Roland-Garros - Retour sur la finale Alcaraz-Sinner de 2025 - Amélie Mauresmo : "On avait basculé dans un autre monde"

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La finale de l'édition 2025 entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner restera inoubliable. 5h29 d'un spectacle ébouriffant à la dramaturgie exceptionnelle avec, au bout, la victoire de l'Espagnol (4-6, 6-7, 6-4, 7-6, 7-6). Ce fut sublime et cruel. Un an plus tard, Amélie Mauresmo la directrice de Roland-Garros, revient pour nous sur ce chef-d'œuvre instantanément entré dans la légende du tennis.

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Video credit: Eurosport

Propos recueillis par Arnold MONTGAULT
Quelle est la toute première image qui vous vient à l'esprit quand vous pensez à la finale 2025 entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner ? 
Amélie Mauresmo : Je crois que la première image que j'ai en tête, c'est l'accolade à la fin entre les deux joueurs, alors qu'ils viennent de nous livrer un combat exceptionnel. Au-delà de la victoire pour Carlos. Parce qu'il faut être deux pour avoir cette partition de cinq heures et demie. Donc c'est ça que je retiens. D'ailleurs, on a re-regardé beaucoup d'images en préparation de cette édition 2026. Et ce sont les plus fortes.
Quelles étaient vos attentes à partir du vendredi soir, une fois l'affiche connue ?
A.M. : Il y a beaucoup de choses. On connait le niveau d'attente de tous, y compris le nôtre, par rapport au niveau des deux joueurs, à leurs confrontations qui ont souvent été incroyables. Mais on a aussi beaucoup de choses à gérer. Il y a la finale dames le lendemain. Donc on avance étape par étape. Les attentes, je pense qu'elles sont quand même davantage en dehors qu'au sein de l'organisation. Nous, on a géré, chacun dans son domaine, à son poste, des petits détails pour que tout fonctionne bien. Nous sommes concentrés sur le process et sur le fait qu'ils puissent, eux, arriver dans les meilleures conditions et pour que le public, les téléspectateurs, puissent profiter du mieux possible du spectacle.
Parmi ces détails, y a-t-il beaucoup de demandes d'invitations et de places, compte tenu de l'affiche ?
A.M. : Oui, il y en a. Des personnages connus qui veulent venir, en présidentiel. Mais ça, c'est géré par les services qui sont sollicités à ce moment-là. On est quand même rodé, au-delà de moi, à ce genre de demandes de dernière minute dans des moments un peu extraordinaires.
Avez-vous des souvenirs de personnalités en particulier ?
A.M. : Celui qu'on a le plus vu, je pense, c'est Spike Lee. Il était possédé. Complètement dans le match, dans la finale. Il a marqué les esprits, c'est vrai. Après, je pourrais vous citer beaucoup d'autres noms, mais vous les avez vus pendant le match, j'imagine. Ils ont eu la chance d'être témoins ce ça.
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Spike Lee en train d'encourager Carlos Alcaraz lors de la finale 2025.

Crédit: Getty Images

C'est une aubaine, aussi, en tant qu'organisatrice, d'avoir cette affiche Alcaraz-Sinner, qui n'avait encore jamais eu lieu en Grand Chelem, non ?
 A.M. : Je ne vais pas vous le cacher, on était très content, effectivement, d'être les premiers à les avoir ensemble dans une finale de Grand Chelem. En tant qu'organisatrice, mais aussi en tant qu'ancienne joueuse, qu'amatrice de tennis, j'avais hâte que ça arrive pour voir ce que ça allait donner. Parce que les attentes sur le papier, les miennes, celles des observateurs, des journalistes, c'est une chose, mais ce qu'ils vont faire, eux, sur le terrain, comment ils vont aborder les choses mentalement, gérer tactiquement, et tout ce qui va en découler, ça, c'est une autre histoire.
Comment les avez-vous sentis avant la finale ? Le matin, ou juste avant, à l'échauffement...
A.M. : Je ne les ai pas croisés avant. D'une manière générale, je ne cherche pas du tout à croiser les joueurs ou les joueuses avant ces moments-là. En revanche, à l'écran, je jette un coup d'œil sur l'échauffement, pour voir. Et il n'y a pas un moment où je me suis dit 'Tiens, il y a plutôt un signe de ci, ou un signe de ça". Non, même sur leurs visages, en rentrant sur le court, je n'ai rien vu de différent de d'habitude chez eux.
Cette finale, vous allez la suivre au bord du court, dans le coin, de la première à la dernière minute...
A.M. : C'est fabuleux de pouvoir vivre ce moment-là à cet endroit-là, parce qu'on voit les choses tellement bien. C'est aussi un peu stratégique. C'est l'entrée et la sortie du court. S'il se passe quelque chose, quoi que ce soit, c'est facile d'intervenir. Je peux aussi aller dans mon bureau très rapidement si nécessaire. Après, je n'avais pas forcément anticipé que ça durerait cinq heures et demie…
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Amélie Mauresmo à sa place préférentielle sur le Chatrier, juste au bord du court.

Crédit: Getty Images

Vous n'avez pas eu trop mal aux jambes ?
A.M. : C'est vrai qu'au bout d'un moment, ça commence à tirer un peu... J'aurais mieux fait d'anticiper un peu plus et de prendre une chaise ou quelque chose. Mais en même temps, c'était rigolo. Je suis très rarement partie de cet endroit-là pendant la finale. Je suis là en cas de besoin, pour le boulot, mais notre travail, quand la finale a commencé, il est presque terminé finalement. Chacun est à son poste et sait ce qu'il a à faire. Donc j'en ai profité.
Vous parvenez à oublier votre rôle et à savourer le spectacle à ce moment-là ?
A.M. : Oui, on est dans le match. J'ai halluciné de ce qu'ils ont produit, en termes de niveau de jeu, d'intensité physique, de force mentale. Il y avait tout. Ils arrivaient à jouer ce niveau avec une telle vitesse, une telle précision... Et puis, ils ont géré d'une façon hallucinante les changements de "momentum". Les deux, jusqu'au bout. Vraiment. Ça m'a beaucoup impressionnée.
Qu'est-ce que vous admirez le plus chez Carlos Alcaraz ?
A.M. : Son état d'esprit, ce qui se dégage de lui. Bien sûr, le niveau de tennis qu'il est capable de produire est extraordinaire. Mais il y a cette capacité à partager, à entraîner un peu tous les gens avec lui, ceux qui sont là, probablement aussi ceux qui sont devant leur télé. Il embarque tout le monde. Au-delà du joueur qu'il est, de l'athlète, c'est vraiment une qualité supplémentaire. C'est le petit extra.
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Carlos Alcaraz avec la coupe des Mousquetaires.

Crédit: Getty Images

Et chez Jannik Sinner ?
A.M. : Je ne dirais pas l'inverse, parce que lui aussi, à sa manière, est capable d'embarquer, mais c'est surtout cette capacité à garder la tête froide. Particulièrement dans cette finale, d'ailleurs. Regardez comment il se relève de la perte du quatrième set. Un moment hyper difficile à gérer pour lui. Mais il a cette espèce de flegme pour rester dans le process. Il est moins dans le feu, c'est quelque chose de plus posé.
Cette forme de contraste est-elle importante dans leur rivalité, dans toute rivalité ?
A.M. : En tout cas, entre eux, ça fonctionne je trouve. Si on se replonge dans les rivalités du passé, on a souvent eu ces différences plus ou moins marquées, entre les personnalités d'un Federer et d'un Nadal, d'un Djokovic et d'un Federer, ou même entre Sampras et Agassi, Edberg et Becker si on remonte un peu plus loin. Oui, c'est intéressant de voir qu'on a souvent eu… je ne dirais pas forcément le feu et la glace, mais c'est un petit peu ça quand même.
Concernant ces deux-là, à quel moment avez-vous compris que cette rivalité serait spéciale ?
A.M. : Peut-être avec le match qu'ils ont livré à l'US Open en 2022. Je crois que c'était en quarts, si mes souvenirs sont bons (c'était effectivement en quart de finale, NDLR). Là, on pouvait commencer à se dire 'Ces deux-là, ils vont marquer le tennis pendant un certain nombre d'années'. Après, ils pouvaient se passer beaucoup de choses, on ne sait jamais, mais quelques années après, ils sont encore là. Mais avant Roland-Garros l'année dernière, il leur manquait encore cette finale de Grand Chelem en commun.
Vous n'aviez pas de doutes quant aux capacités de Jannik Sinner sur terre battue ?
A.M. : Non. Quand j'entraînais Lucas Pouille, je l'avais vu à Monaco. À l'époque, il faisait le sparring. Il était avec Ricardo Piatti et en le voyant, je m'étais dit : 'Ouah, le gars, il a 16 ans, il envoie.' Il déroulait son jeu de façon incroyable sur terre battue. Donc, ayant vu ça, ça n'a jamais été un sujet pour moi. Peut-être que c'était un peu plus naturel pour lui de s'exprimer sur dur, mais je le voyais très fort partout.
Malgré tout, beaucoup de gens plaçaient Carlos Alcaraz en favori, non ? Il venait de le battre à Rome, il était tenant du titre à Roland-Garros…
A.M. : On pouvait le penser, effectivement, oui. Mais ils sont tellement proches que ça pouvait tourner d'un côté ou de l'autre.
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Et une amortie pour achever Sinner : la balle de titre d'Alcaraz en vidéo

Video credit: Eurosport

Quand Jannik Sinner mène deux sets zéro, est-ce que vous vous dites que cette finale si attendue risque de faire flop ?
A.M. : Non, je ne réagis pas du tout comme ça. Je suis plus à observer ce qui est en train de se passer, à observer la domination de Jannik dans le jeu à ce moment-là, comment il a abordé son match, comment il le gère. Mais je ne suis jamais en mode 'C'est décevant'. Pour moi, ce n'est pas un critère. C'est du sport. Je regarde et je constate ce qui se passe, c'est tout.
À aucun moment vous ne vous projetez ?
A.M. : En fait, je ne me pose pas la question. Je vis le moment. Puis on sait que le tennis, c'est un peu un sport de fou. Il peut se passer des choses. Ce n'est pas toujours le cas, mais ces gars sont d'immenses champions capables de tout. Donc on ne peut jamais se dire : 'C'est fini, c'est plié, ça va faire trois sets.'
Qu'est-ce que Sinner fait de mieux qu'Alcaraz dans ces deux premiers sets selon vous ?
A.M. : Il joue bien les points importants, il saisit les opportunités, il est hyper précis. Il rate beaucoup moins. Tout est clair dans sa tête, son jeu, sa mission.
Pourtant, Carlos Alcaraz va revenir dans ce match au point de le faire basculer. Pourquoi et comment à votre avis ?
A.M. : C'est difficile à dire. Est-ce qu'il se rebelle un peu ? Est-ce qu'il serre le jeu un peu plus ? Il se remobilise dans sa tête ? Est-ce qu'il prend un peu plus sa chance et ça finit par passer ? Il va bousculer un peu plus Jannik. Mais tout ça, c'est infime. C'est tellement faible et microscopique ces changements-là. Sauf que ça peut faire de grosses différences. A chaud, c'est difficile de voir ces petites choses-là. Quand on revoit le match, on voit tout ça, c'est assez intéressant et rigolo.
Le moment-clé, c'est évidemment à 5-3, 0-40, dans le quatrième set...
A.M. : Bien sûr. Là, tu te dis : Sinner a eu trois balles de match d'affilée, mais bon, ce n'est pas sur son service.' Mais on sent qu'il peut encore se passer des choses, tout peut se relancer et repartir dans l'autre sens.
À titre personnel, sur ces trois balles de match, êtes-vous déjà dans l'après ? Le protocole, tout ce qu'il y a à gérer, etc. ?
A.M. : Il y a une petite animation évidemment, quand on sait que ce sont peut-être les derniers points, puis le dernier point. Il y a des gens qui vont devoir entrer très vite sur le terrain, il va falloir monter le podium, s'occuper des joueurs. Mais moi, je suis là, déjà au bord du court, donc ça ne change pas grand-chose. En revanche, oui, derrière moi, ça commence à s'activer un peu.
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Jannik Sinner et Carlos Alcaraz à Roland-Garros en 2025.

Crédit: Getty Images

Est-ce que vous remarquez que Carlos Alcaraz s'encourage encore énormément à 0-40, alors que son clan a l'air abasourdi, presque désespéré ?
A.M. : Je n'ai pas vu le contraste entre Carlos et son clan mais lui, oui, on voit qu'il ne perd jamais le fil. C'est ça qui est impressionnant. Le gars, il sert à 0-40 et on sent qu'il se dit 'Je peux le faire'. Mais je ne veux pas oublier que Jannik, lui aussi, va revenir derrière. Ces deux-là, ils ont quelque chose de plus, de la trempe de ceux qui les ont précédés et qui ont laissé la place, et d'un Novak qui, lui, est toujours là.
Vous avez vécu ces moments-là. Vous avez servi pour un titre en Grand Chelem, vous avez sauvé des balles de match dans certaines rencontres. Ce que vous vivez-là, ça parle à l'ancienne championne ou est-ce la patronne de Roland-Garros qui vit le moment ?
A.M. : Au-delà du fait que ça me parle, ce que j'aime, c'est observer les réactions de chacun à ce moment-là. Je trouve ça fascinant. On apprend beaucoup en regardant. J'avais envie de ce match, pour observer ces instants-là. C'est une joie d'observer tout ça. Des petites fluctuations dans les gestes et les attitudes. Je ne sais pas, il y a plein de détails passionnants à relever.
A quel moment avez-vous senti ou compris que l'on basculait vers quelque chose qui pouvait devenir historique, entrer dans la légende ?
A.M. : A la fin du quatrième, évidemment. On commence à se dire qu'on va être dans un truc de fou. On voit aussi l'horloge qui tourne. Et au début du cinquième, l'inconnu est total. Oui, là, je me dis qu'on vit un moment extraordinaire. Une finale de Grand Chelem, c'est toujours fascinant, mais là, on passe encore au-dessus.
Vous hiérarchisez à chaud avec d'autres grandes finales ?
A.M. : C'est toujours difficile de comparer, mais je sais que ce match est fou. Je vois les gens dans le stade qui hallucinaient. Même nous, on hallucinait. On était là au bord du court à se dire : 'Ce n'est pas réel'. Par le niveau de jeu, les coups, la façon dont ils se répondaient, le score, la durée… C'était hallucinant, oui. Un spectacle de ce niveau-là pendant cinq heures et demie. Au niveau tennis, physique, précision, tout était rassemblé.
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Video credit: Eurosport

Le dernier set va parachever ce chef-d'œuvre. Le break d'Alcaraz, Sinner qui revient, le super tie-break pour finir. Vous vous attendiez à quoi au début de cette cinquième manche ?
A.M. : Je n'attends rien. J'observe, vraiment. Je prends le truc comme il vient en sachant qu'il peut tout se passer. Mais ce que je ne vois pas venir, c'est la façon dont Jannik va s’accrocher après avoir été breaké très tôt. Il vient de perdre le quatrième, il a eu des balles de match. C'est compliqué dans sa tête, et même physiquement, on le sent. Pourtant, il se remet en ordre de marche. C'est là où c'est très fort. Il n'est pas loin d'aller gratter la victoire. Franchement, il m'a impressionné.
Le super tie-break, quel souvenir en gardez-vous ?
A.M. : Je ne me souviens même plus du score final exact ni même du déroulement précis. Pour moi, on avait basculé dans un autre monde. Avec l'équipe, on se regarde, on se dit que c'est fou ce qu'ils ont proposé. Jusqu'au bout. Mais l'image que je revois, et j'y reviens, c'est leur accolade à la fin. C'est presque dommage qu'il y ait un vainqueur.
Quand vous revoyez les images de la balle de match, cela vous inspire quoi ?
A.M. : Carlos est juste devant nous quand il s'écroule. C'est d'abord lui qu'on regarde. Et puis, très vite, Jannik arrive, il a passé le filet. Ils sont top tous les deux en termes de fair-play. Ils sont très rapidement ensemble. Encore une fois, c'est ça, pour moi, l'image de cette finale.
Le bilan de Carlos Alcaraz en cinq sets est exceptionnel...
A.M. : Peut-être qu'il pourrait l'expliquer mieux que quiconque par rapport à ce qu'il se passe dans sa tête et dans son corps. Peut-être sa faculté à avoir une prise de risque supplémentaire par rapport à d'autres. Peut-être une gestion émotionnelle. Nous, ce qu'on peut voir en tout cas, c'est qu'il continue de s'engager totalement, à prendre sa chance, à ne pas en laisser passer une quand il la voit. Il faut tenir physiquement dans une fin de match comme ça, mais la force mentale est décisive.
On sent beaucoup d'empathie chez vous dans ce que vivent et ressentent les joueurs. Notamment le perdant, Jannik Sinner...
A.M. : On compatit et dans la victoire et dans la défaite. Je suis sincère quand je dis que c'est dur pour moi que l'un sorte vainqueur et l'autre vaincu. Ils ont joué chaque point comme si leur vie en dépendait. Après le match, je suis allée dire un mot à chacun. Jannik, je me dis que c'est dur pour lui. J'ai juste envie de lui dire que je suis triste pour lui. C'est dur. Il est là, assis, dans la détresse. Je me projette un peu, bien sûr.
Qu'est-ce qui domine chez vous au bout d'une journée comme ça ? La fatigue ? l'émotion ?
A.M. : On est tous épuisés, mais c'est fou. Quand je regarde du sport, j'aime les émotions, ça me touche toujours beaucoup. D'ailleurs, si je suis à la tête de Roland-Garros aujourd'hui, c'est pour l'émotion. Il faut que ce soit de l'émotion pour tout le monde. C'est une émotion de joie, je dirais, cette finale. J'ai même un peu la larmette qui vient. Je suis spectatrice à ce moment-là, je ne suis pas directrice. Je vis le moment comme je le vis quand je regarde les Jeux Olympiques. Pour moi, c'est ça le sport. La joie, la tristesse. L'émotion du moment.
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Jannik Sinner, déçu après la défaite face à Carlos Alcaraz à Roland-Garros en 2025

Crédit: Getty Images


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