Roland-Garros 2026 - "J'en ai découvert plus sur moi" : Moïse Kouame, évolution express
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 28/05/2026 à 21:01 GMT+2
Moïse Kouame s'est délecté de sa prestation détonante contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo au 2e tour de Roland-Garros. Pour son premier Grand Chelem, le Français de 17 ans a bluffé son monde. Et en a appris beaucoup sur lui durant cette rencontre qu'il espère être le "premier pas" d'un "grand voyage".
"La vie de Kouame va changer, il est entré dans le foyer des Français"
Video credit: Eurosport
C'est le genre de match qui vous fait passer un cap. Le genre de rencontre qui vous fait gagner des mois de travail. Et des années d'entraînements. Surtout quand on a 17 ans et qu'on joue son premier tournoi du Grand Chelem. Moïse Kouame ne cesse de répéter qu'il ne veut pas entendre parler de son âge mais ce jeudi, celui qui est considéré comme le grand espoir du tennis tricolore a pris quelques années en plus. En 4h58, il a mûri. Et grandi. "J'en ai découvert plus sur moi aujourd'hui", a lancé d'emblée le natif de Sarcelles, après sa victoire contre le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 6-3, 7-5, 3-6, 2-6, 7-6 (10/8).
Sur le Suzanne-Lenglen, Moïse Kouame a plongé dans un monde inconnu. Avant cela, il n'avait joué le moindre match en plus de trois sets. Et devant 10 000 personnes. Il a passé ses premiers tests avec brio. "Jouer 4h56, c'était ma première. Même à l'entrainement, je n'ai pas joué cinq heures. (…). Mais si j'ai pu gagner un tel match, c'est que physiquement on bosse bien, savoure-t-il. J'en ai découvert plus sur l'aspect physique. Sur le fait que je peux tenir une intensité haute pendant 4h56. Quand on s'entraine, il n'y a pas ces facteurs stress, chaleur et public. Aujourd'hui, ils étaient tous réunis. Et j'ai vu que j'ai pu me pousser au maximum dans les retranchements. Et là, ça fait vraiment plaisir de repartir avec la victoire."
Ce que j'ai appris l'année dernière de cette finale (...) c'est qu'il faut toujours croire en soi
Ce succès valide le travail effectué. Et permet aussi d'en savoir plus sur ce gamin qui signe une progression fulgurante depuis le début de l'année, alors qu'il était 833e mondial en janvier. Si on savait déjà qu'il avait un talent fou, on sait désormais qu'il est capable de tenir le rythme d'un combat épuisant et acharné pour rester focus pendant de longues heures. Mais aussi de se relever quand il a vu son adversaire revenir dans le super tie-break à suspense. "C'était dur mentalement de passer de 6-1 à 6-7. J'ai dû travailler sur moi. Rester calme. Penser au point suivant", a-t-il concédé.
Pour cela, le 318e mondial a pu puiser dans sa mémoire. Et se servir de la citation de Carlos Alcaraz sur le fait de ne pas abandonner, qu'il avait prononcée l'an dernier à l'issue de son sacre à Roland-Garros après avoir sauvé trois balles de match en finale. "Quand tu perds 5-2 au cinquième, je dirais qu'il y en a certains qui auraient baissé les bras. Ce que j'ai appris l'année dernière de cette finale (...) c'est qu'il faut toujours croire en soi. Même si tu es à un point de perdre, même si tu es à un point de gagner, c'est très important d'avoir toujours confiance en soi et de ne jamais baisser les bras. Et aujourd'hui, c'est ce que j'ai fait. J'en suis très content. (…) Et grâce à l'aide du public, c'était encore mieux".
Là, c'est mon premier pas et j'espère qu'il y en aura d'autres des comme ça
C'est en effet l'autre enseignement de cette rencontre. Alors que certains Français peuvent se déliter face à la pression de jouer sur la terre parisienne, Moïse Kouame a montré qu'il aimait les ambiances bouillantes. Et savait se nourrir de l'appui du public pour se surpasser alors qu'il était soutenu par de nombreux supporters qui ont célébré chacun de ses points comme des buts. "Sans public, je ne sais pas si j'aurais pu rester concentré. Grâce à eux, j'ai pu rester focus pour aller remporter ce tie-break (…) J'aime ce sport pour ce genre d'atmosphère et de pression. J'ai réussi à bien capter leur énergie ", lâche-t-il. "J'ai toujours rêve de faire cela avec le public. C'est quelque chose que j'aime. Le faire sur chaque point, c'est trop. Donc j'ai essayé de trouver à quel moment c'était le plus important. Et je suis content d'y être parvenu".
Voilà donc un match riche en leçons. Un match qui peut l'aider à aller encore plus vite. Mais en garçon mature, Kouame ne veut cependant pas brûler les étapes. "Il faut continuer parce que l'objectif, si je veux un jour gagner des Grands Chelems, c'est de le faire sept fois. Comme on dit, les plus grands voyages commencent par un premier pas. Là, c'est mon premier pas et j'espère qu'il y en aura d'autres des comme ça", lance-t-il, alors qu'il a des rêves plein la tête en bon gamin de 17 ans. "Gagner Roland-Garros, c'est bien sûr un rêve. Gagner tous les quatre (tournois du Grand Chelem), c'est aussi un rêve. Penser à gagner le tournoi (cette année), c'est un peu trop tôt (sourire). Je suis très heureux d'être au 3e tour et je ferai de mon mieux pour gagner un autre match."
Avec un espoir : revivre la même ambiance pour grandir encore et toujours. "Là, je n'ai pas le temps de reposer sur mes lauriers. Maintenant, je vais me concentrer sur le prochain et j'espère qu'il y aura la même atmosphère", conclut-il aux anges.
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