Roland-Garros 2026 - "L'une des plus grandes surprises depuis longtemps" : Jannik Sinner, sidération mondiale
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 29/05/2026 à 01:58 GMT+2
Jannik Sinner n'est plus dans le tableau de ce Roland-Garros 2026. Le troisième tour n'a pas encore été commencé mais le numéro 1 mondial a pris la porte ce jeudi. Un vrai choc pour la planète tennis alors que l'Italien est d'habitude si fiable et s'était montré intraitable ces derniers mois.
"Avec l'élimination de Sinner, Djokovic va être comme un lion"
Video credit: Eurosport
On avait tellement l'habitude de voir Carlos Alcaraz et Jannik Sinner dérouler à chaque Grand Chelem avant les sommets qu'on avait oublié que cela pouvait être possible. Que l'incertitude du sport fait aussi toute sa beauté. Et qu'il ne faut jamais penser que c'est écrit d'avance. Contre sa volonté, Jannik Sinner vient encore de nous le rappeler avec un revers aussi renversant que tonitruant ce jeudi au deuxième tour de Roland-Garros face au modeste Argentin Juan Manuel Cerundolo (56e). "Aujourd'hui, je n'avais pas d'énergie, et c'est une chose qui peut arriver. Personne n'est un robot", a expliqué le N.1 mondial, qui devient la deuxième tête de série numéro 1 à se faire sortir d'un Grand Chelem à ce stade de la compétition sur les 20 dernières années, après Rafael Nadal en 2023 à l'Open d'Australie.
Certes, cela peut arriver. Mais c'est bien un séisme qui s'est produit tant le titre lui semblait promis cette année à Roland, le seul Grand Chelem où il n'a pas encore écrit son nom. "C'est l'une des plus grandes surprises des tournois du Grand Chelem depuis de très nombreuses années, a reconnu Tim Henman, l'ancien champion britannique devenu consultant Eurosport. Sinner bat tout le monde depuis des mois, il ne semblait pas pouvoir perdre, et puis, Cerundolo remporte 18 des 20 jeux suivants ? C'est phénoménal". "Ça semble incroyable", abonde Henri Leconte, sous le choc. "Que dire ? C’est une énorme surprise", a complété Mischa Zverev, frère et co‐entraîneur d’Alexander.
Il avait la même marge que Rafa à Roland-Garros
La raison de cette stupéfaction est simple : le patron du circuit possède une telle marge sur ses adversaires que l'on ne le voyait pas dérailler. Sans Carlos Alcaraz - son bourreau l’année dernière dans une finale épique -, ce titre était même pour lui. Après avoir remporté les trois Masters 1000 sur terre battue en perdant seulement trois petits sets et être invaincu depuis un revers à Doha en février contre Jakub Mensik, Sinner était sur la voie royale. "Je pense toujours qu'il avait la même marge que Rafa à Roland-Garros parce qu'il avait une marge incroyable par rapport au reste du circuit", estime Patrick Mouratoglou, ancien coach de Serena Williams. "C'est la plus grande surprise en Grand Chelem de ces dernières années", ajoute Boris Becker, consultant Eurosport. Jannik Sinner était considéré comme imbattable : il a remporté Monte-Carlo, Madrid et Rome de manière impressionnante. Et pourtant, aujourd'hui, il a servi deux fois pour le match sans parvenir à le conclure".
Surtout qu'en Grand Chelem, Sinner avait pris l'habitude de répondre présent, alors qu'il avait toujours au moins atteint la deuxième semaine en Majeur depuis Wimbledon 2023. Mais voilà après s'être déjà fait surprendre par Novak Djokovic à Melbourne en demi-finale, son corps l'a trahi sur la brique pilée parisienne. "Peu importe votre condition physique ou votre niveau : si votre corps lâche, vous ne pouvez rien y faire. Vous vous sentez tout simplement très mal", lance Mischa Zverev.
Lui et son équipe vont prendre du recul et analyser cela
On le sait, c'est l'un des rares points faibles de Jannik Sinner. Et il peut notamment perdre ses moyens sous une forte chaleur, comme par le passé à Shanghai ou à Melbourne. "Dès que le match dure plus de trois heures et demie, il a du mal. Dès qu’il fait chaud, il a du mal, et c’est exactement ce qui s’est passé", note encore Tim Henman. "C’est là son gros problème. Surtout lorsque les matches en Majeurs vont jusqu’au bout ou que la tension monte, il rencontre souvent des difficultés physiques - et peut-être même mentales", abonde Becker.
Patrick Mouratoglou trace le même sillon, en appuyant un peu plus sur la météo et la chaleur. "Il avait un vrai adversaire dans ce tournoi : les conditions climatiques qui sont complètement anormales. On n'a jamais connu ça à Roland-Garros. On sait que c'est un joueur très sensible face aux conditions climatiques. En Australie, il avait crampé et, sans le toit, il y a de grandes chances qu'il ait pu perdre ce jour-là. Pareil deux mois avant en Asie. C'est un joueur qui vit mal les conditions climatiques extrêmes. Quand j'ai vu ces conditions, j'ai compris qu'il y avait un grand danger".
Mais si l'Italien a balayé l'hypothèse du coup de chaud d'un revers de main ("Les conditions étaient difficiles, mais pas folles. Il faisait chaud mais c’était ok, je ne mourrais pas de la chaleur"), il sait évidemment qu'il va aussi devoir trouver des solutions pour ne plus subir de telles coupures de courant. "Je pense que cela a pris tout le monde par surprise, mais Sinner est éliminé. Il est encore très jeune. Il remportera Roland-Garros un jour. Mais je suis sûr que lui et son équipe vont prendre du recul et analyser cela, car il faut y remédier...", confirme Tim Henman. La quête d'une première Coupe des Mousquetaires passera aussi peut-être par là.
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