Wimbledon 2026 | Finale messieurs - Et si Alexander Zverev était, lui aussi, le grand gagnant de Wimbledon ?

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Alexander Zverev s'est certes incliné face à Jannik Sinner en finale de Wimbledon dimanche. Mais l'Allemand a été tout à fait à la hauteur de son nouveau statut de vainqueur en Grand Chelem, acquis le mois dernier à Roland-Garros. Pendant deux sets et demi, il a regardé le numéro 1 mondial les yeux dans les yeux. Et il a enfin montré qu'il pouvait devenir l'un de ses gros rivaux à l'avenir.

Zverev enfin délivré ? Il va vouloir aller chercher d'autres titres majeurs face aux meilleurs"

Video credit: Eurosport

Alexander Zverev a perdu ce dimanche, face à Jannik Sinner, sa quatrième finale de Grand Chelem, après celle déchirante de l'US Open 2020 (contre Dominic Thiem), celle assez énervante de Roland-Garros 2024 (Carlos Alcaraz), et celle pas loin d'être humiliante de l'Open d'Australie 2025 (Jannik Sinner). Mais c'est la première fois sans doute qu'il a quitté le court en n'ayant ni les yeux, ni les fesses rouges.
Au contraire. Zverev n'était pas loin d'avoir le sourire après sa défaite, conscient d'être avant tout tombé sur un grand Jannik Sinner, qu'il a poussé dans ses retranchements avant de baisser de pied et de s'incliner 6-7(7), 7-6(2), 6-3, 6-4. L'Allemand, incontestable outsider dans cette finale, n'avait pas un besoin aussi vital de la remporter comme c'était le cas à Roland-Garros face à Flavio Cobolli, où il était favori. Il avait, surtout, besoin de prouver que ce premier titre en Grand Chelem ne devait rien au hasard. Et encore moins à la chance.
Après ce Wimbledon, il n'y a plus aucun doute possible. Alexander Zverev s'est replacé sur la carte des très grands champions, ce dont on avait presque fini par douter ces dernières saisons, en se gaussant de ses échecs à répétition dans les plus grandes occasions, quitte à oublier peut-être un peu vite son palmarès néanmoins plus que respectable.
En l'espace d'un mois, il l'a fait passer de "plus que respectable" à pas loin d'être légendaire. Devenir un vainqueur en Grand Chelem, puis devenir le 13e joueur de l'ère Open à avoir désormais atteint la finale des quatre Grands Chelems, ça vous change un homme. Et ça a sauté aux yeux tout au long de son parcours à Wimbledon, finale incluse : oui, Zverev a changé. Il l'a prouvé, il l'a montré et il l'a confirmé.

Une chute qui a peut-être tout changé

Alors oui, Zverev a perdu, aussi. Mais sincèrement, pendant deux sets et demi et jusqu'à cette vilaine chute à 3-3 au troisième set qui a peut-être précipité sa défaite, on l'avait rarement vu à ce niveau. Peut-être même jamais. L'Allemand a rivalisé avec Sinner, l'a fait douter et s'il avait transformé cette cruciale balle de break - sa première et dernière du match - plutôt que de se retrouver les quatre fers en l'air, qui sait si l'issue de la finale n'aurait pas été différente. Le (désormais) numéro 2 mondial a en effet confirmé qu'il avait eu du mal, par la suite, à pousser sur sa jambe au service, raison probable de sa soudaine déperdition de puissance dans ce domaine.
Mais qu'importe. Zverev n'était pas vraiment déçu après sa défaite. Un peu comme nous ici, il voulait surtout retenir le positif de sa quinzaine. "Globalement, quand on compare à là où j'en étais l'an dernier, il n'y a pas photo, a-t-il estimé. Bien sûr, j'aurais aimé gagner ce trophée, mais Jannik a été meilleur que moi et il mérite de gagner. Pendant les deux premiers sets, j'ai trouvé que nous avons joué à un niveau extrêmement élevé. Bien sûr, cette chute au troisième set ne m'a pas aidé. Ça fait partie du jeu. Mais globalement, c'était un très gros match de la part de tous les deux."
Zverev pointait aussi, à juste titre, un autre moment-clé : cette faute en coup droit commise sur le premier point du tie-break du deuxième set, qui avait un peu "cassé son élan" dans un secteur du jeu où il avait pourtant été brillant jusque-là. À l'inverse d'ailleurs de Sinner, auteur de quelques bévues un peu inhabituelles sur ce coup d'habitude formidablement stable chez lui. Chez Zverev, on le sait : c'est plus aléatoire. Mais sa prestation d'ensemble, dans l'intention notamment, reflète parfaitement ses progrès récents et sa confiance au zénith.
Quelque part, c'est moi qui ai toujours été le troisième homme. Simplement, j'étais juste trop loin de ces deux-là.
"J'en ai parlé ouvertement cette année, le coup droit est un coup sur lequel j'ai énormément travaillé, a-t-il déclaré. Maintenant, quand j'ai l'opportunité, je le lâche. Quitte à rater, tant pis, mais au moins, je tente. C'est mon but depuis un an, et ça le sera encore pour le reste de ma carrière. En début de saison, j'avais pas mal de déchet, mais je restais quand même fixé sur mes intentions. Et j'ai l'impression que ça commence à marcher de mieux en mieux. J'espère que ça va continuer dans les prochains mois."
Si oui, pas de doute. Plus de doute. Alexander Zverev peut devenir, pour Jannik Sinner, le rival qu'il n'a jamais vraiment été, lui qui vient d'encaisser - quand même - sa dixième défaite consécutive contre l'Italien. Il peut enfin devenir pour de bon, de manière incontestée, ce fameux troisième homme qu'il n'a jamais vraiment été non plus, malgré sa formidable régularité, et même s'il a plus régulièrement chatouillé Carlos Alcaraz.
Là encore, c'est son but : "J'espère bien pouvoir les challenger à l'avenir, je suis là pour ça, a-t-il encore prévenu. Il y a eu du mieux cette année. Je ne les ai pas battus, mais je les ai poussés. J'ai failli battre Alcaraz en Australie. Ici, contre Jannik, ça aurait pu faire cinq sets aussi. En tout cas, c'est mon objectif. Je travaille pour. On sera toujours à la recherche du troisième homme. Quelque part, c'est moi qui l'ai toujours été. Simplement, j'étais juste trop loin de ces deux-là."
Franchement, respect à Sascha parce que ce qu'il fait en ce moment est assez extraordinaire.
Mais au sortir de ce Wimbledon, Alexander Zverev paraît moins loin. Beaucoup plus proche, même. Jannik Sinner, qui lui avait laissé seulement 31 jeux au total de leurs six derniers duels, a été aux premières loges pour voir le changement. "Franchement, respect à Sascha parce que ce qu'il fait en ce moment est assez extraordinaire, soufflait l'Italien. Son jeu ne cesse de se développer. Et en même temps, c'est une bonne chose même pour moi car on a toujours besoin de quelqu'un pour vous pousser à la limite. J'espère aussi que Carlos va revenir, car le tennis a besoin de lui, comme de Novak Djokovic et de tous ces jeunes qui montent. C'est très bon pour notre sport."
On se demandait si le premier titre du Grand Chelem décroché par Alexander Zverev à Roland-Garros serait pour lui un déclic ou une fin en soi. Il n'y a plus vraiment d'interrogation possible. Alexander Zverev a bel et bien changé et si la chose était possible, on jurerait qu'il a encore grandi au sortir de ce Wimbledon.
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