'au bout.
"C'est juste la vie qui compte, poursuit le Parisien. Mes parents m'ont élevé comme ça. Je dis toujours que je sais d'où je viens. Je sais comment mes parents m'ont élevé, quelles valeurs ils m'ont inculquées. Quand tu fais du sport, tu te dois d'être heureux, parce qu'on a la chance de faire du sport. Bien sûr, avant tout, c'est mon métier, mais c'est une chance de faire le métier que tu aimes. Le sport. Blablabla. Donc il faut toujours garder ça à l'esprit et quand vous donnez tout, vous vous devez d'être heureux. Ça, je le dois à mes parents."
Gaël Monfils est encore en lice à Melbourne, puisque son épouse, Elina Svitolina, s'est elle qualifiée pour les quarts de finale. Elle ou lui, c'est un peu pareil. On le reverra donc en tribunes au moins mercredi. Avec le sourire. Il faut plus qu'un Ben Shelton, pour lequel il a en prime beaucoup d'affection ("J'adore ce môme", a-t-il répété lundi), ou qu'une élimination, pas même en Grand Chelem, pour le lui enlever. Sa philosophie de vie va au-delà de ça. Sa façon d'être.
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La bataille de trop : le moment où Monfils a dû jeter l'éponge
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