SIMPLE MESSIEURS, finale
Gaudio (Arg) bat Coria (Arg, 3) 0-6, 3-6, 6-4, 6-1, 8-6
Le ciel était bleu des deux côtés du court central, le soleil brille au-dessus et c'est toute l'Argentine du tennis qui avait les yeux fixés sur un bout de terre parisien dimanche après-midi. Devant Guillermo Vilas, dernier vainqueur en 1977, Gaston Gaudio et Guillermo Coria ont lutté pendant plus de trois heures en finale des Internationaux de France.
ROLAND-GARROS
Feux de la rampe, Terre de cinéma
07/06/2004 À 16:53
Un seul pays à l'honneur, un seul vainqueur possible à l'arrivée mais en fin de compte, il n'est pas possible de parler d'un seul match. Après l'expéditive finale dames de la veille, le déséquilibre flagrant entre les deux joueurs au classement ATP laisser planer l'ombre des quatre dernières finales messieurs. Des matches où l'inexpérience avait trop pesé.
Première partie : le "non-match"
Une heure seulement après le début de la rencontre, le pire était déjà envisageable. Accablé par la pression qui entoure l'événement, à côté du sujet, de ses pompes et de sa raquette, Gaston Gaudio est mené 0-6, 3-6. Coria joue bien, sans forcer, un peu en spectateur de son propre match. Les points défilent devant un public abasourdi par ce match cauchemardesque. Certes, à 0-6, 3-5, Gaston avait réussi son premier break de la partie. L'honneur était sauf.
Deuxième partie : une "ola" décisive
A 3-2, dans la troisième manche, Gaston s'est offert un deuxième break intéressant : pour la première fois le natif de Buenos Aires a pris la tête au score. Personne ne s'est enflammé bien sûr, à raison. Car lors du jeu suivant, Coria a débreaké. 3-3, bon, enfin un match de tennis sympathique à suivre. Les tribunes décident donc de transformer une banale raclée en match d'anthologie. A 4-3 pour Coria, une "Ola" est déclenchée pendant dix minutes. Gaudio laisse tomber sa raquette et applaudit. A 4-4, Gaston la gaffe redevient un "winner" et crie "Vamos" en souriant au public.
Chauffés à blanc par le public, les deux joueurs changent de match. Gaudio se libère libéré et Coria explose en commettant 11 fautes directes dans le 3e set dont la plupart lors des jeux décisifs. A 5-4 pour Gaudio, Coria perd son engagement à 0/40. Deux sets à un.
Troisième partie : le "non-match" suite et fin
Guille, le "magicien" de Rufino, attaque curieusement toutes les balles dès le début du quatrième set. Coups gagnants ou rien. Et finalement, rien. SI ce n'est un stress important qui se traduit par des crampes généralisées. Coria fait venir le kiné exactement comme à Hambourg en 2003, face à un certain Gaudio. A cette époque, Coria l'avait finalement emporté 6-1 dans le dernier set. Ce dimanche, à 1-2 dans le 4e set, il tente le même pari. Le match s'arrête ou presque. Les jeux défilent, et personne ne sait si Coria bluffe, souffre ou s'amuse avec son propre destin.
Dernière partie : le dénouement
La cinquième manche a offert un spectacle étonnant et curieux, disons "bizargentin" pour résumer cette histoire insensée entre deux compatriotes. Toujours perclus par les crampes, Coria a enfin retrouvé son envie de mordre dans la balle. Toujours nerveux, Gaudio n'a jamais vraiment décrispé. Les deux joueurs ont donc offert un spectacle aussi incompréhensible que dramatique. Des breaks et débreaks à répétition, des coups d'éclats et des coups petits bras. Un condensé de tournoi sur un set.
Mené 3-1, Gaston est d'abord revenu à 4-4. A 5-5, Coria n'arrive plus à servir mais joue le feu dans l'échange. Gaudio fait courir son adversaire mais reste imprécis. A 6-5, Coria sert pour le match. Gaudio casse une corde à 30/40, balle de break en sa faveur et laisse son adversaire faire deux fautes sur deux balles de match. A 7-6, Gaudio a compris qu'il devait attaquer pour gagner les points. A 8-6, le match s'arrête vraiment cette fois-ci. Un Argentin a gagné.
A 25 ans, Gaston Gaudio avait déjà réalisé son rêve, atteindre la finale de Roland-Garros. Quand Guillermo Vilas et John McEnroe lui ont tendu le trophée dimanche, il n'avait pas encore compris que c'était lui le vainqueur d'un match qu'il aurait pu perdre cent fois.
Premier titre du Grand Chelem pour Gaston Gaudio, 44e joueur mondial.
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