Roland-Garros - "En termes d'expérience, je ne pouvais pas faire plus" : en une semaine, Moïse Kouame a tout connu
Par Paul Citron
Publié 30/05/2026 à 23:59 GMT+2
Alejandro Tabilo a mis fin à son rêve éveillé samedi après-midi, mais Moïse Kouame n'avait même pas la tête des mauvais jours après sa défaite au troisième tour de Roland-Garros. Le PSG avait gagné, voilà qui devait déjà le consoler. Surtout, le jeune Français est vite parvenu à relativiser. La semaine qu'il a traversée lui a appris énormément sur lui, sur son tennis et sur tout le reste.
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Moïse Kouame avait tellement le sourire, il semblait tellement tranquille, qu'il semblait presque avoir déjà digéré sa défaite au troisième tour de Roland-Garros samedi dès la conférence de presse. Entretemps, il avait eu le temps de voir son équipe du PSG remporter la Ligue des champions, de quoi le consoler un peu. C'est en évoquant la fin de son match contre Alejandro Tabilo qu'un petit regret est revenu à la surface. "J'avais vraiment envie de l'emmener au cinquième set, a-t-il avoué, en souriant quand même, surtout que le public commençait à me "hyper" de plus en plus."
Pour le reste, Kouame était content. "Je suis content parce que j'ai bien joué. J'ai proposé de belles choses tout au long de cette semaine, préférait-il retenir. Ce n'est pas une défaite qui me pose problème. (...) C'est une défaite qui peut peut-être même m'apporter plus que mes deux victoires." À 17 ans, il vient de vivre une semaine extraordinaire à Roland-Garros en gagnant deux fois avant de perdre et il y a de quoi être fier. Le 318e mondial pourrait se réveiller 214e lundi matin.
De son entrée sur le court face à Marin Cilic mardi à sa sortie du Suzanne-Lenglen samedi soir sous les hourras du public, le Sarcellois a tout connu en cinq jours à peine. "En termes d'expérience, je ne pouvais pas faire plus, reconnaissait-il lui-même. J'ai eu un match en trois sets, un match en cinq heures, un match en quatre sets avec beaucoup de tension. C'était une semaine complète de ce point de vue et j'en suis très heureux."
Je n'ai jamais senti de crampes
Sa plus grande satisfaction lui vient de son corps. Même s'il a paru traverser un moment difficile face au Chilien au troisième tour, le Français n'a jamais baissé pavillon et il a même été entreprenant jusqu'au bout, jusqu'à cette ultime amortie ratée. Il a tenu le choc. "J'ai appris que je pouvais tenir des longs matches, et que je pouvais les enchaîner. Bien sûr, c'était difficile de jouer à ce niveau pendant un match entier et de répéter ça, mais avec quelques matches de ce type à mon actif, ce sera de plus en plus facile."
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"La vie de Kouame va changer, il est entré dans le foyer des Français"
Video credit: Eurosport
La pression, l'ambiance, les 10 000 personnes massées sur le Lenglen à crier son nom, tout ça ne l'a pas non plus affecté. "Je n'ai jamais senti de crampes. C'était une grosse question avant le tournoi : si je joue des matches de trois heures, comment mon corps va l'encaisser ? La réponse est oui, c'est très positif pour moi et mon équipe." Il s'est même surpris à profiter de cet appui tricolore au fil des rencontres, à tel point que la France s'est découvert un nouveau showman. Notamment face à Adolfo Vallejo où son hommage au public avait été très marqué après coup : "C'est bon à savoir que quand il y a un public, ça peut me pousser dans mes retranchements."
"Ma jeunesse", vous m'avez compris...!
Après ces trois matches, sa vie ne sera plus jamais la même, mais Kouame ne semblait pas s'en faire plus que ça. "C'est sûr qu'en rentrant, et en voyant le Suzanne plein, je me suis dit : 'Waouh !' C'est quand même quelque chose de spécial", riait-il, mais c'est à peu près tout. Et son mental, celui qui lui a permis de renverser le cinquième set contre Vallejo au deuxième tour ou de sauver plusieurs balles de match contre Tabilo avant de craquer, le Français l'a d'abord trouvé fidèle à l'idée qu'il s'en est toujours fait.
"J'ai toujours su que j'étais quelqu'un qui n'abandonnait jamais. J'ai toujours su que je suis quelqu'un qui peut renverser des matches, parce que je l'ai fait beaucoup de fois dans ma jeunesse. "Ma jeunesse", vous m'avez compris…!" Moïse Kouame ne croit pas si bien dire. Il a beau avoir 17 ans, sa semaine prouve qu'il n'est plus un enfant.
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Moïse Kouame à Roland-Garros en 2026.
Crédit: Getty Images
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