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Maintenant, Monfils doit passer aux actes

Maintenant, Monfils doit passer aux actes

Le 03/06/2019 à 10:56Mis à jour Le 03/06/2019 à 11:04

ROLAND-GARROS - Après une première semaine tranquille et bien gérée, Gaël Monfils s'attaque à un des prétendants au titre en la personne de Dominic Thiem. Une ambition que Monfils lui-même revendique. Il n'a pas hésité à le dire. A lui de passer aux actes. Pas impossible, mais pas simple. Parce que c'est Thiem. Et parce que c'est Monfils.

Il rêve de gagner Roland-Garros. En arrivant à Paris, il a assuré y "croire vraiment". En parlant de la sorte, alors que rien ne l'y obligeait et personne ne l'y invitait, Gaël Monfils s'est presque autoproclamé candidat. Rien dans sa saison terrienne, dont les résultats se sont avérés très modestes, ni même dans son passé parisien, puisque son meilleur résultat Porte d'Auteuil remonte à plus d'une décennie (demi-finaliste en 2008) ne lui confère pourtant cette légitimité. Mais soit. Monfils veut. Il l'a dit. Maintenant, il doit faire, et passer de la parole aux actes.

Pour l'instant, il a eu tout bon. Les Grands Chelems ne se gagnent jamais en première semaine. Mais ils peuvent se perdre dans ces premiers tours. De façon définitive ou à retardement, en dépensant trop d'essence, annonce d'une inévitable panne sèche à venir. Monfils a remporté ses trois premiers tours pour se glisser en seconde semaine. Mieux, il a eu la bonne idée de faire vite et bien. Pas un set perdu, et moins de 5h30 passées sur le court. "Je suis content d'arriver frais en deuxième semaine, je n'ai pas perdu énormément d'énergie et c'est important", juge-t-il. D'autant qu'on l'a souvent vu trainer en route plus que de raison avant les joutes les plus ardues.

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La haute montagne, sans transition

Certes, il a eu un tableau plutôt tranquille jusqu'ici. Taro Daniel, Adrian Mannarino et Antoine Hoang n'étaient pas de nature à inquiéter un Monfils aussi concerné qu'il peut l'être ici. S'il s'était raté, tout le monde lui serait tombé dessus. "Ce sont des matches compliqués à gérer au début, rappelle le Parisien, car ce sont des matches où, entre guillemets, tu n'as pas le droit de perdre. Et ça rend le match dur. Même si on ne veut pas l'avoir, on a quand même cette petite pression en plus." Mais le boulot a été fait. Pas plus, mais pas moins. "Il n'y a pas vraiment de signification, j'ai fait trois bons matches, des matches pleins, c'est tout", résume-t-il.

Maintenant, tout commence. Au vu de ce menu initial et de ce qu'il a été capable de produire par moments cette saison, que Gaël Monfils figure parmi les seize derniers rescapés du tableau masculin relève presque du service minimum. C'est à partir de lundi que la réussite de son Roland-Garros, et l'ampleur de cette réussite, sera déterminée. En termes de difficultés, il va passer directement d'une bosse de 4e catégorie à la haute montagne, sans transition. Dominic Thiem, son prochain adversaire et premier véritable obstacle, est tout bonnement un des trois grands favoris du tournoi, derrière Rafael Nadal et Novak Djokovic, mais devant tous les autres.

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Thiem monte (doucement) en puissance

Finaliste en 2018, demi-finaliste les deux années précédentes, l'Autrichien présente à Paris des références récentes que seuls l'Espagnol et le Serbe peuvent toiser. C'est un monstrueux terrien. Certes, à l'inverse de Monfils, il a patiné plus qu'il n'a déroulé. Il a lâché à chaque fois un set en route, aurait même pu céder davantage. Reste qu'il a toujours trouvé la porte de sortie et, surtout, a esquissé un début de montée en puissance. Face à Pablo Cuevas, Thiem était un cran au-dessus de ses deux premières rencontres. "Ce n'était pas parfait, mais c'était mon meilleur match du tournoi", a-t-il estimé, presque comme un avertissement.

Il serait extrêmement imprudent de compter sur un Thiem fragilisé ou "prenable" lundi. Gaël Monfils ne devra compter que sur lui. S'il veut entretenir son rêve, le voilà condamné à livrer un match comme il n'en a plus sorti en Grand Chelem depuis… très longtemps. Battre Thiem à Roland-Garros, ce serait même peut-être la victoire la plus marquante de sa carrière en Grand Chelem. Rien de moins que ça. En grattant son CV majuscule, on peut trouver, au mieux, des performances approchantes, mais rien qui ne puisse se placer à la hauteur de ce qui l'attend lundi.

Dominic Thiem lors de Roland-Garros 2019

Dominic Thiem lors de Roland-Garros 2019Getty Images

Le bénéfice du scepticisme

Les huitièmes contre Grigor Dimitrov à l'US Open 2014, face à David Ferrer à Paris trois ans plus tôt ou Andy Roddick toujours à Roland en 2009 avaient de l'allure mais demeurent un cran en-dessous. Même son quart contre ce même Ferrer, lors du Roland-Garros 2008, ne tient pas tout à fait la distance. L'Espagnol était 5e mondial, mais n'avait pas encore marqué les esprits à Paris comme Thiem depuis trois ans. "Je vais jouer contre un joueur qui derrière Novak et Rafa, peut gagner potentiellement le tournoi, qui était finaliste l'an dernier, rappelle-t-il d'ailleurs. Il se sent très bien, il a fait une super saison jusqu'à maintenant."

Voilà donc l'ampleur du défi qui attend le Français. Non seulement il va devoir dominer un joueur redoutable, mais, facteur aggravant, un joueur qui ne lui réussit guère. En quatre confrontations, il s'est toujours incliné. "C'est un joueur qui me pose des problèmes et il faudra comprendre avec mon coach pourquoi, et comment je peux lui poser des problèmes à mon tour", concède le numéro un français.

Il est pourtant convaincu d'avoir des armes à faire valoir, ce qui n'est pas faux. "Au niveau du jeu, à partir du moment où je reste avec une belle agressivité et une grosse envie, il n'y aura pas de problème, clame Monfils. Cela va être un gros match, comme je les aime, à la maison donc plus facile à gérer." S'il sort vainqueur de ce combat-là, alors il sera temps, vraiment temps, de le prendre très au sérieux. En attendant, accordons-nous le bénéfice du scepticisme.

Vidéo - Monfils : "Thiem ? Un gros match comme je les aime"

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