Open d'Australie - Iga Swiatek échoue à un point de la finale : "Pour savoir à quel point ça fait mal, il faut le vivre"
Mis à jour 23/01/2025 à 23:59 GMT+1
Battue jeudi en demi-finale de l'Open d'Australie en manquant une balle de match face à Madison Keys (5-7, 6-1, 7-6), Iga Swiatek devra encore patienter pour jouer la finale à Melbourne. Évidemment déçue, la Polonaise a surtout regretté son gros passage à vide dans le deuxième set et de ne pas avoir pu jouer plus librement, avouant aussi que son adversaire en était largement responsable.
Une grande tension avant la libération : le grand format de l'exploit de Keys sur Swiatek
Video credit: Eurosport
On a eu du mal à la reconnaître. Entre la machine à broyer des cinq premiers matches et la Iga Swiatek fébrile de la demi-finale de l'Open d'Australie jeudi, privée d'un souffle de retrouvailles (trop ?) attendues avec sa grande rivale Aryna Sabalenka, il y avait un monde. Comme un symbole, c'est sur sa 40e faute directe – soit quasiment le double de ses 22 coups gagnants – que la numéro 2 mondiale a abandonné tout espoir de triomphe sur la Rod Laver Arena au terme d'un super tie-break fatal cédé 10 points à 8. Mais que s'est-il donc passé pour qu'elle change ainsi de visage ?
Visiblement, les sensations n'étaient pas optimales. "Ça s'est joué sur une ou deux balles. Qu'est-ce qui a fait la différence ? Ce match a été long, donc il y a eu beaucoup de changements de dynamiques et de moments différents. À la fin, Madison a été courageuse dans ses choix et elle m'a poussé dans mes retranchements quand elle en avait besoin. Je ne me sentais pas aussi libre que dans les matches précédents pour hausser le ton dans les moments importants", a constaté la principale intéressée en conférence de presse.
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Clément : "Swiatek a peut-être souffert de ne pas avoir été contestée plus tôt"
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Il n'y a aucun moyen de gagner un match quand vous ne bougez pas
Jouer en night session n'a pas aidé Swiatek dont le lift est plus efficace en journée dans des conditions plus chaudes. Mais la Polonaise a surtout paru très tendue. Était-ce la conscience que Madison Keys, par sa puissance et son style de jeu proches de ceux d'une Aryna Sabalenka sur dur, représentait une tout autre menace que ce à quoi elle avait été confrontée jusqu'ici ? "C'est sûr, mes précédentes adversaires jouaient à un rythme différent de celui de Madison", a-t-elle concédé.
On aurait toutefois pu penser que le gain du premier set lui aurait permis de se relâcher. Il n'en a rien été, bien au contraire. "Je me suis juste arrêtée de bouger. Donc il n'y a aucun moyen de gagner un match quand vous ne bougez pas, a-t-elle déploré. En fin de compte, non, je ne dirais pas que j'ai eu le match dans ma raquette. C'était tendu dès le début. J'ai voulu oublier le deuxième set et retrouver mon jeu. J'ai joué mon tennis dans les premier et troisième sets correctement, mais je n'étais pas en contrôle à 100 % comme lors de mes matches précédents. J'ai fait tout ce que j'ai pu. Je ne dirais pas que je suis passée à côté ou que j'aurais dû gagner."
Quand elle a breaké à 5-5 dans la dernière manche, Swiatek semblait pourtant avoir fait le plus dur. Mais le doute et la fébrilité ne l'ont jamais quittée, y compris sur cette fameuse balle de match sur son service à 6-5, 40/30. Certes, Keys l'a alors agressée dès le retour, mais la Polonaise n'a pas su rester compacte pour engager l'échange et obliger l'Américaine à jouer au moins un coup de plus, comme prise par ses émotions. À un point près, son destin dans ce tournoi a donc basculé du mauvais côté. Une frustration d'autant plus difficile à digérer qu'elle a aussi abandonné toute chance de redevenir numéro 1 mondiale à l'issue de la quinzaine.
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Un point à l'image du choc : la balle de match sauvée par Keys avec du cran face à Swiatek
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Je me suis toujours sentie tendue ici, mais c'était différent cette année
"Pour savoir à quel point ça fait mal, il faut le vivre. J'ai eu ma chance. Je ne sais pas ce qui se passera dans le futur, peut-être que j'aurai d'autres opportunités. Je pense que je suis assez gâtée, parce que j'ai toujours pu saisir ces occasions. Quand j'avais une opportunité de gagner, je l'ai en quelque sorte toujours fait par le passé. Evidemment, c'est décevant quand ça n'arrive pas, mais c'est le sport, donc ça ne va pas toujours tourner dans mon sens. Madison a fait le travail comme elle le devait. Elle mérite totalement d'être en finale", a salué, philosophe la numéro 1 mondiale.
Comme Wimbledon, l'Open d'Australie lui résiste donc toujours. Mais passée si près d'une première finale, Swiatek y voit des raisons d'espérer le conquérir à l'avenir. "En tant que personne, je me suis sentie un peu mieux que les précédentes années en Australie. La United Cup apporte beaucoup d'émotions positives, c'est sûr, mais je me suis toujours sentie tendue et pas vraiment heureuse ici", a-t-elle dévoilé.
Et de conclure : "Cette année, c'était différent, et ça me donne une onde positive pour le reste de la saison. Bien sûr, j'en voulais plus, j'avais déjà joué une demi-finale. Je voulais gagner celle-là. Mais si je continue de travailler dur, j'aurai plus d'occasions dans le futur. Et peut-être que je les saisirai, comme je n'ai pas saisi ma balle de match aujourd'hui."
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