Roland-Garros - Pour Moïse Kouame, c'est quoi la suite ? "Que ce soit devant 10 000 ou 5 personnes, c'est pareil pour moi"

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Pour Moïse Kouame, la folie de Roland-Garros va prendre fin. Le Français de 17 ans a été battu par le Chilien Alejandro Tabilo au troisième tour et doit désormais reprendre le fil d'une carrière dont il vient forcément de connaître le point culminant. Retourner s'aguerrir sur des tournois plus modestes ne semble pas le gêner le moins du monde ; le voici déjà concentré sur le Challenger de Lyon.

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Toutes les bonnes choses ont une fin. Il a emballé toute la France cette semaine à Roland-Garros, mais Moïse Kouame ne pouvait pas fait durer la magie éternellement porte d'Auteuil et Alejandro Tabilo s'est chargé de le rappeler à tout le monde samedi en le privant des huitièmes de finale. Pour revoir l'ado de Sarcelles partout à la télé, il faudra au moins attendre l'année prochaine : d'ici là, le train-train de l'ex-318e mondial (qui devrait monter autour de la 214e ce lundi) va reprendre.
Kouame a beaucoup appris en une semaine. Sur son corps, sur sa résistance à la pression, sur son sens du spectacle et du show. Il lui faut pourtant tourner la page, aussi belle soit-elle, pour envisager la suite. "Je suis déjà focus sur la récupération pour pouvoir arriver le mieux possible à Lyon, le prochain tournoi que je vais jouer", se projetait-il déjà en conférence de presse samedi soir. Dès le 8 juin, il prendra part à l'Open SopraSteria (ATP Challenger) aux côtés de Valentin Royer, Alexandre Müller, Clément Tabur et d'autres joueurs français qui ont aussi disputé les premiers tours de cette édition de Roland-Garros.

Le yo-yo, Kouame connaît

Ce n'est pas manquer de respect au tournoi organisé par le Tennis Club de Lyon que de dire que l'écart de notoriété avec le Grand Chelem parisien est vertigineux. Alors, Kouame redoute-t-il cette rentrée dans le rang ? "On m'avait posé la même question quand je suis passé du Masters 1000 de Monte-Carlo à un "25 000" (à Santa Margherita di Pula, en Sardaigne au mois d'avril). On m'avait dit : 'Est-ce que la transition n'est pas un peu dure ?' J’avais dit que non, et j'ai gagné le tournoi", a-t-il rétorqué avec un brin de malice dans la voix.
"Passer de Roland-Garros à Lyon ne va pas être une transition qui va être dure parce que je joue chaque match comme si c'était le dernier, s'est étendu Kouame. Quand je joue un match, je ne viens pas en me disant : 'Je suis à Roland-Garros', 'Je suis à Lyon' ou 'Je suis en Italie'. Non, je vais sur le terrain, j’essaie de mettre les objectifs en place, fixés avec l'équipe avant. Peu importe l'endroit. Je reste concentré sur moi." Se concentrer sur soi n'empêche pas de prendre en compte l'environnement dans lequel on joue, et jouer avec son nom scandé à l'unisson par tout le court Suzanne-Lenglen est une expérience que l'on ne vit pas tous les jours.
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Si j'ai des mois un peu compliqués, c'est normal
Kouame en a pris plein la vue, mais revenir à la normalité ne lui pose pas de problème. "Que ce soit devant 10 000 personnes ou cinq personnes, c'est pareil pour moi. Quand c'est devant 10 000 personnes, tu as 10 000 personnes qui t'encouragent et te poussent. Quand tu as cinq personnes, c'est un peu différent. Les cinq personnes, ce sont les cinq personnes de l'équipe, donc les cinq personnes les plus importantes. Au final, tant qu’elles sont avec moi, il n'y aura pas de souci."
Il n'a fait que le formuler, certes, mais le Sarcellois paraît préparé à ce que ses résultats ne soient pas aussi brillants. "Si après ce tournoi, j'ai des mois un peu compliqués, c'est normal, cela fait partie de la vie d'un sportif. Et si tout roule très bien, tant mieux, je touche du bois. Le plus important, c'est de me concentrer sur moi, ce que je fais en match, et rester heureux, que ce soit à Roland ou n'importe où. Je n'enlève rien à ce que j'ai fait cette semaine, mais le plus important, c'est de continuer à bien jouer, continuer à bien s'entraîner, et continuer à être heureux sur le terrain." En un anglicisme : trust the process. Après tout, c'est bien ce process qui l'a emmené au troisième tour porte d'Auteuil. Pas de raison de s'en affranchir.
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