US Open 2026 | Simple messieurs | "C'est juste moi, Gaël Monfils" : les adieux et l'hommage de Flushing à la Monf'

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Gaël Monfils n'a certainement pas démérité jeudi soir sur le Louis-Armstrong, mais la marche était trop haute face à un Learner Tien solide (6-3, 6-4, 6-3). Le Français a pris beaucoup de plaisir et reçu beaucoup d'amour dans ce qui restera donc son dernier match en Grand Chelem. Il aura surtout été lui-même, jusqu'au bout, et c'est sans doute la raison pour laquelle il aura été tant aimé.

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Il s'arrêtera donc à 201. Gaël Monfils a joué cette nuit le 201e et dernier match de sa carrière en Grand Chelem. Joué, et perdu. Face à un Learner Tien de… 20 ans son cadet, le tout nouveau quadra n'avait pas tout à fait les armes. "Il a vraiment très bien joué, donc chapeau à lui", a salué le Français. 6-3, 6-4, 6-3. Ni honte ni miracle. Juste une forme de logique. Mais il a fini comme il le méritait, sur un grand court, le Louis-Armstrong, et dans une ambiance à la hauteur, devant le public qui, en dehors évidemment de celui de Paris, l'aura le plus aimé et porté.
"C'est un match où j'ai pris énormément de plaisir, a-t-il d'ailleurs assuré au micro d'Eurosport après la rencontre. Le public a été extraordinaire, il m'a donné beaucoup d'amour, beaucoup d'énergie, donc j'ai pris beaucoup de plaisir à jouer ce dernier match. On essaie tout le temps de se faire plaisir, mais je voulais surtout donner le maximum, le meilleur de ce que je pouvais."

Deux matches très sages pour finir

Cela aura sans doute été sa grande ambition dans cette dernière année. Son plus grand défi, aussi. Parvenir à montrer qu'il était encore un joueur de tennis, à être aussi compétitif qu'il pouvait l'être, ne jamais avoir l'air d'être déjà un retraité en tournée d'adieu, tout en savourant chaque moment. Mission accomplie donc dans cet US Open, où il aura justifié son invitation en franchissant un tour, son ultime victoire en Grand Chelem, avant de céder sans avoir à rougir de quoi que ce soit face à un membre du Top 15, prometteur et talentueux, qu'il conviendra de surveiller dans cette quinzaine.
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"Vous savez, on veut toujours rester un peu plus longtemps, a-t-il ensuite soupiré en conférence de presse, là aussi la dernière de sa vie dans ce contexte. On veut toujours offrir un peu plus, mais j'ai donné absolument tout aujourd'hui, je suis même allé au-delà de ça je pense, mais Learner était un sacré client ce soir. Il a bien tenu sa concentration, avec l'ambiance, tout ça, donc félicitations à lui pour ça." Et c'est vrai que ce n'était pas un match comme un autre à jouer pour ce gamin de 20 ans, un Américain, chez lui, mais face à un joueur tellement aimé de ce public. Or il a joué ce match comme si c'était n'importe lequel et ne l'a surtout pas laissé sortir du cadre de ce qu'il devait être pour qu'il reste simple à jouer pour lui.
Alors, qu'aurait-il pu souhaiter de plus ? Une folie supplémentaire, un match un peu fou, qu'il le gagne ou le perde ? Un match à la Monfils, en somme. Paradoxalement, il aura livré deux parties très sages. Une victoire presque tranquille au premier tour contre Adolfo Daniel Vallejo et cette défaite sans histoire face à Learner Tien. Finalement, c'est peut-être la seule chose qui ne lui aura pas tout à fait ressemblé dans ce dernier Majeur. Ce ne fut pas "So Monfils". Surtout ici, à New York, où son grain de folie a souvent aimé se mâtiner d'une couleur locale tellement conforme à l'énergie propre à New York.
J'ai ressenti tout votre amour et je peux vous dire que vous êtes mon deuxième public préféré
Pour le reste, Monfils sera resté Monfils. Il n'a jamais gagné ici. Il n'a même pas joué de finale. Une seule demie. Mais il laissera un souvenir impérissable et c'est un adieu de héros qu'il a reçu. Une dernière bouffée d'amour. Certains anciens vainqueurs ne jouissent pas toujours d'un dernier message de ce genre en Grand Chelem. "Je tiens à vous remercier tous, a salué Monfils en s'adressant au public sur le court. Le chemin a été long. Je suis venu ici pour la première fois en 2003 pour le tournoi juniors et me voilà en 2026, c’est donc un sacré parcours. J'ai ressenti tout votre amour et je peux vous dire que vous êtes mon deuxième public préféré — juste après celui de Paris, bien sûr, mais vous êtes tout près derrière. Alors, merci infiniment."
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À sa manière, il laissera donc une trace. On se souviendra de lui, notamment ici, à Flushing. Peut-être justement parce qu'il ne se sera jamais préoccupé de la façon dont on le percevait. "Honnêtement, je ne sais pas comment les gens se souviendront de moi, a-t-il précisé à ce sujet. De la façon dont ils le souhaitent franchement. C'est juste moi, Gaël Monfils. Je pense être resté le même depuis mes débuts sur le circuit, toujours avec beaucoup de joie. Au fond, je crois qu'il ne sert à rien de dicter aux gens l'image qu'ils doivent garder de vous. Certains m'apprécient, d'autres non. Certains me trouvent drôle, d'autres pas. Certains estiment que je les divertis, d'autres peut-être pas. Pour être honnête, je suis en paix avec tout cela."
Qu'il se rassure. Les membres de la première catégorie auront largement écrasé par leur nombre les tenants de la seconde. De Paris à New York. Surtout à Paris et New York. D'où la force particulière de ces deux au revoir, à Roland-Garros et à l'US Open. Ils auront compté plus que d'autres dans cette tournée d'adieux, qui aura été celle des souvenirs radieux et jamais honteux.
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