"Sur la ligne", la chronique quotidienne de Nicolas Mathieu, épisode 12 : pourquoi Zverev ne gagnera pas

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Toute cette quinzaine, l’écrivain Nicolas Mathieu et le dessinateur Pierre-Henry Gomont posent leurs regards croisés sur l’édition 2026 du tournoi de Roland-Garros. Des textes et des dessins chaque jour pour dire autrement ce grand moment de tennis qui est pour eux bien plus qu’un sport. Ce jeudi, la perspective d'une qualification d'Alexander Zverev intrigue l'auteur dans un tournoi renversant.

Le tableau des demi-finales femmes, une bonne raison de croire qu'Alexander Zverev ne gagnera pas

Crédit: Eurosport

Jusqu’à tout récemment, l’écosystème tennis tenait la route. Il disposait d’un biotope (tournois majeurs, Masters 1000, etc.) et d’une chaîne alimentaire. Au sommet, deux bêtes féroces, indiscutées dans leur empire. Carlos Alcaraz et Jannik Sinner. Chez les femmes, c’était un peu moins clair mais nous avions une numéro 1 assez prédatrice en Sabalenka et quelques spécimens dominateurs avec Coco Gauff, Rybakina, Swiatek. 
Le problème et la beauté d’un écosystème, c’est l’interdépendance. Tout se tient, miracle de dentelière. Mais qu’il manque un maillon, un point de croix et tout l’ensemble risque l’effondrement. Ainsi de l’abeille qui pollinise. L’histoire est connue. 
Ce qui est terrible dès lors, motif d’émerveillement et de terreur, c’est la réaction en chaîne comme à Tchernobyl.
Tentons une hypothèse. En mai, à Madrid, Alcaraz se blesse au poignet. Il est forfait. C’est peu de choses, minuscule coup dur qui affecte modérément les équilibres du circuit. 
Autre accident en première semaine des Internationaux de France. Sinner succombe à la chaleur. C’est alors comme si toutes les tensions, vigilances, tous les qui-vive, espoirs et fatalismes qui organisaient jusque-là la planète tennis se déréglaient.
La météorite a frappé, le soleil se voile, baisse des températures, biodiversité en dégringolade. Après 165 millions d’années de règne, les dinosaures trépassent. Au tour des petits mammifères.
Évidemment, la métaphore a ses limites. Mille autres raisons peuvent expliquer le grand tohu-bohu de cette édition 2026 sans queue ni tête. En attendant, c’est l’anarchie et les espèces se déchirent sans qu’on puisse prédire l’issue du tournoi.
Mais vu l’entropie qui a gagné le système, je tente un pronostic qui n’a pas de sens sinon sa conformité avec l’ambiance. Ce week-end, Zverev, le favori, manquera sa chance. C’est la logique de ce moment qui n’en a pas. 
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