Roland-Garros - 2e tour - Gaël Monfils sur la suite : "Un moment, je sais que ce sera trop et que je devrai partir"
Eurosport sur GoogleGaël Monfils a encore donné du fil à retordre à Jack Draper, l’un des tout meilleurs joueurs du monde. À 38 ans, le papi du tennis français regarde dans le blanc des yeux la jeune génération. Physiquement, il tient. Mais il pense déjà à l’après. "La vraie vie", comme il l’appelle, lui fait du pied. Profiter de sa fille, de ses potes… L’an prochain, il jure qu’il sera encore là. Enfin semble-t-il…
Gaël Monfils s'est incliné au 2e tour de Roland-Garros
Crédit: Getty Images
Il flotte un air de crépuscule Porte d’Auteuil en ce printemps 2025. Rafael Nadal dimanche, Caroline Garcia lundi, Nicolas Mahut et Richard Gasquet jeudi : ce fut le tournoi des hommages et des dernières. A 38 ans, Gaël Monfils résiste à la tentation et il le jure, main sur le cœur, son empoignade avec Jack Draper ce jeudi dans une nouvelle nuit électrique dont il a le secret ne sera pas la dernière. Il ne peut pas partir comme ça après avoir fichu un sacré mal de crâne à l’un des gros outsiders du tournoi malgré une défaite en quatre sets.
Monfils en a encore sous le capot et il l’a prouvé cette semaine. "J’ai fait un gros match contre le 5e mondial, je suis à la mano à mano avec lui, a-t-il rappelé en conférence de presse. Si je travaille, ça ira physiquement. Comme je me sens aujourd’hui, je ne dirais pas que c’est mon dernier Roland." Les jambes répondent, le cœur est toujours ardent, surtout les soirs où le Central bouillonne. Ce qui use le plus la Monf’, c’est la tronche. L’usure mentale plutôt que physique. Il a vu tous ses potes ranger la raquette un à un : Gilles Simon, Jo-Wilfried Tsonga et, enfin, Richard Gasquet. Lui aussi a envie de "cette vie réelle" comme il l’appelle, sans décalage horaire, nuit d’hôtel et trajets interminables.
Quand je vois Jo, Richard, Gilles, c'est encore plus tentant de partir et de les retrouver rapidement
"Quand je les vois, c'est encore plus tentant de partir et de les retrouver rapidement, a-t-il admis. Parce que le tennis c'est cool mais, avec Jo, par exemple, on habite près l'un de l'autre. Quand on se voit avec les enfants, c'est cool. On s'assoit, on voit nos enfants qui jouent ensemble. C'est la vraie vie. Franchement, on est fiers de tout ce que l'on a fait, mais on est comme deux vieux potes avec nos enfants, nos femmes. On est plus qu'heureux. Ces moments‑là, cela n'a pas de prix."
Pourrait-il être tenté de faire le grand saut plus vite que prévu ? "L'année prochaine, je sais que je jouerai quoi qu'il arrive. Je l'ai dit. C'est une évidence." Une évidence fragile puisque trente secondes plus tard : "Peut‑être, si ça se trouve, qu’en fin d'année, je vais vous dire que c'est fini !, a-t-il fini par se marrer. Je n'en sais rien, en fait."
j’espère que tout le monde comprendra
À 38 ans, il ne fait pas de la question de l’après une obsession. Pas encore. Même s’il sait que la fin approche. L’amour inconditionnel du public le maintient. Lui qui déclenche plus d’électricité à Paris que n’importe quel autre joueur. Il sent cette attente. Elle le nourrit, il s’en inspire. Et quand elle deviendra une charge trop lourde à porter, alors il sera peut-être temps d’éteindre les lumières : "On m’a vu beaucoup trop fort, beaucoup trop bien, a-t-il encore répété. Mais repousser ses limites, ce n’est pas simple. Un moment, je sais que ce sera trop et je devrai partir. Je ne partirai pas pour des raisons physiques, mais plutôt personnelles et j’espère que tout le monde comprendra."
Le public comprendra peut-être mais il aura beaucoup de peine sans doute. Parce qu’il n’y en a pas deux comme lui. Cette année encore, il a, en 48 heures, transformé deux fois le Central en volcan. Alors oui, ça vaut sans doute le coup de pousser au moins un an de plus…
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