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Pour ou contre ? On a passé les nouvelles règles au crible

Pour ou contre ? On a passé les nouvelles règles au crible

Le 10/11/2017 à 10:25Mis à jour Le 10/11/2017 à 14:58

Si l'intérêt sportif du Masters Next Gen de Milan est très relatif, les multiples innovations testées à cette occasion par l'ATP sont à suivre de près. Car il ne s'agit pas là d'amuser la galerie mais bien de dessiner le tennis de demain. Point par point, nous nous sommes penchés sur ces règles mises en place cette semaine en Lombardie.

Le coaching

Le principe : Une fois par set, les joueurs peuvent faire appel à leur entraîneur pour échanger avec lui, comme cela se fait déjà sur le circuit féminin. Avec une différence toutefois : ici, le coach ne vient pas sur le court mais discute à distance avec son joueur, chacun avec un casque sur la tête.

Notre avis : Favorable. Le coaching fait partie du sport de haut niveau et les joueurs travaillent toute l'année avec un staff de façon très étroite. Pourquoi ne pas laisser l'entraîneur intervenir ? Une fois par set, c'est un bon rythme. En revanche, le format de la WTA, avec l'entraîneur sur le court, nous parait mieux que cet échange à distance. C'est aussi l'avis de Gilles Cervara, le coach de Daniil Medvedev, qui a expérimenté la chose à Milan. "Le contact direct est important, je trouve", estime-t-il. Grand intérêt aussi pour le fan devant sa télé.

A quand cette règle sur le circuit ? Sachant que le circuit WTA a offert un échantillon grandeur nature, l'ATP pourrait embrayer le pas assez vite.

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Borna Coric en grande discussion avec son entraîneur, à distance, lors du Masters Next Gen à Milan.

Borna Coric en grande discussion avec son entraîneur, à distance, lors du Masters Next Gen à Milan.Getty Images

Le hawk-eye en live

Le principe : Il n'y a plus de juges de ligne. Les balles sont annoncées "out" par un système équivalent à celui du hawk-eye mais qui marche en direct, dès l'impact de la balle. Toutes les annonces sont donc automatisées. La machine réagit en fonction du bruit, légèrement différent si la balle tombe dans le court ou en dehors de ses limites. Si la balle est bonne, la machine ne réagit pas. Si elle est dehors, elle intervient, via un système vocal.

Notre avis : Plutôt favorable. Il y a du pour et du contre. La disparition du juge de ligne déshumaniserait en partie le tennis. Mais après tout, celle du juge de filet était passée en douceur... A partir du moment où le hawk-eye a fait ses preuves, il n'est pas absurde d'aller plus loin dans cette logique. Tant que les joueurs ont confiance en ce système, ce n'est pas un souci.

A quand cette règle sur le circuit ? Avec les 25 secondes, ce sera peut-être la première mesure adoptée à grande échelle. L'ATP croit beaucoup en ce système. Techniquement, c'est assez bluffant et à Milan, il est apparu extrêmement fiable. Les joueurs semblent adhérer. Ce serait aussi l'occasion pour l'ATP d'effectuer de sacrées économies : semaine après semaine, les juges de ligne coûtent beaucoup d'argent à l'instance dirigeante du tennis…

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Des sets en 4 jeux gagnants

Le principe : Les sets ne sont plus joués au meilleur des six mais des quatre jeux, avec tie-break à 3-3 et non plus à 6-6. Les rencontres en deux sets gagnants passent donc en trois sets gagnants, ce qui fait que le nombre de jeux à gagner reste à peu près le même (4-2, 4-2, 4-2 = 6-3, 6-3).

Notre avis : Très défavorable. C'est la mesure la plus "violente", celle qui modifierait le plus profondément la nature même du jeu. Ce ne serait plus le même tennis. En réduisant de moitié la longueur des sets, on gagne certes davantage de rythme, mais le tennis est aussi un sport d'usure, au plan physique et psychologique. Si l'ATP veut l'appliquer au Grand Chelem, il faudra aussi augmenter le nombre de sets, pour passer de cinq à sept ou huit, comme cela a été fait à Milan en passant de trois à cinq. Or le principe du cinq sets est un totem en tennis. Dans la tête comme dans les jambes, aborder un 5e set est une sorte de défi ultime du tennis. En raccourcissant les manches, on sacrifie une dimension essentielle de ce sport.

A quand cette règle sur le circuit ? Pas demain la veille. Même Chris Kermode en convient. A titre personnel, le patron de l'ATP avoue pourtant que cette mesure si radicale est son "innovation favorite" parmi celles présentées à Milan. Pas rassurant. Mais Kermode n'est pas fou non plus. Une telle révolution, si elle se fait un jour, ne se concrétisera pas en quelques mois. "J'adore cette mesure mais je suis conscient du challenge que ça représente pour la faire accepter", avoue-t-il. Reste qu'il y croit vraiment : "Est-ce que cela arrivera dans les cinq prochaines années ? Probablement pas. Mais dans 10 ans, est-ce que c'est possible ? Oui."

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Les 25 secondes pour servir

Le principe : Mise en place d'une "shot clock" stricte de 25 secondes entre deux points. Elle est déclenchée par l'arbitre de chaise lui-même. Si le serveur dépasse les 25 secondes, il prend un avertissement et perd le bénéfice de sa première balle. "Il n'y a pas d'exception prévue à la règle, mais c'est à l'appréciation de l'arbitre, explique Ross Hutchins, le patron du Masters Next Gen. Par exemple, si un ramasseur fait tomber une balle, qu'elle roule sur le court et qu'il faut quelques secondes pour que tout rentre dans l'ordre, l'arbitre peut en tenir compte."

Notre avis : Favorable. C'est une bonne chose et cela évitera certains abus. Et sa mise en place est simple. Un bémol quand même : ne devrait-il pas y avoir une forme de souplesse ? Quid d'un échange monstrueux d'intensité et de 50 frappes dans un 5e set en plein cagnard à Melbourne ? 25 secondes paraissent, dans ce type de cas, bien faiblardes.

A quand cette règle sur le circuit ? Assez vite, probablement. Les joueurs présents à Milan sont unanimes sur l'aspect positif de cette évolution et, contrairement à d'autres, elle ne dénature pas le jeu en lui-même. Ce sera sans doute une des premières mesures adoptées, peut-être dès 2019.

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Le shot clock, une des innovations du Masters jeunes.

Le shot clock, une des innovations du Masters jeunes.Getty Images

Le no let

Le principe : Fin du let au service, sur première comme deuxième balle. Comme c'est déjà le cas à l'échange, si la balle touche ou même effleure la bande du filet sur un service, le point se joue normalement.

Notre avis : Plutôt favorable. Ça ferait gagner un peu de temps et de dynamisme et cela a même un petit côté excitant. Oui, ça implique une part de chance mais ni plus ni moins qu'à l'échange. On a même déjà vu des très grandes finales s'achever sur un coup de dés, comme celle du Masters en 1988 entre Becker et Lendl (un des points les plus dingues de l'histoire, au passage). Alors, fondamentalement, au service ou à l'échange, pourquoi traiter le let différemment ?

A quand cette règle sur le circuit ? A moyen terme, il est tout à fait possible que cette mesure soit adoptée. Les premières impressions des joueurs à Milan sont plutôt favorables. Ils y voient un côté "fun". Si leurs ainés les suivent et qu'un consensus se dégage, il serait étonnant que l'ATP ne s'engouffre pas.

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Le no ad

Le principe : A 40 A, le septième point du jeu est une "mort subite". Celui qui gagne ce point gagne le jeu. Ce système donne une importance exorbitante au point à 40 A, qui devient une balle de jeu pour les deux protagonistes, cas de figure impossible dans le tennis actuel. A 3-2, cela peut même donner balle de set d'un côté ou tie-break de l'autre !

Notre avis : Plutôt défavorable. Son gros avantage, aux yeux de l'ATP, est de supprimer l'aspect aléatoire de la durée d'un jeu, qui peut aller d'une minute si un joueur claque quatre aces, à un quart d'heure ou vingt minutes dans certains cas. Là encore, d'un point de vue du rapport de forces psychologique, la donne serait bouleversée. Perdre un jeu après avoir eu cinq ou six balles de break, c'est une épreuve et la faculté à s'en relever est une composante importante d'un match. Certains sont séduits. Nous, pas vraiment...

A quand cette règle sur le circuit ? Pas à court ou même moyen terme. Une telle décision modifierait de manière importante le déroulement du jeu. Comme pour toutes les innovations qui touchent à la nature même du tennis, l'ATP va avancer comme sur des œufs. Disons qu'il est un peu plus probable de voir le no ad débouler avant les sets de quatre jeux, mais nous sommes là sur une échelle longue durée.

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Le public en mouvement

Le principe : Les spectateurs ont le droit de bouger en permanence, y compris pendant les échanges. Cela ne concerne toutefois que le public situé dans les tribunes latérales. Les spectateurs placés en fond de court, eux, doivent rester immobiles.

Notre avis : Défavorable. Oui, ça fait plus moderne, plus jeune, plus dynamique. Mais le tennis n'est pas le foot. C'est un jeu qui demande à être pratiqué dans le calme et le silence. Pourquoi pas de la musique pendant les points, aussi ?

A quand cette règle sur le circuit ? Difficile à dire. Sur ce point plus encore que sur tous les autres, il faudra l'assentiment des joueurs. S'ils ont globalement bien accueilli la plupart des innovations à Milan, les participants au Masters Next Gen, qui ont servi de cobayes, n'ont pas trop aimé voir le public bouger. Et on a du mal à l'envisager dans tous les tournois. A Flushing, où l'indiscipline du public est presque un art de vivre ? Possible. A Wimbledon ? So shocking !

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Conclusion : Innover oui, dénaturer non !

A Milan, l'ATP a mixé des innovations modérées et d'autres qui, elles, constituent une totale révolution. Les premières sont souvent intéressantes et pourraient rencontrer un assentiment suffisamment large pour être adoptées relativement rapidement.

Ce qui touche à la nature même du tennis actuel, comme la réduction drastique du nombre de jeux par set, risque en revanche de provoquer une levée de bouclier des fans les plus traditionnels. L'ATP veut dynamiser le jeu, le rendre plus rythmé. Mais elle ferait bien de ne pas oublier que le tennis est un sport avant d'être un spectacle. Dépoussiérer, c'est bien. Mais attention à ne pas faire de rayures...

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