Open d'Australie 2026, simple messieurs - Il l'a déjà (souvent) battu : Zverev peut-il être une arme anti-Alcaraz ?

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Alexander Zverev sera loin de partir favori de la demi-finale de l'Open d'Australie qui l'oppose à Carlos Alcaraz, cette nuit (4h30). Mais l'Allemand pourra néanmoins s'appuyer sur de solides références : il est, avec Novak Djokovic, le seul top joueur à ne pas avoir un face-à-face négatif contre le numéro un mondial, qu'il a déjà battu six fois. Notamment ici, en 2024. Et magistralement.

Clément sur l'agressivité nécessaire de Zverev : "Ça m'amuse qu'il s'en rende compte aujourd'hui..."

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Allez, encore un effort. On imagine que les organismes commencent à tirer en cette fin d'Open d'Australie et l'on sait bien que les gros matches n'ont pas toujours été au rendez-vous en guise de récompense. Mais même si le doute (et la fatigue) commencent à vous habiter, cela vaut le coup de remettre le réveil la nuit prochaine pour suivre la première demi-finale messieurs entre Carlos Alcaraz (N.1) et Alexander Zverev (N.3). Si cela fait encore un four, on n'irait pas jusqu'à rendre notre tablier. Mais l'on serait franchement déçus. Voire étonnés.
Évidemment, on n'est pas à l'abri d'une victoire sèche de l'Espagnol, favori légitime de cette demie. Quelque part, c'est même le sens de l'histoire. Mais pas celui de l'historique entre les deux hommes. Si l'Espagnol mène largement dans ses face-à-face contre la plupart de ses concurrents directs (y compris Jannik Sinner), deux hommes résistent encore à son joug : Novak Djokovic (5-6) et Alexander Zverev (6-6), qui sont aussi les deux derniers à l'avoir battu en Australie. L'an dernier pour le Serbe et en 2024 pour l'Allemand. À chaque fois en quart de finale, et à chaque fois en quatre sets.
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Un cadeau d'Alcaraz avant la libération : les deux derniers points qui envoient Zverev en demie

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Pour se mettre dans les conditions les plus propices à un nouvel exploit, on imagine que Zverev s'appuiera largement sur les souvenir de ce précédent duel australien. Il avait alors réussi une performance XXL, au service notamment (85% de premières balles !) et tout à fait dans la filière du tennis agressif qu'il essaie de (re)mettre en place cette année à Melbourne. "J'ai essayé, en quelque sorte, de lui retirer la raquette des mains, avait-il commenté à l'époque. Parce que si on le laisse contrôler les échanges et le rythme du jeu, il devient injouable."

L'agression ou la punition : Zverev n'aura pas le choix

Souvent pointé du doigt pour son attentisme, Zverev n'est pourtant pas a priori le joueur le plus connu pour priver de temps son adversaire. Mais pour une raison ou une autre, il y est souvent (pas toujours) parvenu contre l'Espagnol, qu'il avait aussi battu en quart de finale de Roland-Garros en 2022, notamment. Et face auquel, ne l'oublions pas, il avait mené deux sets à un en finale de Roland-Garros 2024. Peut-être, tout simplement, parce qu'il n'a pas le choix. Contre Alcaraz, se reposer confortablement sur sa ligne de fond de court, comme il peut le faire contre le commun du circuit, ne suffit pas. C'est même la punition assurée.
Reste deux bémols. Le premier, c'est que depuis 2024, Alcaraz a pris encore une autre dimension. Le second, c'est qu'on arrive là dans le money-time d'un Grand Chelem. "Or, il a souvent flanché dans les moments, justement, où il était tout proche d'aller gagner enfin un titre du Grand Chelem, objecte ainsi notre consultant Arnaud Clément. En finale de Roland-Garros, alors qu'il menait deux sets à un, il s'est littéralement sabordé. Ça ne lui arrive jamais, ou très rarement, dans les Masters 1 000 ou les ATP 500, parce qu'il en a gagnés plein. Mais en Grand Chelem, il est plus souvent pris par les émotions justement parce qu'il n'a pas la même confiance en sa capacité à en gagner un, et en sa capacité à pratiquer ce tennis agressif. Cela devient donc plus difficile."
L'ancien joueur français, finaliste à Melbourne il y a un quart de siècle, s'est dit toutefois favorablement impressionné par le tennis que le numéro 3 mondial pratique depuis le début du tournoi. Et spécialement lors de son quart de finale contre Learner Tien, qu'il a commenté. "Parfois, Zverev dit des choses mais ne le montre pas sur le court. Là, si. On l'a vu plus agressif avec son coup droit, donc plus naturellement projeté vers l'avant. Ça va être intéressant de voir s'il peut mettre ça en place aussi contre un joueur qui va lui donner moins de temps, dans un match à enjeu plus important. S'il ne le fait pas, il n'a aucune chance."
Le finaliste sortant du tournoi, qui avait largement failli l'an dernier en finale contre Jannik Sinner, sait pertinemment qu'il s'agit là de sa seule chance de survie. S'il est superstitieux, peut-être pourra-t-il aussi se dire qu'il y a deux ans, quand il avait battu Alcaraz, c'était en l'absence de Juan Carlos Ferrero, qui n'avait pu se rendre à Melbourne en raison d'une opération au genou. L'ancien mentor du Murcien ne sera pas – et ne sera plus – dans sa box cette année encore, pour les raisons que l'on sait : les deux hommes se sont séparés à l'intersaison.
On a vu durant son début de parcours que "Carlitos" ne s'en laissait guère conter. Au contraire, il semble plus impressionnant que jamais. Peut-il lui aussi se laisser rattraper par certaines tensions à l'approche du sommet ? Ce n'est a priori pas le genre de la maison. "Mais il va affronter cette fois un joueur capable de le challenger beaucoup plus, estimait, dans Eurosport Tennis Club, l'ancienne numéro un mondiale Justine Henin. Zverev peut le bousculer grâce à sa qualité de service. Alcaraz va prendre ce match-là avec beaucoup de vigilance."
C'est une évidence, et c'est du reste ce qu'il avait fait lors de leur dernière confrontation, l'été dernier à Cincinnati. Pour une victoire en deux sets. Mais Zverev, à ce moment-là, était un peu dans le creux de la vague. Désormais, "il joue peut-être le meilleur tennis de sa carrière, et quand c'est le cas, c'est sans doute celui qui s'approche le plus de Carlos Alcaraz et de Jannik Sinner", juge de son côté Mats Wilander.
il est sur la voie qui peut lui permettre de gagner ce type de match. en jouant comme ça, au moins, il se donne une chance.
"Depuis plusieurs saisons, je trouvais le tennis de Zverev beaucoup trop attentiste pour aller chercher les meilleurs - que ce soit ceux de la génération précédente ou ceux d'aujourd'hui - et donc pour aller gagner un Grand Chelem, conclut Arnaud Clément. Pour moi, son tennis n'évoluait pas suffisamment. Là, il y a peut-être quelque chose. Il faut voir s'il peut maintenir ce tennis-là à court et moyen terme. Pour être honnête, ça me semble encore un peu prématuré. Mais il est sur la voie qui peut lui permettre de gagner ce type de match. En jouant comme ça, au moins, il se donne une chance."
La seule chance possible, même. Sans quoi, ce sera, possiblement, un nouveau match à sens unique. Et l'on pourra aller se rendormir…
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