Roland-Garros 2026 - Ljubicic, responsable du haut niveau à la FFT : "Kouamé ? Il continue de me surprendre et ne se met pas de limites"
Par Arthur Merle
Mis à jour 02/06/2026 à 14:44 GMT+2
Présent en conférence de presse pour faire le bilan du tennis français lors de ce Roland-Garros, Ivan Ljubicic, le responsable du haut niveau à la Fédération française de tennis, a parlé d'un tournoi "ni bon, ni mauvais" pour les Tricolores. L'ex-joueur croate est ambitieux pour la suite, notamment chez les garçons, où la promesse Moïse Kouame, mais pas que, donne le droit de rêver.
"La chose à retenir pour Diane est qu'elle passe n°1 française"
Video credit: Eurosport
Quel bilan tirez-vous du parcours des Français à Roland-Garros ?
I.L. : L'analyse est plutôt simple, parce qu'on avait trois têtes de séries chez les hommes et aucune chez les femmes, donc les résultats sont un peu les conséquences des niveaux d'aujourd'hui. L'exploit de Diane Parry est très positif, et il y Moïse Kouame, bien évidemment. Tout le reste, c'est plutôt conforme à la situation d'aujourd'hui. Ce n'est ni bon ni mauvais, ni positif ni négatif, c'est comme ça. Il faut l'accepter, il faut avancer. Je l'ai déjà dit mais la France ne mérite pas ça, mais c'est notre réalité. Il faut travailler.
Etes-vous inquiet pour la suite ?
I.L. : Depuis ma position, dans mon rôle, honnêtement je ne suis pas inquiet pour l'avenir du tennis français. On est plutôt bien placés pour rêver, pour espérer qu'avec la prochaine génération, dans les prochaines années, on va avoir des résultats beaucoup plus positifs que ça. Je parle chez les garçons, avec une génération 2009 très intéressante. Chez les filles, on est toujours sur des chiffres qui sont moins bons, mais je peux vous assurer qu'on va continuer à travailler, de faire du mieux possible. On n'a pas de stress, parce que moi, quand j'ai pris le poste, fin 2023, dans le rôle d'aujourd'hui, j'ai pensé que normalement, quand tu t'occupes de la formation, tu as besoin de 8 à 10 ans, pour faire voir un peu des résultats de ton travail.
Moïse Kouame a montré qu'il était assez exceptionnel. Vous comptez sur lui pour relever les résultats dans les prochaines années ?
I.L. : Oui. Je continue de voir des signes très importants, et quand je dis ça, ce ne sont pas que les résultats. Je parle de sa manière d'affronter les situations, de vivre les moments d'une manière plutôt intéressante, ce qui montre qu'il est prêt à faire des choses très importantes. Je connais très bien Moïse, mais il continue de me surprendre, parce qu'après son premier tour, il a même parlé d'aller au bout du tournoi potentiellement. Des mots qui sont parfois, surtout ici en France, vus comme exagérés. Mais pourquoi pas ? Il faut accepter le challenge, il faut rêver, et tu ne sais jamais ce qui peut se passer. Lui ne se met pas de limites.
Comment imaginez-vous la suite de sa progression ?
I.L. : Il ne faut pas se précipiter. Il a quand même 17 ans. Donc il faut travailler. On est là pour les accompagner, avec son staff. Pour moi, il a besoin de jouer beaucoup de matches pour continuer à apprendre, pour continuer à vivre des expériences positives et négatives, parce qu'on a besoin des deux. Et voilà, on va voir à quelle vitesse il va progresser, parce qu'il va progresser, ça c'est sûr. Mais la vitesse, c'est lui qui va décider. On va voir, déjà, il va intégrer le top 100 cette année, ou un peu plus tard. C'est ça, la responsabilité, même la pression que je sens aujourd'hui, c'est de m'assurer que cette génération continue à progresser.
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"La vie de Kouame va changer, il est entré dans le foyer des Français"
Video credit: Eurosport
Etes-vous inquiet pour Arthur Fils avec cette nouvelle blessure ?
I.L. : Je suis inquiet, oui, bien évidemment. Je n'ai pas cherché trop d'informations, je voudrais le laisser un peu tranquille. Mais oui, on a un peu oublié Arthur après son forfait, mais on sait ce qu'il a fait cette année. Les mois où il a joué… C'est un super joueur qui aujourd'hui fait partie des meilleurs du monde. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas pu essayer de jouer ce tournoi. J'espère que la décision qu'ils ont prise de ne pas jouer à Roland-Garros, c'était seulement pour s'assurer qu'il allait être prêt pour le gazon. On va, je pense, avoir des informations très bientôt.
Un mot également sur Diane Parry, qui a atteint les huitièmes de finale ?
I.L. : Je suis très, très content parce qu'elle le mérite, avec tout son investissement. Que ça commence à payer à Roland-Garros, c'est super. Elle a un staff, une structure de très haut niveau aujourd'hui. Donc, je suis content qu'elle ait pu vivre ce moment-là. J'espère que c'est le début de quelque chose, elle le mérite avec son talent.
Loïs Boisson, elle, a retrouvé l'anonymat. Est-ce qu'elle vous demande de l'aide, ou fait plutôt son chemin de son côté ?
I.L. : Oui, on l'a aidée, même si je ne veux pas entrer dans les détails. Je ne peux que souhaiter qu'elle joue au tennis. Même dans la défaite, j'étais là, j'ai vu les qualités de frappe, les qualités physiques qu'elle a, et j'espère qu'elle va trouver le rythme, parce que c'est de matches dont elle a besoin aujourd'hui. Je ne suis absolument pas inquiet sur le niveau de jeu. Donc je pense qu'elle va aller venir très rapidement dans le top 100.
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"La laisser tranquille : c'est le meilleur moyen pour se reconstruire"
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Ksenia Efremova, elle aussi de 2009, a bénéficié d'une wild-card et est sortie au 1er tour. On s'attend ensuite, au tournoi juniors, qu'elle casse tout, mais elle sort aussi au 1er tour. Qu'est-ce qu'il se passe, avec elle ?
I.L. : Alors, c'est plutôt normal. Je pense que pour une fille de 17 ans, de jouer un tableau final de Grand Chelem, de vivre les émotions sur le Suzanne-Lenglen, et pratiquement sept jours après, être tête de série numéro 1 chez les juniors, avec toute la pression du monde… Surtout chez les filles, c'est très difficile de vivre cette pression, parce qu'elles n'ont pas d'énormes services, de frappes grâce auxquelles elles peuvent se débarrasser de la pression. J'ai vu son match (chez les juniors, ndlr), j'étais content de son comportement, de sa manière de vivre ces moments qui sont très, très difficiles. Je l'ai vue après le match, elle était très déçue. Je lui ai juste demandé de ne se comparer à personne. Ni à Maria Sharapova, ni à Moïse Kouamé, ni à personne d'autre.
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