Muguruza a (au moins) 4 raisons de croire en l'exploit face à Serena
Par SEBASTIEN PETIT
Publié 04/06/2016 à 00:36 GMT+2
ROLAND-GARROS - Serena Williams sera la grande favorite en finale de Roland-Garros face à Garbine Muguruza. Mais attention à l’Espagnole qui aura de sacrés atouts à faire valoir samedi.
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Parce qu’elle a déjà battu Serena à Roland-Garros
Dominer Serena en Grand Chelem n’est pas donné à tout le monde. Garbine Muguruza fait partie de ces joueuses qui ont pris le meilleur sur l’Américaine ces dernières années. Et mieux encore : l’Espagnole est même la dernière joueuse à avoir battu Serena à Paris. C’était au 2e tour de l’édition 2014 ! Une victoire sans appel, remportée 6-2, 6-2 face à la tenante du titre, qui ne lui avait pas permis d’aller plus loin que les quarts de finale.
Jamais Serena n'avait subi une telle correction sur les courts parisiens. En 2012, Virginie Razzano l’avait surprise en l'éliminant au premier tour dans un match très intense. Deux ans plus tard, Serena était passée totalement à côté de son match, réalisant 29 fautes directes en 16 jeux, soit près de deux par jeu. Cette victoire avait littéralement lancé la carrière de cette joueuse puissante, qui a suivi depuis une progression constante au classement : de 32e mondiale, elle a fini 2015 à la 3e place.
Parce que Muguruza a déjà joué une finale de Grand Chelem
Muguruza a pour elle de ne pas découvrir son adversaire en finale d’un tournoi majeur. Mais si elle a connu le meilleur, elle a aussi connu le pire avec trois défaites en Grand Chelem face à l’Américaine : une fessée à l’Open d’Australie au 2e tour 2013 (6-2, 6-0), puis deux rencontres plus accrochées en 2015 à Melbourne encore (2-6, 6-3, 6-2) et surtout en finale de Wimbledon.
L’an passé, c’est sur le gazon londonien face à la numéro un mondiale qu’elle inauguré ses galons de finaliste de Grand Chelem. Cette grande émotion, Muguruza a mis du temps à la digérer. Que ce soit à l’US Open qui a suivi ou à l’Open d’Australie de cette année, l’Espagnole n’avait plus dépassé le 3e tour. A Paris, elle s’est remise sur le bon chemin. Elle se dit maintenant prête à décrocher ce qui serait sa plus belle victoire en carrière.
Parce que Serena ne dégage pas une sérénité à toute épreuve
Serena Williams ne semble pas dans son assiette. Elle a commencé à montrer des signes de faiblesse à partir des quarts de finale où Yulia Putintseva lui a pris un set et l’a malmenée plus globalement pour la première fois de la quinzaine. Vendredi, face à Kiki Bertens, l’Américaine n’a pas perdu une manche, mais a réalisé des fautes grossières assez inhabituelles. Il est vrai que le temps et les conditions très lourdes de jeu ne l’aident pas. Et que l’enchaînement des matches depuis mercredi doit commencer à peser dans les jambes.
Mais en conférence de presse, Serena a avoué du bout des lèvres que ses adducteurs pouvaient potentiellement être une source d’inquiétude. A question : "Marion Bartoli a avancé que vous étiez touchée au niveau des adducteurs… " Réponse de l’intéressé avec un regard noir : "J’ai entendu qu’elle a dit ça, oui. Il faut donc lui poser la question. J’ai eu quelques problèmes avec mes adducteurs, mais c’est comme ça." Rideau, nous n’en serons bien sûr pas plus. Cela dit, l’an passé, l’Américaine avait souffert comme jamais pour arriver en finale. Cela ne l’avait pas empêchée de s’imposer Porte d’Auteuil. Mais une blessure pourrait bien remettre tout en question.
Parce que Serena n’a plus gagné un titre majeur depuis Wimbledon
La question physique sera un élément important, mais la question psychologique aussi. Serena court après son 22e titre du Grand Chelem depuis l’US Open 2015. Mais depuis, deux joueuses ont montré que battre Serena sans avoir un fort pedigree était tout à fait possible. Contre toute attente, Roberta Vinci a brisé son rêve de Grand Chelem en demi-finale sur les courts de Flushing Meadows. Et une incroyable Angelique Kerber a aussi déjoué les pronostics en surprenant Serena en finale de l’Open d’Australie 2016.
Cela fait presque un an (Wimbledon 2015) que l’Américaine n’a plus soulevé un titre majeur. Si elle réfute complètement cette idée, la pression qu’elle a sur ses épaules pourrait commencer à lui peser. Son coach Patrick Mouratoglou a affirmé que, à 34 ans, ce qui la faisait encore jouer était le fait de savoir qu’elle pouvait encore avoir le record de titres majeurs à son palmarès. 22 pour égaler Graf n’est pas un but en soi, le sien est bien plus ambitieux. Mais tout aussi compliqué à accomplir.
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