Elle aura traversé cette quinzaine comme un ouragan, et ce jusqu'au bout. A seulement 19 ans, Iga Swiatek est devenue la première Polonaise (hommes et femmes confondus) à inscire son nom au palmarès d'un tournoi du Grand Chelem samedi. La 54e joueuse mondiale a ainsi pris le meilleur sur Sofia Kenin, numéro 6 à la WTA et sacrée plus tôt cette année à Melbourne, en deux sets (6-4, 6-1) et 1h24 de jeu. En sept matches, elle n'aura pas abandonné le moindre set, un exploit qui n'avait plus été réalisé à Paris depuis Justine Henin en 2007.

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Elle avait pourtant prévenu : Iga Swiatek aime les matches à pression. Mais jouer une première finale de Grand Chelem n'est jamais aisé à gérer sur le plan émotionnel, alors on attendait de voir. Et on a vu. Dès les premières frappes de balle, la jeune Polonaise a mis en place son jeu avec autorité. Quoi de mieux pour entrer dans la partie qu'un jeu blanc, puis un break confirmé après 8 minutes de jeu ? Un départ sur les chapeaux de roue digne du "FedExpress" (actuellement en panne, il est vrai) et qui a fait même craindre un temps une finale totalement à sens unique.

Swiatek n'a jamais douté

Le score final ne rend ainsi pas justice à la résistance de Sofia Kenin dans le premier set. L'Américaine, qui ne hait rien plus que la défaite, aurait pu se laisser submerger mais ce n'est pas dans son caractère. Elle a ainsi commencé à trouver des zones courtes croisées qui ont gêné Swiatek et est parvenue à revenir à 3 jeux partout. Jamais autant accrochée qu'en ce début de finale lors des deux dernières semaines, la Polonaise s'est quelque peu déréglée, mais elle n'a pas laissé le doute s'emparer de son esprit et a repris son entreprise de destruction.

Car si Swiatek s'est montrée expéditive dans ce tournoi à l'image d'un Roger Federer chez les messieurs, c'est bien Rafael Nadal son idole. Et il faut bien avouer que son coup droit lifté n'est pas sans rappeler l'arme fatale du Majorquin. Grâce à ses grandes frappes, elle a fait peu à peu plier son adversaire. Et si Kenin a encore débreaké à 5-3 contre elle, l'Américaine n'a pu que constater les dégâts sur le jeu suivant. Après 48 minutes, la Polonaise virait ainsi en tête.

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Saoulée de coups, Kenin n'a pas tenu la distance

Kenin, à l'orgueil, a breaké d'entrée de deuxième manche (6-4, 0-1),mais c'était en fait le chant du cygne. L'Américaine, qui avait commencé avec un strap sur la cuisse gauche et a semblé clairement gênée dans ses déplacements, notamment en défense, a souffert de plus en plus de l'adducteur. Au bord des larmes et contrainte de sortir du court Philippe-Chatrier pour se faire soigner, elle n'a pu faire illusion par la suite, totalement dépassée par la puissance de son adversaire qui l'a rouée de coups gagnants (25 contre 10).

C'est simple : Swiatek a remporté les 6 derniers jeux de la finale, exploitant intelligemment les difficultés physiques de sa rivale en la balandant d'un bout à l'autre du court, et en distillant ça et là quelques amorties bien senties. Les rares fois où la Polonaise s'est aventurée au filet, elle l'a fait aussi avec beaucoup de réussite (6 montées gagnantes sur 7). Après une finale rêvée, cerise sur le gâteau d'une quinzaine parfaite, Swiatek, radieuse et secouée par l'émotion, a pu recevoir le trophée des mains de Mary Pierce, championne il y a 20 ans. Non tête de série, comme Jelena Ostapenko il y a trois ans, elle a créé une sacrée sensation. Mais quelque chose nous dit que ce n'est qu'un début.

Iga Swiatek

Crédit: Getty Images

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