Open d'Australie 2025 - Iga Swiatek après son 6-1, 6-0 : "J'avais l'impression que la balle m'écoutait…"
Par Laurent Vergne
Publié 18/01/2025 à 10:54 GMT+1
Tout le monde pensait que Iga Swiatek allait passer un premier test samedi au troisième tour contre Emma Raducanu. Résultat, en 70 minutes, la Polonaise a mis en charpie les espoirs de la Britannique, pulvérisée 6-1, 6-0 en ouverture du programme sur la Rod Laver Arena. Elle a connu ce sentiment de plénitude qui vous habite parfois dans un grand jour. C'était son cas.
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"Si Emma Raducanu survit à ses deux premiers tours, c'est qu'elle aura retrouvé un allant suffisant pour rendre très excitant ce 16e de finale contre Iga Swiatek". Voilà ce que nous écrivions après le tirage au sort de cet Open d'Australie en ciblant les matches que nous aimerions voir en première semaine. On a donc vu, comme espéré, ce Swiatek-Raducanu pour une place en huitième de finale. Une boucherie. 6-1, 6-0. Un non-match. Un monde d'écart entre les deux ex-lauréates de l'US Open.
"Elle a vraiment très bien joué, c'est une grande championne, mais je trouve que de mon côté, je n'ai pas bien joué du tout. Ce n'est pas une super combinaison…" a confié la Britannique. Swiatek, elle, était dans la zone, celle qu'elle approche de temps à autre. "J'avais l'impression que la balle m'écoutait", a-telle résumé d'une jolie formule, presque poétique. Une façon de dire qu'elle faisait d'elle ce dont elle voulait avec sa raquette.
Une sensation plutôt rare, même à son échelle, mais toujours aussi délectable. "Cela m'arrive parfois à l'entraînement, assez souvent même, explique-t-elle. Surtout chez moi. Je connais le court et les conditions par cœur. Je ressens que je peux mettre la balle exactement où je veux la mettre, je sais où elle va aller, je suis plus précise. En match, c'est évidemment très différent. Vous pouvez traverser tout un match sans jamais savoir où la balle va atterrir. Chaque jour est différent. Mais on travaille pour connaître ces sensations."
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Samedi, c'était manifestement une de ces journées où telle une chef-d'orchestre, la joueuse récite sa partition et où tous ses instruments appliquent ce qu'elle veut faire à la lettre, qu'il s'agisse de la raquette ou de la balle. Elle n'a perdu que sept points (sur 35) sur son service et a délivré 24 coups gagnants pour seulement 12 fautes directes. Une copie impeccable. "Tout ce que j'avais prévu de faire tactiquement, je l'ai réussi", dit-elle.
La punition a été sévère. Elle a infligé samedi le 97e 6-0 de sa carrière. Le 28e en Grand Chelem. Une vraie spécialité. Elle n'y prend aucun plaisir particulier, pas plus qu'elle cherche à humilier. "Ce n'est pas une question personnelle, précise la Polonaise. Je ne dirais pas que je suis impitoyable. J'essaie juste d'avoir la même attitude et le même niveau de concentration en permanence, peu importe le score. Mais ce n'est pas comme si je voulais montrer ou prouver quelque chose. Je joue juste mon jeu. Et si ça marche, pourquoi m'arrêter ?"
Surtout, un match peut toujours tourner n'importe quand. Il suffit parfois d'une poignée de coups ou de points pour inverser un scénario. Elle le sait. "J'ai vu tellement de matches changer même à 5-1, ou 5-2. Il fait toujours continuer à appuyer. Ce n'est jamais fini tant que ce n'est pas fini", rappelle Iga Swiatek comme une évidence. Mais c'est devenu une vraie marque de fabrique chez elle au fil du temps. Pas sûr que cela la consolera, mais Emma Raducanu n'est pas la première. Elle ne sera pas la dernière.
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