Roland-Garros 2024 | Alcaraz, un spécimen déjà historique
Par Laurent Vergne
Publié 09/06/2024 à 22:04 GMT+2
Et de trois. Carlos Alcaraz a ajouté Roland-Garros à son palmarès, après ses titres à l'US Open (2022) et Wimbledon (2023). Une performance colossale et inédite pour un joueur aussi jeune. A 21 ans, le voilà déjà à un Open d'Australie de compléter le Grand Chelem en carrière. L'Espagnol est vraiment un spécimen rare. D'autant qu'il peut faire mieux.
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Video credit: Eurosport
Il y a les grands espoirs. Puis il y a les évidences. Rafael Nadal en était une. Quand il a débarqué à la sortie de l'adolescence, le Majorquin dégoulinait de cette sève annonciatrice de choses hors du commun. A près de deux décennies de distance, Carlos Alcaraz a tout de suite délivré la même impression. A 18 ans à peine, c'était palpable. Depuis, il n'a rien fait pour démentir ce faramineux potentiel. Cela ne veut pas dire qu'il gagnera autant de Grands Chelems que les pensionnaires du "Big 3", ni même la moitié. Son avenir sera ce qu'il en fera mais l'avenir lui appartient. A 21 ans, il a déjà accompli quelque chose d'historique.
US Open 2022. Wimbledon 2023. Roland-Garros 2024. A 21 ans, et en l'espace de 21 mois, Alcaraz compte trois titres majeurs à son palmarès. Trois tournois différents. Sur trois surfaces différentes. Si tôt dans une carrière, c'est tout simplement du jamais vu. On doute qu'il s'arrête là mais quand bien même il ne devrait pas y avoir d'après, ce triptyque-là suffit déjà, à lui seul, à faire du Murcien un champion pas tout à fait comme les autres.
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Carlos Alcaraz.
Crédit: Getty Images
Le Grand Chelem en carrière dès janvier 2025 ?
Imaginez que, dans quelques mois, sauf blessure, il se rendra de l'autre côté du globe pour tenter de conquérir l'Open d'Australie et compléter ainsi le Grand Chelem en carrière. S'il y parvient, il réussira à 21 ans ce que seulement huit joueurs ont accompli depuis la naissance de ce sport. Le plus jeune, Donald Budge, avait 23 ans. Dans l'ère Open, Rafael Nadal l'a réussi à 24 ans. Roger Federer à presque 28. Novak Djokovic à 29. Bien sûr, rien ne dit que "Carlitos" y parviendra dès 2025, et rien ne garantit d'ailleurs qu'il y arrivera un jour. Les malédictions existent, parfois. Même si elles résistent rarement à ce genre de phénomènes.
Quoi qu'il en soit, le simple fait de se mettre aussi vite en position de réussir ce fameux Grand Chelem en carrière relève du prodige. C'est peu dire qu'Alcaraz a justifié les attentes placées sur sa personne. On imagine pourtant que la chose a été lourde à porter. Quand on vous annonce aussi haut aussi jeune, que l'on vous voit venir d'aussi loin et, qu'en prime, vous devez porter le poids d'un héritage imposant dans votre pays (coucou Nadal) et dans votre sport (coucou le nouveau crack générationnel attendu comme la nouvelle terreur post Big 3).
Le voilà déjà nanti d'autant de titres du Grand Chelem qu'un champion comme Stan Wawrinka par exemple. Ou, plus significatif encore, qu'Andy Murray. Les joueurs de tennis nés après les années 80 ont désormais remporté six tournois du Grand Chelem. La moitié appartient à Alcaraz. A lui seul, il dispose d'un palmarès majuscule aussi garni que Thiem, Medvedev et Sinner, les trois autres lauréats. Il casse tous les codes, abat toutes les frontières de sa génération.
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Carlos Alcaraz lors de sa finale face à Alexander Zverev
Crédit: Getty Images
Sur les plus grandes scènes, il n'en finit plus de tordre le cou aux "oui mais". Il a gagné son premier Majeur à 19 ans. "Oui, mais Djokovic n'était pas là, et c'était Ruud en finale". Sauf que, derrière, il a doublé la mise sur le plus prestigieux court du monde, le Central de Wimbledon, en battant en cinq sets en finale Novak Djokovic, invaincu là-bas depuis des années. Maintenant, il vient d'ajouter Roland-Garros en dominant celui qui, sans lui faire encore de l'ombre, s'avançait comme le nouvel homme fort de cette génération, Jannik Sinner.
En réalité, Carlos Alcaraz mène déjà des combats à distance avec les grandes figures historiques. Il en est déjà là. "Il est plus fort que Federer, Nadal et Djokovic à 21 ans", a tranché John McEnroe sur les antennes d'Eurosport dimanche. Encore une fois, cela ne garantit pas qu'il approchera de près ou de loin leurs délirants accomplissements. Mais ses temps de passage sont exceptionnels.
Le plus fou ? Il reste perfectible. Son service notamment, dans quelques années, sera sans doute bien plus efficace qu'il ne l'est aujourd'hui. Et même s'il a remporté ses trois premières finales de Grand Chelem, il n'en a maîtrisé aucune des trois de A à Z. Le jour où ce sera le cas, attention aux yeux... "Ce sera dur de rattraper Carlos dans la mesure où il parvient déjà à gagner contre les meilleurs joueurs du monde même sans jouer son meilleur tennis, résume Mats Wilander. Il trouve des moyens de gagner des titres même quand il ne joue pas super bien. Cette finale, pour moi, montre qu'il va gagner huit ou neuf Majeurs, à coup sûr."
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Video credit: Eurosport
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