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Del Potro : "Les gens doivent aimer mon histoire"

Del Potro : "Les gens doivent aimer mon histoire"

Le 03/06/2017 à 19:27

ROLAND-GARROS 2017 - Juan Martin del Potro a été éliminé par Andy Murray, au troisième tour de Roland-Garros. L’Argentin, qui n’avait plus disputé les Internationaux de France depuis cinq ans, conservera un excellent souvenir de son retour sur terre. Car Paris n’a pas oublié de lui faire sentir combien il avait manqué à la deuxième levée du Grand Chelem depuis tout ce temps.

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Le combat était inégal. Perdu d’avance. En vieux routier, Andy Murray n’en a jamais douté. Avant même de pénétrer dans l’arène, le numéro 1 mondial savait qu’il devrait s’en sortir tout seul. Parce que Juan Martin del Potro, lui, était accompagné, samedi sur le Chatrier. L’Argentin, magnifique dans la bataille, a été porté par le public parisien qui lui a rappelé combien il avait manqué à Roland-Garros depuis 2012. Cela ne l’a pas empêché de perdre en trois manches face au numéro 1 mondial (7-6,7-5, 6-0). Mais son après-midi s’est terminée sur une note plus douce que celle qui accompagne habituellement la défaite.

La standing ovation qui a escorté sa sortie restera comme un moment marquant de cette quinzaine. Et ce n’est pas l’Argentin qui dira le contraire. Cinq ans après sa dernière apparition du côté de la Porte d’Auteuil, il a pu se rendre compte que le proverbe "loin des yeux, loin du cœur" avait pris du plomb dans l’aile pendant le laps de temps où il soignait un poignet récalcitrant et tentait de revenir au plus haut niveau. Son âme de combattant ne l’a jamais délaissé. Des Jeux de Rio à la demie de la Coupe Davis disputée à Glasgow, Andy Murray en avait eu déjà la preuve. Le public de Paris en a également été témoin, samedi.

Vidéo - Trois petits sets mais un sacré combat dont Del Potro sort un peu plus grandi

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Et "Del Po" a été ému par l’amour qui lui est arrivé jusqu’aux oreilles durant près de trois heures de jeu. "J’ai pris du plaisir aujourd’hui et j’ai l’impression que le public aussi", s’est réjoui la Tour de Tandil après le match. Quand on lui a demandé pourquoi il était autant apprécié partout où il passait, de New York à Paris, en passant par Melbourne, Del Potro a tenté de répondre. Avec la sincérité qui le caractérise. "J’essaie juste d’être moi-même, constamment. Je pense que les gens aiment mon histoire. J’ai été absent durant longtemps. J’essayais de me remettre de mes soucis au poignet et je n’ai jamais abandonné. Je cours beaucoup durant les matches et je pense que les gens aiment ça. J’essaie juste d’être moi-même, d’être cool sur le circuit."

" Ce tournoi m’a tellement manqué ces cinq dernières années "

L’honnêteté de del Potro devant les micros ne dépareille pas avec sa droiture raquette en main. Sur le court, le vainqueur de l’US Open 2009 donne ce qu’il a, au fond de ses tripes. Ce fut le cas, samedi. Il a tenu tête à Murray durant deux sets et cédé dans la troisième et dernière manche car le réservoir était vide. Mais jamais il n’a baissé les bras et, surtout, ne s’est pas cherché d’excuses alors qu’il aurait pu en trouver des dizaines sans que personne ne lui en tienne rigueur. Non, si Murray a gagné, c’est pour une raison simple : "Andy joue mieux, il a mieux joué dans des moments-clés. Ça a fait la différence." Del Potro a également reconnu avoir joué "sans douleur", bien aidé par les anti-inflammatoires qui lui ont été administrés.

Touché aux adducteurs depuis son précédent match face à Almagro, handicapé par son dos et son épaule avant le tournoi, touché au plus profond de sa chair avec la perte de son grand-père début mai, del Potro a fait face, comme toujours. Et n’a désormais qu’une envie. Revenir en 2018. Pas dans cinq ans. "J’ai adoré ce qu’il s’est passé sur le court. J’étais tellement heureux de voir le public m’encourager ainsi. Ce tournoi m’a tellement manqué ces cinq dernières années que je repars à la maison avec de magnifiques souvenirs. J’espère être en meilleure condition l’an prochain, avec un meilleur niveau de jeu et, du coup, rester quelques jours supplémentaires." Il n’est pas le seul à en avoir envie. Paris aussi.

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