Roland-Garros - Le néant, un Challenger et des marathons : Matteo Arnaldi, itinéraire d'un miracle vers les demi-finales

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Quelle mouche a piqué Matteo Arnaldi ? 104e mondial au début de Roland-Garros, l'Italien a bluffé absolument tout le monde pour se hisser jusqu'en demi-finales ce vendredi face à son compatriote Flavio Cobolli. Malgré quelques références sur terre battue, il n'a jamais été promis aux derniers tours des tournois du Grand Chelem, encore moins cette saison, qui avait particulièrement mal commencé.

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C'est un miracle. Comment pourrait-il en être autrement ? Matteo Arnaldi est en demi-finales ce vendredi à Roland-Garros et il n'est pas dit qu'il s'arrête là. Opposé à son ami Flavio Cobolli, l'Italien devra créer une nouvelle surprise pour passer un tour de plus mais il ne fait plus que ça depuis deux semaines. 104e mondial, il est déjà en demies. Alors, comment et pourquoi ?
Il faut d'abord éviter un premier malentendu : Arnaldi figure actuellement hors du top 100, mais cela ne rend pas honneur à son niveau véritable. L'Italien de 25 ans a figuré dans le top 50 entre septembre 2023 et août 2025, notamment grâce à de bonnes performances sur terre battue (tel un 1/8 de finale porte d'Auteuil en 2024), avant qu'une blessure à un pied ne fasse basculer sa carrière dans l'obscurité. Avant de poser ses semelles sur l'ocre cette saison, Arnaldi n'avait gagné aucun match dans un tableau principal. Zéro. "J'allais chuter à la 150e place, je ne jouais pas, rembobinait-il cette semaine. J'étais dans un tunnel et je ne voyais pas la lumière."

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Après une défaite au premier tour des qualifications du Masters 1000 de Madrid, l'Italien s'inscrit au Challenger de Cagliari fin avril. Contre Federico Arnaboldi (441e mondial) et Juan Manuel Cerundolo (vainqueur de Jannik Sinner au deuxième tour de ce Roland-Garros), il enchaîne deux victoires pour la première fois de la saison. L'air sarde le revigore. "J'ai découvert qu'après trois matches, mon pied allait mieux, que ce n'était pas si grave. Ça a été le déclic. J'ai compris que ça allait, que ce n'était pas impossible de jouer." Il gagne le tournoi en battant Hubert Hurkacz en finale.
La confiance revient. L'Italien passe deux tours au Masters 1000 de Rome, il bat même Alex De Minaur. En arrivant à Paris, il restait donc un joueur dangereux à affronter au premier tour malgré sa place au classement ATP ; la tête de série n°29 Tallon Griekspoor en fait les frais. Le tournoi aurait pu s'arrêter là, Arnaldi l'aurait considéré réussi. Il avait à peine commencé. Une fois écarté un Stefanos Tsitsipas un peu décadent, le Sanrémasque entre dans une spirale extraordinaire.
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Deux monuments, et de la réussite

Pendant que les poids lourds tombent un par un dans sa partie de tableau, Arnaldi sort indemne de deux bagarres interminables. Plus de cinq heures de match et une victoire au super tie-break contre Raphaël Collignon. Deux jours plus tard, cinq heures trente de match et une victoire 6-4 au cinquième set contre Frances Tiafoe. Il relance tout, rattrape tout, fait jouer le coup de plus à ses adversaires. L'Américain quitte le court écœuré. "A un moment, ce n'était même plus du tennis, c'était quelque chose d'autre", s'émerveille à voix haute le Transalpin après sa victoire.
L'éclopé d'hier est devenu un Spartiate : personne n'avait passé autant de temps sur le court avant de jouer une demi-finale de Grand Chelem (19 heures et 42 minutes). Arnaldi devait même avoir de la marge puisqu'il a vécu un quart de finale plutôt tranquille. Gêné à la hanche gauche, Matteo Berrettini a été contraint de jeter l'éponge avant la fin du deuxième set. Le malheur de l'un fait le bonheur de l'autre : Arnaldi passe en demies sans perdre d'énergie. Il est ainsi le plus mal classé à arriver à ce stade chez les hommes à Roland-Garros au XXIe siècle. C'est à se demander ce que pourra bien y faire Cobolli, si l'enchantement persiste...
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