Roger Federer : "Je n'aurais pas pu vivre toute ma carrière avec l'intensité de Rafa"
Par Laurent Vergne
Publié 14/06/2024 à 11:43 GMT+2
Roger Federer est revenu sur ses grandes rivalités vendredi lors du talk-show BBC Breakfast, évoquant notamment son rapport avec les trois grands adversaires qui ont jalonné sa carrière, Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray. Le retraité suisse avoue aussi regarder à présent son sport et sa propre carrière avec une certaine distance.
Federer e Nadal
Crédit: Getty Images
Roger Federer est à la retraite, mais il est omniprésent ces jours-ci. Après son discours très remarqué devant un parterre d'étudiants de l'université de Darmouth, aux Etats-Unis, il y a quelques jours, le Suisse était vendredi matin l'invité de BBC Breakfast, à la télévision britannique. L'occasion pour lui de revenir notamment sur ses rivalités avec Rafael Nadal, Novak Djokovic, ainsi que Andy Murray. BBC oblige, il a davantage été question ici de Big 4 que de Big 3.
Contrairement à ses trois comparses avec lesquels il a tout gagné ou presque sur le circuit pendant plus de 15 ans, Federer, lui, est à la retraite, depuis maintenant près de deux ans. Nadal et Murray semblent proches de le rejoindre, Djokovic espère bien attendre encore un peu. "Rodgeur", lui, profite encore d'eux. De Murray, puisque la question portait sur son avenir, mais aussi des deux autres. Et il voudrait que cela dure. "J'aimerais qu'Andy, comme Rafa et Novak, puisse continuer à jouer pour toujours, comme tous les fans, a-t-il confié à BBC Breakfast. Le circuit est plus fort avec eux."
Avec le temps, le Bâlois avoue se sentir "à distance de sa carrière", comme s'il regardait ses accomplissements avec un regard désormais extérieur. Spectateur, plus qu'acteur. "Je regardais Roland-Garros la semaine dernière et je me disais 'Wow, ils sont tellement bons, je faisais ça moi aussi !', sourit l'ancien numéro un mondial. Je commence à oublier les choses que j'ai pu faire, les records. Ça a été une superbe vie mais maintenant j'apprécie d'être loin de tout ça."
"Moi, Rafa, Novak ou Andy, nous avons fait les choses à notre manière"
Son regard sur le tennis et particulièrement sur ses grands rivaux a forcément évolué, mais quel rapport peut-on vraiment entretenir avec un adversaire durant sa carrière ? "C'est parfois délicat et il y a certainement des moments où vous n'appréciez pas tel adversaire, dit-il encore, mais au fond, vous l'aimez tellement. Il est important de se rappeler cela en tant que joueur. Ce n'est que du tennis et à la fin, nous pouvons rester des gens normaux."
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Roger Federer aux Oscars en 2024.
Crédit: AFP
Si Federer a perdu l'essentiel des records qu'il a pu détenir pendant plusieurs années, il laisse toujours derrière lui l'image du joueur élégant, (sur)doué ou, pour utiliser un terme qui veut à la fois tout et rien dire, le symbole du type talentueux. Dans son discours à Darmouth, il a égratigné cette image trop simpliste. Il a confirmé vendredi sur la BBC que, pour lui, les choses sont toujours plus complexes que cela.
"Je pense que c'est un compliment d'entendre cela mais la facilité, l'absence d'effort, c'est un mythe, insiste Federer. Tout le monde est très différent. Pour certains, la seule façon de bien jouer, c'est de faire preuve de courage. Moi, j’avais besoin d'un certain équilibre. Je n'aurais pas pu vivre toute ma carrière avec l'intensité de Rafa. Il court dans les vestiaires de manière si intense... Je le regardais en pensant : 'Bon sang, je serais fatigué avant d'entrer sur le court'. Chacun son chemin et c'est pourquoi il y a tant de respect entre les joueurs. Moi, Rafa, Novak ou Andy, nous avons fait les choses à notre manière et tous les chemins mènent au succès."
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