Opend 'Australie 2025 - La pression ? Quelle pression ? Pour Jannik Sinner, le tennis est "une chose simple"

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Jannik Sinner va jouer sa troisième finale de Grand Chelem dimanche, à Melbourne, face à Alexander Zverev. Le numéro un mondial a remporté les deux premières, comme si l'exercice était naturel pour lui. Peut-être parce qu'il a cette capacité à aborder les choses, même les enjeux les plus importants, avec une forme de recul qui lui appartient. Comme si tout était simple.

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Pour nous autres, médias, il y a traditionnellement ce que l'on nomme les bons clients. Puis il y a les autres. Il y a ceux qui offrent du piquant et du chaud, et ceux qui servent du fade et du tiède. Novak Djokovic entre dans la première catégorie, par exemple. Sur la forme, il maîtrise six ou sept langues et il sait rendre l'exercice, par nature un peu rébarbatif, presque toujours vivant.
Surtout, sur le fond, il "donne à manger". Il parle bien et on sent qu'il aime ça, même s'il y a des jours où cela doit profondément le fatiguer. Mais il a presque toujours l'élégance de ne pas le montrer. C'est tout de même assez bluffant, de la part de quelqu'un qui depuis près de 20 ans, a dû avaler des centaines de 'confs'. Mais il y a toujours quelque chose à en tirer.
Si Jannik Sinner est l'incontestable numéro un du tennis masculin aujourd'hui, il n'est en revanche pas numéro un des bons clients. C'est aussi une question de nature, cet exercice. De personnalité. Cela s'apprend, en partie. Mais quelque chose nous dit que l'Italien ne sera jamais le "GOAT" de la conférence de presse. Et c'est tout sauf un problème. Surtout pour lui.
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Mais à y regarder de plus près, il y a toutefois certaines phrases qui, si elles ne transcendent pas les foules, peuvent être révélatrices de ce qu'est un joueur. Vendredi, alors qu'un journaliste lui demandait quel était l'élément le plus complexe à gérer pour traverser deux semaines de Grand Chelem afin d'arriver en finale, le tenant du titre a répondu : "Chaque jour où vous jouez un match. C'est simple, non ?" Merci Jannik.
Reste que dans l'extrême simplicité, presque la banalité, de sa réponse, se niche en partie la raison de son succès. Cette tranquillité dans l'approche des événements. Ne pas intellectualiser tout, tout le temps. Laissez les choses se faire et apporter leurs propres réponses. Comme tout le monde, et même plus que les autres, compte tenu de son statut de numéro un mondial, il est soumis à une forte pression, qu'il semble appréhender avec une aisance déconcertante. C'est sans doute très largement une illusion, mais disons qu'il s'en accommode fort bien. Peut-être parce que, à ses yeux, tout cela n'est pas si grave.
Il n'est pas forcément nécessaire de faire des phrases interminables et alambiquées pour prononcer des paroles sensées et révélatrices. Il y a un an presque jour pour jour, au même endroit, Jannik Sinner découvrait ce qu'était une finale de Grand Chelem. Il l'a gagnée. Puis la suivante. L'expérience aidant, pense-t-il vivre celle de dimanche différemment ? "Je n'en sais rien. Je pourrai vous répondre après la finale". Jannik... Fais un effort.
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Banal ? Non, simple, direct et honnête. Il ne peut pas encore le savoir. Mais en développant, il a donné une réponse qui explique au moins partiellement pourquoi il a si bien traversé les deux premières. Pourquoi, aussi, lui a remporté ses deux premières et pourquoi Zverev a perdu les deux siennes. Pourquoi l'Allemand a cédé après avoir mené deux sets zéro lors de sa première opportunité, alors que l'Italien est sorti vainqueur avec un scénario exactement opposé.
"En tennis, dit-il, le dimanche est une journée excitante. Bien sûr qu'il y a une tonne de pression, une tonne d'attentes, beaucoup d'attention. Mais au bout du compte, c'est un match de tennis, non ? Il faut que ce soit fun, un match de tennis. Ça doit être un moment de plaisir. C'est une chose simple. Dans ma tête, j'essaie de penser comme ça. J'essaie de prendre les bonnes décisions au bon moment. Si je peux, tant mieux. Si ce n'est pas le cas, je suis allé en finale, ça reste un résultat incroyable."

La punchline ? D'autres font ça très bien

"C'est du sport, ajoute Darren Cahill, son entraîneur. Ces gamins ont grandi en rêvant de faire ce qu'ils font aujourd'hui. Ils vivent leur meilleure vie. OK, il y a des moments difficiles. Mais quand tu es un joueur de tennis, est-ce qu'il y a un autre endroit sur terre où tu préférerais être qu'en demi-finale ou en finale d'un tournoi du Grand Chelem ? Il n'y a rien de mieux pour ces garçons." Peut-être que c'est en réalité aussi simple que ça, et que Jannik Sinner l'a compris.
Alors, il n'est pas toujours satisfaisant quand il parle. Il ne cherche pas à répondre par avance à des questions que seule la réalité du terrain, celle de la vie, peut apporter. Comme quand on lui demande son avis sur cette finale contre Alexander Zverev. Sur le rapport de forces entre eux. Sur quoi peut se jouer cette finale, tactiquement, tennistiquement ou physiquement. Pour qui est-ce le plus compliqué à gérer. Lui, le numéro un mondial, tenant du titre et donc favori légitime ? Ou Zverev et sa quête pour l'heure toujours vaine malgré plusieurs années de lutte ?
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"Ce sont des questions auxquelles nous aurons tous une réponse dimanche. C'est très difficile d'en parler avant le match", dit-il. Mais il aime le dimanche. Il n'y a donc pas de raison qu'il passe au travers. "Le dimanche est un jour différent mais excitant, martèle-t-il. Il n'y a que les deux derniers à se tenir debout. On essaie juste de jouer notre meilleur tennis au moment le plus important. Moi, j'essaie d'enlever les choses de ma tête, la pression. Même si c'est plus facile à dire qu'à faire. Mais il faut profiter de ces moments."
Ce n'est clairement pas le roi de la punchline. D'autres font ça très bien. Mais ils ne jouent pas souvent des finales de Grand Chelem. Dire des choses simples, ce n'est pas forcément dire n'importe quoi. C'est peut-être même le meilleur moyen d'éviter ce piège. Et si c'était ça, in fine, un bon client ?
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