Open d'Australie - Huitièmes de finale - Alexander Zverev ? Jusqu'ici, tout va bien...
Par Laurent Vergne
Publié 18/01/2025 à 15:43 GMT+1
L'éternel prétendant jamais sacré retente sa chance à Melbourne. Alexander Zverev a roulé sur ses trois premiers adversaires lors d'une première semaine immaculée. L'Allemand s'est économisé et doit capitaliser sur sa fraîcheur et sa confiance alors que les choses sérieuses arrivent. Dimanche, il affronte pour une place en quarts Ugo Humbert, sa victime en finale du dernier Rolex Paris Masters.
"Humbert est capable de mettre Zverev loin de la balle, à lui de lâcher les chevaux"
Video credit: Eurosport
Margaret Court Arena, vendredi après-midi. Alexander Zverev vient de se qualifier pour les huitièmes de finale en battant en trois sets Jacob Fearnley. Il reste encore plusieurs heures avant que la session nocturne ne débute sur le court. Alors Zverev en profite pour rester là à taper des coups droits long de ligne. Son frère Mischa lui envoie la balle comme une machine et tel un pianiste faisant ses gammes, le numéro 2 mondial frappe, encore et encore.
Ceux qui se souviennent du Rolex Paris Masters à l'automne dernier ne seront pas étonnés. Après chaque match, déjà, il restait une heure à s'entraîner sitôt sa qualification acquise. Cela lui avait porté bonheur puisqu'il avait soulevé le trophée à Bercy en fin de semaine. "Sur un plan sportif, je trouve que ça a du sens, explique Boris Becker. Il a besoin de jouer. En match et à l'entraînement. Il a un jour de repos entre chaque match et il a souvent fini vite et tôt. Donc ces séances d'entraînement font vraiment sens pour lui."
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Mahut : "Zverev n'a pas encore véritablement dépassé ses limites sur cet Open d'Australie"
Video credit: Eurosport
Pour l'instant, tout va bien pour l'Allemand à Melbourne, même s'il sait pertinemment qu'à ce stade de sa carrière, il sera jugé uniquement sur sa capacité ou non à soulever le trophée en fin de quinzaine. Il en est là. C'est le titre ou l'échec. Il peut difficilement y avoir un entre-deux. Il n'est pas venu pour une troisième finale ou une énième demie. Pour l'heure, il est sur un sans-faute. Mais ce n'est pas maintenant que se gagne l'Open d'Australie.
"Pour l'instant, sa performance est encourageante je trouve", relève toutefois Philipp Kohlschreiber, lui aussi consultant sur Eurosport Allemagne. Il a parfois connu des difficultés dans les premiers tours en Grand Chelem contre des joueurs moins huppés, mais jusqu'ici, il avance sans aucun problème. Trois matches et trois victoires en trois sets contre Lucas Pouille (6-4, 6-4, 6-4), Pedro Martinez (6-1, 6-4, 6-1) et Jacob Fearnley (6-3, 6-4, 6-4) et 6h17 passées sur le court au cumul de ces trois matches. Zverev ne traîne pas.
"Je suis plutôt satisfait de mon niveau de jeu, notamment du fond du court. Pour l'instant, je n'ai pas de raisons de me plaindre", a-t-il jugé à propos de son carnet de notes provisoire. Mais on le sent, il attend la suite. Il n'en est plus à se satisfaire d'enquiller les premiers tours comme des perles à vitesse grand V, même s'il est vrai que ce fut longtemps son péché mignon et qu'il a parfois payé en seconde semaine l'énergie gaspillé les premiers jours de façon excessive. Il n'en est plus vraiment là, mais cela reste un préalable nécessaire.
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La fraîcheur, une nouveauté pour Zverev : "Dans sa tête, il veut aller au bout"
Video credit: Eurosport
Le physique, plus encore que le mental ?
"Il laisse beaucoup moins d'énergie en route que par le passé, note Boris Becker. C'est important, il sera plus frais en deuxième semaine. Garder de l'énergie, c'est un prérequis s'il veut remporter enfin un tournoi du Grand Chelem. Avec son préparateur physique, Jez Green, il s'est vraiment focalisé sur le fitness durant l'intersaison parce que Sascha a réalisé qu'il était parfois plus fatigué que ses adversaires en fin de quinzaine."
Au soir de sa défaite en finale de Roland-Garros l'an dernier contre Carlos Alcaraz, en cinq sets, après avoir mené deux manches à une, c'est sur cet aspect des choses que Zverev avait insisté, quand beaucoup pointent ses failles mentales. "Peut-être que je dois revoir ma préparation, notamment sur le plan physique, avait-il confié. Tennistiquement parlant, j'ai eu l'impression de jouer correctement, au moins aussi bien que lui pendant trois sets. Et puis j'ai beaucoup baissé en régime ensuite."
Cette fois, tout semble en place pour qu'il tienne le coup jusqu'au bout, même si c'est encore trop tôt pour avoir la réponse. Dimanche, il entame la seconde phase de son Open d'Australie. Face à Ugo Humbert, la difficulté monte d'un cran, même si le souvenir encore frais de leur finale à sens unique à Bercy peut laisser envisager le contraire. Le contexte est différent. Le degré de fraicheur de Humbert l'est sans doute aussi. Mais si Zverev reste dans la lignée de ce qu'il produit depuis cet automne, il doit être à nouveau un cran au-dessus. On ne souhaite que du bonheur au Lorrain, mais Zverev, lui, n'a pas le droit de s'arrêter là s'il s'imagine vraiment un jour en vainqueur de Grand Chelem.
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Une finale à sens unique : comment Zverev a éteint Humbert à Bercy
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