Open d'Australie | "Il y a clairement eu un avant et un après Australie" : Arthur Cazaux, retour aux sources
Par SEBASTIEN PETIT
Publié 12/01/2025 à 05:25 GMT+1
Il y a tout juste un an, Arthur Cazaux se révélait au plus grand nombre en atteignant les huitièmes de finale de l'Open d'Australie. De passage dans notre émission digitale Retour Gagnant fin 2024, le Montpelliérain, protégé désormais de Sam Sumyk, est revenu sur cette parenthèse enchantée aux antipodes qu'il espère revivre de plus en plus régulièrement.
Cazaux : "Au fond de moi, j'ai envie de me rapprocher du Top 30 en 2025"
Video credit: Eurosport
Quand il débarque à Melbourne en janvier dernier, Arthur Cazaux ne se doute encore de rien. Il est très loin de s'imaginer qu'il va réaliser l'une des meilleures perf' de la saison française en Grand Chelem. Lui qui arrive fraîchement de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, où il a décroché un titre Challenger, le Montpelliérain se bat surtout contre différentes blessures, et croise les doigts pour ne pas rechuter physiquement. Fracture, pubalgie, tendinite, pied, coude, poignet, abdominaux... à 21 ans, il en connaît un rayon sur la résilience, mot qu'il a d'ailleurs tatoué sur sa peau, comme pour conjurer le sort. Et en ce début 2024, cela lui sourira au point de devenir l'une des révélations de l'année en atteignant la seconde semaine du tournoi.
"Physiquement, je me sentais prêt, j'avais fait une bonne pré-saison à l'entraînement et j'arrivais avec de belles convictions", nous a-t-il expliqué lors de sa venue dans l'émission Retour Gagnant fin 2024. 122e mondial, il bénéficie d'une invitation pour jouer l'Open d'Australie qu'il découvre pour la première fois. Il n'a encore jamais remporté de match dans un grand tableau de tournoi majeur après trois premières tentatives infructueuses. Ce plafond de verre va exploser avec une victoire au 1er tour sur Lazlo Djere, joueur serbe 33e mondial : "C'était un match très dur physiquement et aussi mentalement. Il était à une place d'être tête de série et je m'en sors en cinq sets car j'arrive à me faire violence malgré les douleurs. Il y avait une ambiance de dingue grâce à des supporters français venus m'encourager dans la dernière manche..." Le phénomène Cazaux est en train de prendre forme.
"J'ai eu comme un petit déclic où je me suis dit : même en cinq sets, je vois que je peux passer au-dessus des douleurs physiques et m'en sortir face à des grands joueurs comme ça. Cela m'a donné de la confiance pour la suite du tournoi." Celui-ci va prendre un peu plus d'épaisseur au 2e tour face à Holger Rune, alors 8e joueur mondial bien connu de Cazaux en junior. "Cela faisait un moment qu'on ne s'était pas recroisés, mais j'avais envie de lui montrer ce dont j'étais capable. J'ai toujours aimé les sports de combat, en un contre un, quand tu es seul, confronté à toi-même et à un adversaire qui a envie de te battre. J'ai tout fait pour l'agresser autant que possible et ça a payé."
Au final, une victoire en quatre sets et un premier succès face à un Top 10 qui amplifie un peu plus la résonance de son parcours australien. "Des supporters français m'ont suivi tout au long de la semaine pour mettre une super ambiance à chacun de mes matches, les médias ont commencé à s'intéresser à moi. Je n'étais pas habitué à être dans la lumière à ce point." Cela ne lui a pas fait tourner la tête au 3e tour, match de la confirmation pourtant si compliqué à gérer... Le Néerlandais Tallon Griekspoor, 31e mondial, tombe en trois sets et moins de deux heures de jeu. "Je le sentais fatigué, moi j'étais très régulier et très à l'aise au service, les bases retenues des matches précédents." Un résultat loin d'être anodin : il est ainsi devenu le premier joueur étranger invité en Australie à se hisser en seconde semaine du tournoi australien depuis Mats Wilander trente ans plus tôt.
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"J'étais prêt" : Cazaux ivre de fierté après son "gros combat" gagné face à Rune
Video credit: Eurosport
De ces petites pierres, Arthur s'est construit un bel édifice qui a impressionné Melbourne, même si son aventure s'est arrêtée ensuite face à Hubert Hurkacz en huitième de finale. Lui qui est de la même génération que Carlos Alcaraz et Jannik Sinner n'en est pas à tutoyer leurs sommets, mais les fondations construites en Australie lui ont donné de solides références. "Il y a clairement eu un avant et un après Open d'Australie. J'ai appris énormément sur ce tournoi et ça restera un de mes plus gros souvenirs pour l'instant dans le tennis. Auprès des médias, j'avais senti une excitation autour de moi qui me faisait plaisir, mais j'avais l'impression qu'on s'enflammait un peu vite pour moi ! Il y a tellement de joueurs devant moi : des Alcaraz, des Sinner qui ont même âge que moi et qui sont 20 fois plus forts et qui l'ont prouvé 20 fois plus... J'aime bien être dans la lumière, mais la suite m'a montré que le tennis est fait de hauts et de bas. J'ai eu le retour de bâton direct..."
Et c'est peu de le dire. A Miami, quelques semaines plus tard, il a fait un malaise à cause de la chaleur au 1er tour des qualifications. Puis à Barcelone, c'est sa cheville qui trinque une nouvelle fois. Blessure dont il mettra plusieurs mois à se remettre véritablement... jusqu'en octobre avec une finale de challenger en Chine et surtout un 3e tour au Masters 1000 de Paris-Bercy : après avoir bénéficié du forfait de Jannik Sinner, il s'est rappelé aux bons souvenirs des supporters français en dominant Ben Shelton, 19e mondial, au 2e tour. Un coup de force dont il a le secret.
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Cazaux, de repêché miraculé à qualifié magnifique : les images de sa victoire sur Shelton
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Désormais suivi par le coach Sam Sumyk, après avoir été longtemps dans le giron fédéral, Arthur Cazaux sait qu'il peut s'inviter à la table des grands : redescendu à la 80e place mondiale, le Montpeliérain vise une entrée dans le Top 30 mondial. Sans blessure et avec de la régularité au plus niveau, pas le choix. Pour son retour aux sources, Cazaux a été logé tout en bas de tableau de l'Open d'Australie 2025. Il aura l'Argentin Sebastian Baez, 28e mondial, face à lui pour la première fois.
Un premier tour à négocier avant deux matches d'un tout autre calibre potentiellement face à l'Australien Nick Kyrgios au deuxième tour et l'Allemand Alexander Zverev, tête de série n°2, au troisième. "Je pense que je ferai peut-être deux, trois trucs différemment les prochaines fois si la lumière revient comme cela sur moi. Mais je sais que ça peut aussi vite aller dans l'autre sens donc il faut garder les pieds sur terre." C'est l'occasion de le montrer à nouveau.
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