Jannik Sinner après son élimination au 2e tour : "Je me suis pris un mur"

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En contrôle jusqu'à 5-1 dans le troisième set, Jannik Sinner a vécu une défaillance extraordinaire ce jeudi avant de plonger et de céder, en cinq sets face à Juan Manuel Cerundolo (3-6, 2-6, 7-5, 6-1, 6-1). En conférence de presse, l'Italien n'a blâmé personne, ni la chaleur ni sa propre programmation, il a simplement vécu une journée sans.

"Avec l'élimination de Sinner, Djokovic va être comme un lion"

Video credit: Eurosport

C'est une facilité de langage, une protection contre le pronostic mais c'est une vérité pourtant absolue : en Grand Chelem, il peut tout se passer. Ce jeudi, Roland-Garros a vécu l'une des plus grandes surprises de la décennie en voyant son favori incontesté et incontestable plonger irrémédiablement vers une sortie de route impossible, un accident inattendu. Jannik Sinner l'a lui-même brutalement résumé en conférence de presse : "Je me suis pris un mur". À pleine vitesse, avec l'inéxoroable et désagréable impression de ne rien pouvoir y changer.
C'est tout ce qu'il a tenté d'expliquer dans une prise de parole très digne, très calme et très réfléchie. Jannik Sinner a simplement eu… un jour sans. Pourtant, face à Juan Manuel Cerundolo, jusqu'à 5-1 dans le troisième set, il n'avait rien laissé paraître, roulant sans ménagement sur l'Argentin. Et puis… "À ce moment-là, j'ai commencé à me sentir mal, à avoir la tête qui tourne, a-t-il raconté. Mon niveau d'énergie était vraiment très bas. J'ai tenté de m'appuyer sur mon service pour finir mais ce n'était pas suffisant. Donc j'ai laissé filer le quatrième set pour essayer d'être plus frais au cinquième. Le premier jeu était important mais je n'ai pas réussi à tenir et, à partir de là, tout s'est dégradé".
Sa tactique jusque-là avait été simple : ne rien montrer et s'économiser au maximum. "En fait, dès ce matin, je n'étais pas bien donc j'ai tout fait pour écourter les points, a-t-il détaillé. En début de match, je frappais vraiment bien et puis… Et puis, je me suis pris un mur".
Personne n'est un robot
Alors que les discussions sur son horreur de la chaleur et l'absence de victoire au-delà des cinq heures en carrière avaient alimenté les débats à l'aune de la vague caniculaire qui touche Paris, Sinner a été clair : il n'y a rien à creuser de ce côté. "OK, il fait chaud aujourd'hui mais c'était jouable, a-t-il convenu, toujours aussi fair-play. Je n'étais pas en train de mourir sous le soleil. Aujourd'hui, c'est juste un scénario différent. Mais ça peut arriver".
Fatalement, on lui renverra toujours à ses faiblesses physiques, son abandon à Shanghai, ses défaillances en Australie ou ses coups de mou romains. C'est le jeu, tant que Sinner n'aura pas réussi à prouver le contraire. Mais ce jeudi, il l'assure : il n'avait jamais entrevu une porte de sortie : "Aujourd'hui, c'est différent de toutes les autres fois car il y a beaucoup de facteurs réunis. Je n'ai juste pas réussi à trouver l'issue. Je n'avais pas d'énergie. Je le répète, ce sont des choses qui peuvent arriver, personne n'est un robot". Il a glissé cette dernière phrase dans un sourire. Comme pour souligner l'ironie de la chose.
Sinner n'est donc pas un robot. L'Italien, qui avait fait de ce Roland-Garros LA priorité de sa saison, devra attendre 2027 pour retenter sa chance pour le Grand Chelem en carrière. C'est toute la violence du tennis, a fortiori en Majeur. Le moindre coup de mou peut se transformer en coup de bambou. On pensait Sinner à l'abri de ce genre de déconvenues. Mais, franchement digne dans ce moment pénible, le numéro un mondial a tout résumé : "c'est ça le sport…"
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Jannik Sinner au 2e tour à Roland-Garros.

Crédit: Getty Images


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