Roland-Garros 2026 - Mais qu'est-ce qui peut bien stopper Jannik Sinner ?
Par Glenn Ceillier
Mis à jour 26/05/2026 à 19:45 GMT+2
Jannik Sinner n'a pas encore débuté son tournoi mais il est sur la voie royale. Sans Carlos Alcaraz, le numéro 1 mondial semble promis à décrocher son premier sacre à Roland-Garros. Impressionnant tout au long de la saison sur terre où il a raflé tous les Masters 1000, l'Italien est le grandissime favori. Mais alors qu'est-ce qui peut nous éviter une promenade de santé transalpine cette année ?
Jannik Sinner face à Daniil Medvedev
Crédit: Getty Images
Il règne une drôle impression dans les travées de Roland-Garros. Comme si la partie était jouée d'avance. Et qu'on connaissait déjà le vainqueur dans le tableau masculin. Jannik Sinner n'est pas seulement le favori. En l'absence de son meilleur ennemi Carlos Alcaraz qui est forfait en raison d'un souci au poignet, l'Italien fait figure de champion avant l'heure à Roland-Garros, le seul titre du Grand Chelem qui manque à son palmarès. Tout le monde en est convaincu alors qu'il vient de faire main basse sur les trois Masters 1000 sur terre battue, comme seul Rafael Nadal avant lui.
Un an après une finale légendaire, le pitch est facile à écrire cette année : Jannik Sinner se présente contre le reste du monde avant ce Majeur parisien. "Nous sommes tous d'accord pour dire que Sinner est clairement le favori", confirme notre consultant, Boris Becker. "On a logiquement l’impression que personne ne pourra l’arrêter, complète Alex Corretja, double finaliste à Roland. Il est très difficile d'imaginer qu'il ne soit pas le vainqueur. À vrai dire, cette série de victoires de Sinner fait que Carlos nous manque encore plus, lui qui était son grand rival, le seul qui semblait capable de lui tenir tête". Le risque d'une promenade de santé est bien réel cette année sur la brique pilée parisienne.
Il possède une capacité d'exception à rester concentré et à garder son sang-froid
On peut même craindre de s'ennuyer un peu tant le Transalpin peut donner l'impression de dominer ses matches presque mécaniquement, après n'avoir lâché que trois petits sets sur les trois derniers Masters 1000. Surtout qu’on sait qu'il n'est clairement pas du style à se relâcher ou à subir la pression engendrée par son statut du patron du circuit, seul sur sa planète. "Sa principale force, c'est son mental. Il possède une capacité d'exception à rester concentré et à garder son sang-froid, remarque Jim Courier, consultant Eurosport et double vainqueur à Roland. Regardez comme il a su faire abstraction de contexte et jouer aussi bien qu’il l’a fait alors qu’une suspension pour dopage pesait sur lui. (…) Sa capacité à utiliser son esprit comme une super-arme est sa plus grande force".
Alors une question s'impose : peut-on voir le train Sinner dérailler à Paris cette année ? Ce n'est pas gagné. Mais ce n'est pas de l'utopie non plus. "Un tournoi du Grand Chelem, c'est long, rappelle Becker. Sinner n'a jamais remporté Roland-Garros, et c'est au meilleur des cinq sets. Il fait aussi très chaud durant cette première semaine, ce que Sinner n'apprécie pas forcément". Mais la vraie donnée est peut-être plus à rechercher ailleurs. En fait, elle ne concerne Sinner que de manière indirecte car elle réside chez les autres, ses adversaires.
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"Je ne serai pas surpris de voir une finale Sinner - Djokovic"
Video credit: Eurosport
On peut reprocher ses adversaires de ne pas vraiment croire en leurs chances
Le patron du circuit ressemblant par moment à un robot imperturbable, il va falloir que ceux qui vont croiser sa route trouvent des solutions pour le contrarier. Et se subliment. "On ne peut pas reprocher quoi que ce soit à Sinner. Il faut plutôt reprocher un peu à ses adversaires de ne pas vraiment croire en leurs chances, s'agace Becker. En tant qu'ancien joueur, je sais que le match se joue souvent dans la tête, selon la façon dont on aborde le match et la stratégie qu'on adopte. Et je ne veux pas citer de noms pour l'instant, mais je pense que la plupart des joueurs ont en quelque sorte déjà perdu le match contre Sinner avant même qu'il ne commence".
Ne pas arriver vaincu. Se souvenir que l'impossible n'existe pas en sport. Que l'histoire n'est pas écrite d'avance. Voilà l'une des recettes. Sinon, Jannik Sinner a de grandes chances de filer vers son premier sacre parisien. Et ce n'est peut-être pas l'histoire d'un homme ou d'un jour. Pour notre consultant Mats Wilander, c'est même une question collective. Que tous ceux qui vont défier l'ogre italien l'usent match après match jusqu'au jour J.
"Il faut presque un effort collectif, estime l'ancien numéro 1 mondial suédois. Les joueurs doivent le pousser autant que possible. (…) Il faut que ses adversaires comprennent qu’ils ne le battront peut-être pas, mais qu’ils doivent le pousser aussi fort que possible pendant ce match. La seule chose qui peut arrêter Sinner, c’est que les joueurs l'obligent à disputer quatre ou cinq sets, et que cela se répète match après match. (…) Il faut que beaucoup de joueurs s’y mettent, sinon, il sera très difficile de le battre." Ça commence dès ce mardi avec son premier tour contre Clément Tabur. Le premier à passer le test. Le premier qui va tenter de le perturber sur sa route vers sa première Coupe des Mousquetaires. Ce n'est pas gagné. Ça ressemble même à une montagne infranchissable. Mais si personne ne tente vraiment sa chance, Sinner va presque s'ennuyer. Et nous avec.
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