Roland-Garros - Quarts de finale - Alexander Zverev - Rafael Jodar - "Quand Sascha a appris que c'était lui, il a grimacé" : La menace Jodar
Par Glenn Ceillier
Publié 02/06/2026 à 00:11 GMT+2
Grand favori après les différentes défections, Alexander Zverev va se frotter mardi à Rafael Jodar en quarts de finale de Roland-Garros. Un duel face à un gamin de 19 ans qui va découvrir l'ambiance d'un quart de finale en Majeur. Mais l'Espagnol, qui a explosé sur terre cette saison, n'a clairement pas peur. Il compte même bien en profiter au maximum. Et ce n'est pas la meilleure nouvelle possibl
"On est toujours très dur avec Zverev, alors que c'est un joueur fantastique"
Video credit: Eurosport
Il va entendre des "Vamos Rafa!" descendre des tribunes. Et si ça va lui rappeler la grande époque de Rafael Nadal (14 titres à Paris), Alexander Zverev espère bien calmer une nouvelle fois les bouillants supporters espagnols. C'est quand même lui le dernier à avoir battu le maître des lieux à Roland, lors du premier tour en 2024 (6-3, 7-6, 6-3). Alors, il espère encore remettre ça face à la nouvelle sensation du tennis ibérique, Rafael Jodar. Mais c'est cependant un piège qui se présente. Et l'Allemand en a bien conscience.
Alors que tout le monde le place désormais comme le grand favori avec le forfait de Carlos Alcaraz puis les défaites surprises de Jannik Sinner et Novak Djokovic, Alexander Zverev se retrouve dans la position inconfortable de l'homme qui n'a pas droit de rater l'occasion qui se présente. Et avec un quart de finale à jouer face à un gamin qui n'a lui rien à perdre et joue le feu cette saison sur terre battue, où il partage le record de victoires en 2026 avec Jannik Sinner. "C'est la révélation de la saison. Il joue comme un déchaîné, surtout sur terre battue. Quand Sascha a appris qui il allait affronter, il a légèrement grimacé. C'est un véritable défi, un véritable test pour lui", confirme la légende allemand devenue consultant Eurosport, Boris Becker.
C'est sympa d'être le joueur qui commence à percer, il n'y a pas de pression
A 19 ans, Rafael Jodar ne cesse de monter en flèche. Et de se faire un nom sur le circuit, où il fait de plus en plus peur comme le confirme Becker. Il suffit de jeter un coup d’œil sur son évolution au classement pour comprendre les frissons qui accompagnent ses déplacements. Début 2025 après avoir gagné l'US Open juniors en 2024, le Madrilène était 896e mondial. Et en commençant cette année, il pointait à la 165e place mondiale après avoir multiplié les Challengers où il s'est déjà mis en évidence. Aujourd'hui, son bond est juste lunaire. Il est déjà virtuellement 23e mondial. Et 9e à la Race !
Fou pour un gamin que l'on n'avait pas forcément vu venir. Mais le déclic que certains attendent toute une vie a eu lieu lors de son tout premier titre sur le circuit principal en avril à Marrakech. Depuis, il s'est mué en terreur. Il a enchaîné avec une demie à Barcelone puis deux quarts aux Masters 1000 de Madrid et Rome. Et le revoilà au même stade à Roland. Son premier grand huit d’un Majeur pour sa deuxième tentative seulement ! A 19 ans.
S'il ne montre pas grand-chose sur le court sur le plan émotionnel, le Madrilène, qui a enchaîné une deuxième victoire en cinq sets d'affilée en écartant dimanche 4-6, 4-6, 6-1, 6-2, 6-2 son compatriote Pablo Carreno, ne cesse d'impressionner ses adversaires par sa capacité à gérer les événements et agresser sur le court. "Il pourra très bientôt rivaliser avec Jannik (Sinner) et Carlos (Alcaraz). Il est évident qu'il a les capacités d'atteindre ce niveau. Il est très jeune et il a encore une grande marge de progression", a prédit déjà Carreno. De quoi en faire trembler plus d’un.
J'ai déjà joué contre Sinner à Madrid, donc j'ai une idée du niveau
Mais le vrai problème de Zverev est peut-être ailleurs. Alors qu'ils ne se sont jamais affrontés encore, Rafa Jodar va débarquer pour ce quart de finale sans pression. Avec l'envie d'en profiter au maximum. Et l’Allemand qui s’est retrouvé un peu dans cette situation au début de sa carrière sait de quoi on parle. "C'est une période agréable. C'est sympa d'être le joueur qui commence à percer, parce qu'il n'y a pas de pression. On joue librement. On vit toutes ces grandes expériences pour la première fois. C'est vraiment sympa d'être dans cette situation", a reconnu le joueur le mieux classé dans le tournoi.
"Ce sera une expérience formidable, a d’ailleurs confirmé Jodar. C'est le genre de matches dont on rêve enfant, en regardant les tournois du Grand Chelem à la télévision. Je vais tout faire pour en profiter au maximum. Je vais donner le meilleur de moi-même et savourer ce match, car ce n'est pas tous les jours qu'on affronte le numéro 3 mondial en quarts de finale de Roland-Garros. Je suis donc très content du déroulement de la semaine et de la saison."
Déjà satisfait de son parcours – en toute logique étant donné son âge et sa trajectoire -, Rafa Jodar va donc essayer de jouer pour le plaisir. Et ça peut être encore plus dangereux pour un Zverev sous pression. Surtout que le gamin n'a clairement pas de craintes avant de se frotter à un CV comme le sien. "J'ai déjà joué contre Sinner à Madrid, donc j'ai une idée du niveau, a-t-il prévenu alors qu'il avait perdu en deux sets devant son public face à l'Italien en quart non sans démériter (6-2, 7-6). J'essaierai de profiter de cette opportunité et d'en tirer beaucoup d'enseignements, et bien sûr d'y aller à fond et avec la même conviction que lors des autres matches : si je fais les choses bien, je peux remporter la victoire." Zverev est prévenu. Et a du souci se faire.
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