Roland-Garros 2026 - Forte chaleur, mode d'emploi : "Tout est une question d'équilibre à trouver"
Par Laurent Vergne
Publié 25/05/2026 à 00:07 GMT+2
Il règne une chaleur exceptionnelle en ce début de Roland-Garros. La barre des 30 degrés a été allégrement franchie. Le Grand Chelem parisien est déjà exigeant par nature physiquement, terre battue oblige. Là, la difficulté est renforcée. Alex Corretja, ancien numéro 2 mondial et consultant pour Eurosport, se penche sur ces conditions complexes à gérer et les pièges à éviter.
A Roland-Garros, on cherche de l'air et un semblant de fraîcheur...
Crédit: Getty Images
Elle est l'invitée surprise de ce début de quinzaine. Cette fin de mois de mai est marquée par une vague de chaleur historique pour la période, et ce sur toute la France. Paris, qui grelottait il y a encore une semaine à peine, n'y échappe pas. Le mercure a atteint les 33 degrés dimanche pour l'ouverture de Roland-Garros et il devrait même faire encore un tout petit peu plus chaud lundi, avec une pointe annoncée à 34. C'est une donnée que joueuses et joueurs doivent prendre en compte. "Les conditions sont brutales. Très difficiles à gérer", estime Alex Corretja.
Qui peut en tirer profit ? Difficile à dire. Comme le souligne l'Espagnol, les conditions extrêmes, et elles le sont, n'avantagent personne a priori. "Honnêtement, je ne pense pas que cela avantage beaucoup de joueurs, souffle le consultant d'Eurosport, mais en même temps, si vous êtes parmi les favoris, vous pourriez rencontrer des difficultés supplémentaires. Elles augmentent peut-être un peu les chances de votre adversaire". Selon lui, une très forte chaleur peut dans une certaine mesure niveler les valeurs. "Un peu comme quand le vent souffle très fort", estime-t-il.
Pour l'ancien double finaliste de Roland-Garros (en 1998 et 2001), face à un thermomètre qui s'emballe à la hausse, "tout est une question d'équilibre" pour gérer au mieux la situation. "C'est difficile car, parfois, on a besoin de beaucoup boire, mais on ne peut pas non plus vider sa bouteille d'eau à chaque changement de côté, sinon on a l'estomac plein et on n'arrive plus à bouger, explique-t-il. Parfois, quand on s'assoit pendant les changements de côté, on a chaud et il faut mettre des serviettes glacées pour se rafraîchir. Il arrive aussi que les jambes soient un peu plus lourdes que d'habitude."
La chaleur, c'est aussi une question d'expérience
Autre nécessité presque contre-intuitive, l'obligation de bien se nourrir avant de rentrer sur le court. Même si l'on n'en éprouve pas l'envie, le besoin, lui, reste prégnant. "Avant les matchs, on n'a pas envie de trop manger quand il fait très chaud, évoque Don Alex, mais il faut se protéger avec des glucides et des protéines. C'est donc encore une fois une question d'équilibre." Et de gestion de soi. Plus que jamais, doser son effort est essentiel : "Il faut aussi savoir se donner à fond dans les moments importants ou saisir ses chances, car elles sont rares pendant un match. Il est donc essentiel de rester concentré à chaque instant pour jouer son meilleur tennis."
Nous ne sommes pas égaux dans de telles conditions. Certains souffrent davantage que d'autres. Mais celui qui a déjà vécu ça part avec un avantage. C'est l'autre clé : l'expérience. "La chaleur, c'est aussi une question d'expérience, car on a déjà vécu ça et on sait comment gérer la situation, insiste Corretja. Parfois, on panique moins parce qu'on se dit : 'OK, je suis déjà passé par là." Or avec le format en trois sets gagnants, réservés au Grand Chelem, les joueurs les moins expérimentés se retrouvent souvent confrontés à une forme d'inconnue. "Mine de rien, peu de joueurs ont cette expérience des très longs matches sous une forte chaleur. Aujourd'hui, on a Sinner, Zverev, Medvedev, Djokovic bien sûr, et peut-être Ruud. Je pense qu'ils savent exactement comment faire dans ces conditions particulières", conclut l'Espagnol.
Cette chaleur devrait perdurer au moins jusqu'au week-end prochain. Au plus "frais", la première semaine ne devrait pas descendre en-dessous de 28 degrés. Après quoi les orages pourraient entrer en scène et faire baisser drastiquement le mercure, avec des températures plus agréables, mais aussi avec un environnement nettement plus humide. La fin du tournoi pourrait ainsi être à l'opposé, du point de vue climatique, de ces conditions initiales. Mais d'ici là, ce Roland sera chaud. Très chaud.
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