AFP

Bercy: David Ferrer, maintenant ou jamais?

Ferrer, maintenant ou jamais?
Par Eurosport

Le 03/11/2012 à 23:22Mis à jour Le 04/11/2012 à 11:10

A 30 ans, David Ferrer possède déjà 17 titres à son palmarès. Mais aucun en Masters 1000. Une carence qu'il a l'occasion de combler dimanche à Bercy.

Inutile de le lui rappeler. David Ferrer sait qu'il joue très gros dimanche à Bercy. A 30 ans, l'histoire ne repassera peut-être pas deux fois les plats. Même s'il tient solidement le rôle de premier homme du reste du monde derrière l'indéboulonnable Big Four, l'Espagnol n'a encore jamais remporté le moindre Masters 1000 dans sa carrière. Ces trois dernières années, au cours desquelles Ferrer n'a pas quitté le Top 10, Federer, Nadal, Djokovic et Murray n'ont laissé que des miettes à la concurrence dans cette catégorie de tournois. Certains ont réussi à les ramasser. Mais pas lui. "C'est un match important pour ma carrière", admet-il d'ailleurs. Battu à trois reprises en finale depuis 2010 (deux fois par Nadal, une fois par Murray), il guette encore la consécration. Cette finale face au novice Jerzy Janowicz, c'est peut-être la chance de sa vie.

Après avoir joué le bourreau des Français en sortant coup sur coup Tsonga et Llodra, Ferrer a maintenant pour mission de stopper la tornade polonaise. "Je l’ai vu jouer contre Murray, aujourd'hui (samedi) contre Simon et je l'ai vu aussi jouer hier contre Tipsarevic. Il joue vraiment très bien", constate le Valencian. Mais si quelqu'un semble de taille à arrêter Janowicz, c'est bien lui. Parce qu'il possède le jeu, le calme et l'expérience pour le gérer. "Ferrer, c'est du très costaud, témoigne Michael Llodra. Intérieurement, par moments, je me disais 'putain, qu’est-ce qu’il faut faire pour gagner le point.'" Malgré la folle semaine de Janowicz, le Parisien donne donc un petit avantage à l'Espagnol: "Janowicz a prouvé qu'il était capable de s'envoyer le tournoi. Maintenant, une finale, c'est différent. Il n'en a jamais joué. On verra ce qu'il se passera en finale car beaucoup de choses peuvent se passer. Alors, avantage à Ferrer quand même !"

Llodra : "Il est un peu sous-estimé"

Curieusement, malgré l'extrême diversité de leurs situations, Ferrer et Janowicz auront en commun une sacrée pression dimanche. Le Polonais parce qu'il aura le poids de sa première finale. Or on a souvent vu, par le passé, des joueurs tout casser pendant un tournoi avant de coincer sur le dernier match, qui ne ressemble à aucun autre. Pour l'Espagnol, l'enjeu sera différent mais pas moins pesant. S'il venait à perdre une quatrième finale contre le 69e mondial, fut-il en pleine bourre, ce serait forcément un échec. "J'aurais la pression, c'est sûr, juge-t-il, même s'il tente de la relativiser. "J'ai déjà gagné six titres cette saison. C'est la meilleure saison de ma carrière. Je serai très content d'en avoir un septième mais jamais je n'avais autant gagné en une seule année." Certes, mais il ne peut feindre que celui-ci vaut plus cher que d'autres dans un palmarès. Il a beau avoir gagné 17 tournois, il lui manque un gros titre. Tsonga ou Berdych, à eux deux, cumulent ainsi autant de titres que lui. Mais eux ont déjà gagné en Masters 1000. A Bercy, d'ailleurs...

Un tel titre constituerait donc une forme de concrétisation de cette impressionnante régularité au plus haut niveau ces dernières années. Une récompense pour un joueur pas toujours apprécié à sa juste valeur. Parce qu'il n'est pas spectaculaire, qu'il ne possède pas de coup à faire se lever les foules. "Il est régulier depuis six ou sept ans. C'est énorme, rappelle Michael Llodra. Il est un peu sous-estimé. Mais il joue aussi avec quatre dingos qui jouent monstrueux. Certes, c'est peut-être le moins talentueux des cinq, mais il est sacrément costaud. Pour le battre, il faut faire un bon match et il n'est pas passé à côté ! Si ça lui arrive, c’est une fois de temps en temps." Dimanche, il ne faudra pas que ça lui arrive. Ce ne serait pas le moment. Vraiment pas.

0
0