Roland-Garros sous les feux des projecteurs
L'année 1983 marquera un nouveau virage pour Roland-Garros : la victoire de Yannick Noah, premier succès français depuis Marcel Bernard en 1946, aura les bienfaits de développer ce sport en France et de faire naître des vocations. Les chiffres sont éloquents : en 1950, il y avait un peu plus de 50 000 licenciés.
Roland-Garros
De l'amateurisme éclairé à l'ère Open
21/05/2008 À 09:00
Aujourd'hui, il y en a plus de 1 500 000. Le nombre croissant de tennismen du dimanche a eu a fortiori une répercussion sur le nombre de courts : de 5000 au début des années 60, on en compte 34 000 aujourd'hui.
ROLAND-GARROS ET LA TELEVISION
Mais le changement le plus notable est au niveau des média. Si la première retransmission d'un match de tennis à la radio date des années 20, la télévision s'y met dans l'entre-deux-guerres. Notamment en Angleterre par le biais de la BBC. En France, c'est TF1 qui met en premier le pied à l'étrier, avant de laisser la main à France Télévisions en 1988.
Si l'unanimité sur la pertinence du programme est encore loin du compte, la programmation persiste et prend de plus en plus d'ampleur pour signer son pic d'audience le 5 juin 1983. Un bienfait qu'Alain Deflassieux, journaliste du magazine Tennis En France à l'époque, aujourd'hui à L'Equipe, n'hésitera pas à faire éloge dans son éditorial de juin 1983.
MODERNISATION DU STADE
Cette médiatisation grandissante du tournoi attire de plus en plus de spectateurs Porte d'Auteuil. Cet engouement entraîne les organisateurs à entamer une période des grands travaux, permettant d'accueillir davantage de monde. Celle-ci débute dans les années 80, le court n°1 est construit à côté du court central et fait suite au village des joueurs, né en 1979. A partir de 1983, Roland Garros ne cessera de prendre de l'ampleur.
Des terrains de rugby sont rachetés pour permettre la construction de neuf nouveaux courts. Mais le site prendra son visage le plus connu dès 1994, avec la construction du stade Suzanne Lenglen, de l'autre côté du site. Un projet de court principal avec un toit rétractable pour pallier à l'aléa de la pluie a été envisagé. Sa construction sera finalement abandonnée en raison de trop longs travaux étalés sur plus d'un an, rendant le tournoi impossible à organiser.
LA MODE A PARIS
Au point de vue matériel, la fin du XXe siècle marquera un changement radical. Au jeu lancinant des duels d'antan, les organisateurs ont trouvé la parade : accélérer le jeu en "dopant" les performances des joueurs en les armant à bon escient. Après le fait de pouvoir décoller les deux pieds du sol pour servir depuis 1958, les équipements deviennent de plus en plus perfectionner.
Les raquettes faites de fibres synthétiques commencent à apparaître dans les années 80. Yannick Noah sera d'ailleurs le dernier joueur à remporter Roland-Garros avec une raquette en bois, qui sera abandonnée l'année d'après.
Des raquettes plus grandes et plus de couleurs
Si la longueur est réduite à 73,66 centimètres, le tamis est considérablement agrandi : 29,10 cm de large et 39,7 centimètres de haut. Pour que le jeu devienne plus rapide, les balles deviennent plus légères en étant mises sous pression et faites de caoutchouc.
Du blanc, sa couleur passe officiellement au jaune dès 1978. Si le blanc reste la couleur obligatoire à Wimbledon, les couleurs des vêtements des joueurs fleurissent sur les courts de Roland-Garros depuis la fin des années 80. Andre Agassi, vainqueur en 1999 et finaliste en 1990 et 91, en était le digne précurseur avec des tenues fluorescentes et les cheveux longs qui restent encore dans les mémoires.
Roland-Garros
Roland-Garros: l'âge d'or
16/05/2008 À 10:00
Roland-Garros
La préhistoire de Roland-Garros
12/05/2008 À 08:00