Roland-Garros 2026 - Cobolli, Berrettini et Arnaldi en quarts de finale : recette miracle ou hasard pour l'Italie ?

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Flavio Cobolli, Matteo Arnaldi, Matteo Berrettini. Ils seront trois Italiens à tenter de s'offrir, mercredi, une place dans le dernier carré de Roland-Garros. Au moins un y parviendra, alors que Jannik Sinner a rapidement été éjecté et que Lorenzo Musetti n'a pu se présenter. Comment expliquer cette situation inédite pour le tennis transalpin depuis le début de l'ère Open ?

Berrettini, Cobolli et Arnaldi qualifiés pour les quarts de finale de Roland-Garros (Visuel : Quentin Guichard)

Crédit: Quentin Guichard

C'est une première dans les temps modernes et le début de la fameuse ère Open en 1968 : trois Italiens ont atteint les quarts de finale d'un même tournoi du Grand Chelem. Flavio Cobolli, qui affronte Félix Auger-Aliassime mercredi, Matteo Arnaldi et Matteo Berrettini, qui s'opposeront lors de la night session, tenteront tous de décrocher le premier ticket de leur carrière pour le dernier carré de Roland-Garros.
Aucune nation n'avait placé trois représentants en quarts de finale sur l'ocre parisien depuis l'Espagne avec Rafael Nadal, Tommy Robredo et David Ferrer en 2013. Et le plus fou dans cette histoire, c'est que le tennis italien a réussi cette prouesse sans compter sur son guide Jannik Sinner, numéro 1 mondial éliminé dès le 2e tour, ni Lorenzo Musetti, 11e joueur à l'ATP, demi-finaliste l'an dernier, mais blessé au quadriceps avant le tournoi. Alors sur quoi repose la recette miracle ?
Il fut évidemment très tentant de poser la question à Ivan Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT, venu présenter mardi le bilan du tennis tricolore, qui n'a plus aucun représentant en lice et n'en avait qu'une, Diane Parry, en huitièmes de finale. Mais l'ex-joueur croate était loin d'en faire une affaire "personnelle".
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Berrettini, Cobolli et Arnaldi qualifiés pour les quarts de finale de Roland-Garros (Visuel : Quentin Guichard)

Crédit: Quentin Guichard

 

Ljubicic : "Ils n'ont pas eu une formation claire"

 
"Sinner a été formé par Riccardo Piatti, Berrettini par Vincenzo Santopadre. Arnaldi était à Sanremo, juste à côté de Monte Carlo avec son coach. Cobolli s'entraîne avec son père depuis le début. Il a été accompagné par la Fédération avec des éléments, mais pas trop, explique-t-il. Chacun a fait un peu son parcours. Ils n'ont pas eu une formation claire. La Fédération a fait des choses qui ont été peut-être positives. Mais on ne parle pas d'implications directes sur les projets".
En regardant les trajectoires des trois concernés, difficile en effet d'y voir la conséquence directe d'un programme de fond parfaitement mené et qui porterait ses fruits aujourd'hui. Berrettini, le plus référencé de tous, deux tours passés à Monte Carlo comme principale référence sur ocre cette saison, revient de l'enfer et n'était plus apparu à Paris depuis cinq ans à cause de multiples blessures. Arnaldi, 104e joueur mondial, n'avait pas passé les qualifications à Monte Carlo, Barcelone et Madrid mais s'était refait la cerise en remportant le challenger de Cagliari puis en passant deux tours à Rome.
"Tout ça est inexplicable, reconnaissait-il lui-même après son énorme combat face à Frances Tiafoe en huitièmes. Avant Cagliari, j'allais chuter à la 150e place, je ne jouais pas. J'étais dans une impasse et je ne voyais pas la lumière du jour". Reste Cobolli, peut-être la plus logique de toutes ces aventures avec son statut de tête de série n°10 et de quart de finaliste à Wimbledon l'an dernier, lui qui avait notamment battu Alexander Zverev à Munich.

La Coupe Davis, ce déclencheur

Mais un point commun rassemble tout ce petit monde : la Coupe Davis dont l'Italie a remporté les trois dernières éditions. C'est en tout cas à travers ce prisme que la presse italienne décortique ces heures enchantées. "Il ne fait aucun doute qu'elle a été un véritable tremplin pour Cobolli et les deux Matteo, écrivait la Gazzetta dello Sport mardi. Le fait de se retrouver protagonistes dans la construction d’exploits historiques a lancé ou relancé leur carrière : d’Arnaldi, alors presque inconnu avant de devenir un héros il y a trois ans, à la renaissance de Berrettini en 2024 puis en 2025 après les habituels gouffres causés par les blessures, jusqu’à l’explosion de Cobolli, grand artisan du dernier triomphe italien il y a sept mois".
Capitaine de cette équipe depuis 2021, Filippo Volandri le confirme, "les succès en Coupe Davis ont poussé tout le monde" : "Il est évident que l’intensité et l’adrénaline de la Coupe Davis restent en vous, mais surtout que ces matches vous responsabilisent, parce que vous jouez pour vous-même et pour les autres. Et la confiance que vous construisez au sein du groupe vous accompagne ensuite aussi sur le plan individuel". L'esprit de combativité, aussi : depuis le début des années 2000, personne n'a ainsi passé plus de temps sur le court qu'Arnaldi pour atteindre les quarts de finale d'un Grand Chelem.
 Reste évidemment un argument de poids. Un homme qui a sa part dans tout ça malgré son statut de victime de la plus grande surprise de la quinzaine. "C'est aussi un peu plus simple, je pense, quand tu as des références comme Sinner, explique ainsi Ljubicic. Tous les autres, c'est Sinner qui les tire vers le haut". Cette fois, il s'est mis malgré lui sur le côté. Et Berrettini, vainqueur de son tombeur Juan Manuel Cerundolo en huitièmes, a fait partie de ceux qui en ont profité.
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Matteo Berrettini.

Crédit: Getty Images


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