Roland-Garros 2026 - "C'est un peu addictif…" : Et maintenant, jusqu'où peut aller Andreeva ?
Par Arthur Merle
Mis à jour 06/06/2026 à 21:33 GMT+2
Mirra Andreeva a remporté samedi, à 19 ans, le premier Grand Chelem de sa carrière sur l'ocre de Roland-Garros. Gonflée à bloc, la Russe, qui avait annoncé très jeune vouloir s'offrir 25 titres du Grand Chelem, ne compte évidemment pas s'arrêter là. A quel point faut-il s'emballer pour la suite ? Eléments de réponses avec nos consultants et sa coach, Conchita Martinez.
L'étoile Swiatek ou la météorite Ostapenko : Quelle trajectoire maintenant pour Andreeva ?
Video credit: Eurosport
"Je sais que Novak Djokovic a 22 ou 23 tournois du Grand Chelem. J'aimerais aller jusqu'à 25, c'est un bon chiffre". Il y a trois ans, Mirra Andreeva découvrait ses premiers tableaux principaux en Grand Chelem et, avant une défaite au 2e de l'US Open face à Coco Gauff, annonçait la couleur à notre micro : il faudrait compter sur elle à l'avenir. Elle n'avait alors que 16 ans et ses propos étaient ceux d'une joueuse insouciante et ambitieuse. Elle en a désormais 19 et ses paroles résonnent différemment alors qu'elle a décroché samedi son premier Majeur à Roland-Garros. Alors la question nous brûle déjà les lèvres : atteindra-t-elle les 25 ?
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Andreeva, seulement 16 ans et déjà très ambitieuse : "J'aimerais gagner 25 tournois du Grand Chelem"
Video credit: Eurosport
Jouons d'abord les rabat-joie. Ou mieux : laissons nos consultants le faire. "Elle aurait pu jouer contre Sabelenka aujourd'hui, rappelle ainsi John McEnroe. Au lieu de cela, elle joue contre une joueuse issue des qualifications. Il y a des choses qui ont clairement tourné en sa faveur, mais elle se met elle-même dans ces situations et ça commence à porter ses fruits", poursuit le septuple vainqueur en Grand Chelem. "Je pense que si Mirra avait battu une Sabalenka, une Swiatek ou une joueuse mieux classée qu'elle, dans un match serré en trois sets, il y aurait eu bien plus d'enthousiasme", résume Chris Evert.
Andreeva figurait dans la partie basse du tableau, celle d'Elena Rybakina et Iga Swiatek, qui ont pris la porte prématurément. La logique aurait voulu qu'elle affronte Aryna Sabalenka ou Coco Gauff en finale, mais ce fut au lieu de cela la 114e joueuse mondiale, issue des qualifications. L'idée n'est aucunement de minimiser une telle performance, mais de la remettre en perspective. Et quitte à le faire à fond, autant rappeler qu'Emma Raducanu a remporté l'US Open à 18 ans, que Jelena Ostapenko s'est adjugée Roland-Garros avant ses 21 printemps. Mais qu’on attend toujours de les voir confirmer.
Elle doit encore se développer et nous devons rester humbles
Andreeva empruntera-t-elle le chemin des deux ex-grandes espoirs ou celui d’Iga Swiatek ? Un indice chez vous : avant de mettre les mains sur un Majeur, la Russe avait déjà remporté cinq titres, dont deux WTA 1000. Sa trajectoire est régulière, ascendante et ne demande qu'à continuer de grimper, alors qu'elle sera 6e mondiale lundi. Son nom n'est pas sorti de nulle part, il est déjà sur toutes les lèvres depuis plus de trois ans sur le circuit féminin. "Pour moi, Mirra Andreeva est la meilleure joueuse du monde", estimait dès sa première victoire en WTA 1000 Jean-René Lisnard, qui l'a formée pendant deux ans à Cannes.
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Nouveau traumatisme à venir pour Zverev ? "Il ne passera pas à côté de cette finale"
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Sa coach actuelle Conchita Martinez, qui sait mieux que quiconque à quel point il faut encore travailler sur les nerfs de Mirra et le talent d'Andreeva, admet en conférence de presse que "le ciel est la limite" pour sa protégée. Mais ne veut évidemment pas basculer dans un emballement démesuré. "C'est un travail en cours. Quand vous gagnez votre premier Grand Chelem… Je suis heureuse qu'elle soit plus confiante mais il y a beaucoup de choses qu'elle peut améliorer. Elle doit encore se développer et nous devons rester humbles. Rien ne viendra facilement".
Andreeva semble toutefois avoir coché certaines cases, tennistiques d'abord, avec un petit set concédé sur la quinzaine qui ne trompe pas, et une gestion impeccable du profil si atypique de son adversaire en finale dimanche. "Elle est forte, elle devient plus solide, plus 'fit', et elle varie bien son jeu. Elle est aussi imprévisible. Donc ça ne me surprend pas que ce soit arrivé, peut-être un peu plus tôt que prévu", reprend ainsi John McEnroe. Sans compter sur ce qui ressemble fort à un déclic psychologique pour celle qui perdait encore ses nerfs sur ce même court Philippe-Chatrier l'année dernière. Samedi, tous les observateurs comme sa coach et son adversaire Maja Chwalinska applaudissaient à l'unisson sa gestion du vent et de ses émotions.
Alors l'envie est grande, à défaut de lui imaginer une immense carrière, au moins de voir la suite. "Ces sentiments sont très spéciaux, a résumé Andreeva. Je pense déjà à comment je vais me préparer à la saison sur gazon. C'est un peu addictif. Je veux vraiment faire de mon mieux pour expérimenter ça une deuxième fois…". Dès Wimbledon, les regards ne seront plus les mêmes. Les attentes non plus.
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