Comment vivez-vous la situation en ce moment ?

Simona Halep : En Roumanie, ça va assez mal. Tous les événements ont été annulés et tout est fermé. Nous avons environ 2000 cas de coronavirus et il n’y a tant de morts que ça pour le moment, mais ça empire parce que beaucoup de gens viennent d’Italie. Et pour les hôpitaux, c’est très dur de tout gérer. Je m’y étais préparée. Une semaine avant qu’ils ne ferment tout, je me suis isolée parce que j’ai eu un peu peur du virus et de ce que j’entendais de Chine et d’autres pays. C’est une période dure, parce qu’on ne peut pas sortir, mais il faut l’accepter, garder un état d’esprit positif. C’est le plus important ces jours-ci.

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Que pensez-vous de toutes ces annulations ?

S.H. : Je n’aurais pas pu jouer Indian Wells de toute façon parce que j’étais blessée, mais j’étais si triste d’apprendre ces annulations successives. Honnêtement, en tant que joueuses ou joueurs, nous sommes en difficulté, le circuit nous manque, le circuit me manque. Les autres joueuses me manquent et tous les gens impliqués dans l’organisation des tournois. La seule chose positive, c’est que je suis chez moi depuis février, et ça fait des années que je n’avais pas été aussi longtemps à la maison. C’est une vie différente, donc il faut l’accepter et essayer de l’apprécier.

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J'essaie de voir le bon côté des choses : du coup, je conserve mon titre à Wimbledon deux ans !

Quelle est votre routine quotidienne ?

S. H. : Je suis chez moi depuis 22 jours maintenant, je ne suis pas sortie du tout. Je me protège au maximum parce que ça me fait un peu peur. Et je veux rester relax, donc je me réveille vers 10 ou 11h le matin. C’est très bien de pouvoir dormir beaucoup. Pas de réveil, pas de rendez-vous. Je prends mon petit-déjeuner et ensuite je cours un peu dans le lotissement parce que nous avons le droit, c’est une résidence privée. Et à la maison, je fais d’autres exercices physiques. Donc je m’entretiens chaque jour et je me sens en forme, oui.

Etes-vous déçue de ne pas pouvoir défendre votre titre à Wimbledon ?

S. H. : J’essaie de le voir du bon côté : du coup, je suis tenante du titre pendant deux ans. Et donc je vais pouvoir profiter de ce statut une année de plus, ce qui est une bonne chose. Je suis enthousiaste à l’idée de jouer mon premier match le mardi sur le Centre Court l’an prochain. Je veux vraiment profiter de cette expérience, et ce sera super bien sûr.

Nous espérons pouvoir jouer l'US Open, mais New York souffre beaucoup en ce moment

Quels sont vos souvenirs de la finale de Wimbledon l’an dernier ?

S. H. : C’était vraiment le meilleur match de ma carrière, sans aucun doute. Avant le match, j’étais totalement concentrée sur mes souvenirs du match de poules de Singapour (Masters féminin 2018, ndlr) quelques mois plus tôt contre Serena. J’étais déterminée à la faire bouger et à être agressive parce que je savais que si je reculais, je n’aurais pas été capable de faire face à sa puissance. Donc je me suis dit : "Sur gazon, elle est favorite parce qu’elle a l’expérience de ces moments pour les avoir vécus beaucoup plus que moi." En fait, c’était la première fois pour moi. Et mentalement j’étais forte. Je me suis dit que j’avais mes chances et qu’il fallait que j’y aille.

Halep : "Je ne pense pas que nous pourrons reprendre en juillet"

A votre avis, le tennis reprendra-t-il vraiment en juillet ?

S. H. : Je pense que ce sera plus long. Nous espérons pouvoir jouer l’US Open, mais ce n’est pas sûr parce que New York souffre beaucoup en ce moment. Je ne sais pas vraiment comment la reprise se passera après avoir arrêté pendant si longtemps. Nous n’avons jamais été dans cette situation, donc ce sera nouveau pour tout le monde. J’aurai du mal à reprendre le rythme, c’est sûr. Dans ma tête, le pire scénario possible, ce serait que toute la saison soit annulée. Je pense que nous allons surmonter cette période.

Le plus important dans mon jeu, ce sont mes jambes. C'est pour ça que je continue à courir. (...) Si je bouge bien, le tennis suivra

Jouez-vous quand même encore un peu au tennis en ce moment ?

S. H. : Je n’ai touché ni balle, ni raquette depuis Dubaï, ça ne m’était jamais arrivé aussi longtemps. Et ce sera au moins le cas encore pendant un mois.

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Sur quelles parties de votre jeu allez-vous travailler pendant cette pause ?

S. H. : L’élément le plus important de mon jeu, dans mon style, ce sont mes jambes. C’est pour ça que je continue à courir, il faut que mes muscles restent stimulés. Si je bouge bien sur le court, le tennis suivra.

Est-ce que vous considérez cette situation comme un coup d’arrêt pour votre carrière ou est-ce secondaire en ce moment ?

S. H. : Le monde entier est concerné par la pandémie, c’est plus sûr que tout soit annulé en ce moment. Et nous devons juste écouter ce que les autorités disent : rester à la maison et se protéger. Ma vie, ce n’est pas que le tennis. Bien sûr, c’est une priorité pour moi depuis tant d’années, et ça l’est toujours. Je fais tout ce que je peux pour rester en forme, et pour me remettre le plus vite possible dans le rythme quand ça redémarrera. Quand tout sera sûr à nouveau, je recommencerai à voyager. Mais tant que ce n’est pas sûr à 100 %, je reste chez moi.

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