Roland-Garros 2026 - La chaleur, un danger pour Jannik Sinner, vraiment ?

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La chaleur est LE sujet de conversation numéro un à Roland-Garros. Les 30 degrés sont largement dépassés et cette barre est même franchie de bon matin. Ceux que les températures élevées rebutent peuvent souffrir. Jannik Sinner a connu par le passé des alertes dans de telles conditions de jeu. Faut-il dès lors s'inquiéter pour l'Italien, à défaut de lui trouver des adversaires à sa hauteur ?

Le Sinner 2026 est-il plus impressionnant que le Nadal 2010 ?

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C'est LA question que se pose tout Roland-Garros. Qu'est-ce qui peut empêcher Jannik Sinner de gagner Roland-Garros et compléter ainsi le Grand Chelem en carrière, comme l'avait fait son alter ego des sommets, Carlos Alcaraz, à l'occasion du dernier Open d'Australie ? Le forfait de l'Espagnol, blessé au poignet, semble dégager une autoroute dénuée du moindre obstacle devant l'Italien, à qui la coupe des Mousquetaires serait déjà promise. Il n'y aurait qu'une ombre potentielle dans ce ciel dénué de tout nuage, et elle tient justement à un élément météorologique : la chaleur inhabituellement forte installée sur Paris depuis le début du tournoi.
Voilà quel serait le principal (le seul ?) danger pour le numéro un mondial. Avant même le coup d'envoi de la quinzaine, Boris Becker, consultant pour Eurosport, avait d’ailleurs déjà pointé l'argument. "J'ai regardé les prévisions météo et il va faire très, très chaud au moins la première semaine, ce qui complique la vie des joueurs ayant une peau très claire comme c'est le cas de Sinner ou de moi-même. On souffre quand il fait très chaud", avait estimé le triple vainqueur de Wimbledon.
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Comment Sinner peut-il perdre Roland-Garros ?

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Sur ce plan, Jannik Sinner présente il est vrai quelques antécédents. À l'Open d'Australie, notamment, où il a connu certaines alertes. On se souvient de son troisième tour face à l'Américain Elliott Spizzirri en janvier dernier. À un set partout et break contre lui dans le troisième set, perclus de crampes sous le cagnard de Melbourne (le thermomètre dépassait les 35 degrés à ce moment-là), Sinner avait frôlé la catastrophe. L'application de l'"Extreme Heat Policy", impliquant une pause de huit minutes pour fermer le toit de la Rod Laver Arena, l'avait sans doute sauvé. Depuis, à la moindre poussée de chaleur quand l'Italien du Nord est sur le court, chacun scrute son attitude, ses réactions, son rendement.

Prêt à jouer en pleine journée

À Shanghai, en octobre dernier, il avait été contraint à l'abandon face à Tallon Griekspoor. Le match avait pourtant lieu en soirée, mais le taux d'humidité atteignait 86% avec une température de 27°C aux alentours de minuit. C'est un fait, Sinner n'aime pas ça. Il est vrai aussi qu'il lui arrive, de temps à autre, de connaître des coups de pompe physiques que personne n'avait vu venir, comme à Rome pas plus tard qu'il y a deux semaines contre Daniil Medvedev. Il avait alors été photographié en train de vomir dans un coin du court avant de se ressaisir et de remporter la victoire en trois sets. La chaleur n'était pourtant pas en cause ce soir-là, mais disons qu'elle a parfois constitué un élément déclencheur.
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Le moment qui est venu au secours de Sinner : le match suspendu pour cause de chaleur

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Sur la foi de ces quelques souvenirs, faut-il vraiment avoir peur pour Sinner ? Mardi, pour son entrée en lice, il a évolué en night session sur le court Philippe-Chatrier. Le scénario idéal pour lui. Jeudi, il devra venir dès midi sur le Chatrier. Mais il n'a pas semblé plus inquiet que ça, à l'évocation de la météo. "On verra bien, je suis content de jouer en session de nuit, mais aussi durant la journée, quel que soit le créneau qu'on m'attribue, peu importe", a-t-il assuré. Il ne sera sans doute pas programmé à chaque fois en soirée, il est de toute façon prêt à tout.
Puis, à ses yeux, il y a chaleur et chaleur. La température est un des éléments, mais pas le seul. Le taux d'humidité est souvent plus problématique encore. Or la chaleur qui règne sur Paris est très sèche pour l'instant. "Ici, la chaleur est différente, a insisté l'Italien mardi soir. Ce n'est pas aussi dur que ça peut l'être en Australie ou aux Etats-Unis. On verra bien, chaque jour compte, demain (mercredi, NDLR), c'est une bonne journée pour se préparer et s'habituer à la chaleur. Je penserai à ça jeudi pour mon prochain match, on s’en occupera à ce moment-là."
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L'image-choc : l'abandon de Sinner, paralysé par les crampes

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La chaleur change plus les conditions de jeu que le côté physique
En ce milieu de semaine, le mercure va grimper jusqu'à 34 degrés, selon les prévisions de Météo France. La chaleur devrait se maintenir jusqu'à la fin du week-end, avant possiblement que le temps ne change plus ou moins brutalement la seconde semaine. Si problème il y a, il devrait donc se cantonner aux deuxième et troisième tours de Jannik Sinner, soit jeudi et samedi. Pas de quoi faire trembler le numéro un mondial, dont on rappellera tout de même qu'il a triomphé deux fois en Australie (2024, 2025) et qu'il était vainqueur puis finaliste de l'US Open lors des deux dernières éditions (2024, 2025). Les deux tournois où chaleur et humidité sont les plus prégnantes. De quoi relativiser sa prétendue aversion aux températures élevées.
Factuellement, cette première moitié de Roland-Garros est extra-ordinairement chaude. Pour un fin mai, l'emballement du thermomètre a quelque chose d'exceptionnel. Mais de là à imaginer que cet élément puisse décider du sort de cette édition 2026… Le sujet est légitime, au-delà du cas de Jannik Sinner. Tous les joueurs sont interrogés à ce sujet après chaque match. "Je pense que la chaleur change plus les conditions de jeu que le côté physique, analyse Valentin Vacherot. On va dire que certains ne sont pas habitués à ce qu'il fasse aussi chaud aussi tôt dans la saison en mai, mais la balle va surtout plus vite. Donc, oui, ça fait des conditions assez rapides ; c'est sûr que ça va plus plaire à certains qu’à d'autres." Pas sûr que Sinner s'en plaigne.
Au final, ce sujet de conversation serait-il simplement une façon de chercher à tout prix la petite bête, un grain de sable dans la chaussure du patron du tennis mondial ? On l'a vu, certains épisodes témoignent du fait qu'il ne raffole ni des chaleurs très marquées ni, encore moins, des taux d'humidité élevés. Le second point ne nous concerne pas, pour l'heure. Quant au premier, il s'estime "très bien préparé" sur le sujet. Alors, quand Mats Wilander dit que "la chaleur est potentiellement son principal adversaire pour le moment", cela n'en dit-il pas plus sur la marge colossale qui est la sienne sur la concurrence que sur l'ampleur de son aversion pour cet élément extérieur ?
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