En se levant vendredi matin, Novak Djokovic semblait lancé sur une autoroute. Il a fini dans une impasse. Engagé dans deux demi-finales et donc en lice pour deux médailles d'or, le numéro un mondial faisait office de favori, et c'est un euphémisme, pour le titre en simple, tout en briguant parallèlement le double mixte. Samedi soir, le Djoker ira se coucher sans médaille autour du cou. Un vrai scénario catastrophe. Deux défaites en demi-finales vendredi, une autre lors du match pour le bronze face à Pablo Carreno Busta samedi, avant un forfait pour la petite finale du double mixte.
Tout a lâché chez Nole. Les jambes, et la tête. "La fatigue physique et mentale a eu raison de moi, a-t-il admis samedi. J'ai donné tout ce que j'avais encore dans le réservoir, c'est-à-dire pas grand-chose." Nerveusement, la digue a cédé elle aussi, lorsqu'il a balancé sa raquette dans les tribunes désertes du central quand la rencontre contre Carreno Busta lui a échappé pour de bon. "Ce n'est pas la première fois, et probablement pas la dernière, a-t-il reconnu. Je n'aime pas faire ça, je ne suis pas fier, ça n'envoie pas un bon message, mais nous sommes des êtres humains."
Tokyo 2020
Zverev avait réduit en cendres les rêves de "Golden Slam" de Djoko à Tokyo : le résumé de son succès
09/09/2021 À 21:10

Raquette balancée puis brisée : le double pétage de plombs de Djokovic

Je ne regrette pas d'être venu aux Jeux, bien sûr que non
Humain, Djokovic l'est brusquement redevenu en cette fin de semaine nippone. Peut-être au moment où on l'attendait le moins. Preuve que, décidément, son histoire d'amour avec les Jeux Olympiques demeure contrariée. En dehors d'une médaille de bronze en simple à Pékin en 2008, il a surtout connu de grandes désillusions en simple. C'est la deuxième fois, après Londres en 2012 (à Wimbledon), qu'il échoue au pied du podium. A Rio, en 2016, il s'était incliné d'entrée contre Juan Martin Del Potro.
"Malheureusement, constate le champion de Belgrade, pour la troisième fois, j'ai perdu en demi-finale, et je n'ai qu'une médaille. Bon, une médaille, c'est une médaille, mais compte tenu de mes exigences, de mes ambitions, ce n'est pas ce que j'espérais. Mais il n'y a pas de hasard dans la vie. Tout arrive pour une raison."
Alors que beaucoup ont fait l'impasse sur le rendez-vous olympique, Djokovic, en lice pour le "Golden Slam" après avoir déjà remporté les trois premiers tournois du Grand Chelem de l'année 2021, regrette-t-il d'avoir effectué le déplacement ? "Non, je suis fier d'avoir représenté mon pays, mais simplement triste de ne pas lui offrir de médaille, répond-il. Mais je ne regrette pas d'être venu aux Jeux, bien sûr que non."

Pas de médaille pour Djokovic : "La fatigue mentale et physique a eu raison de moi"

Paris n'est pas si loin mais…

Pourtant, tous ces efforts, en plus d'avoir été vains, pourraient le pénaliser pour la suite de sa saison, qui peut toujours devenir historique s'il s'impose à l'US Open pour réussir un Grand Chelem inédit depuis Rod Laver en 1969. Si, mentalement, il est convaincu de pouvoir tourner la page ("Je vais rebondir", promet Djoko), physiquement, la chose sera peut-être moins simple. "Je souffre de plusieurs blessures. Pas une, mais plusieurs, insiste-t-il. J'espère que ça ne me posera pas de problème pour l'US Open, qui est mon prochain objectif. Mais je ne peux pas en être sûr pour l'instant."
Il lui reste quatre semaines pour se requinquer pleinement avant New York. Et trois ans à attendre pour retrouver une nouvelle chance de devenir champion olympique. S'il est encore là. A Paris, en 2024, Novak Djokovic aura 37 ans. "Les prochains Jeux ne sont 'que' dans trois ans. Ce n'est pas si loin mais, d'un autre côté, je n'ai plus 25 ans…" Samedi soir, de toute façon, il n'avait pas franchement envie de penser à ça.

Le problème de Djokovic ? "Il devait manger la cerise avant le gâteau"

Tokyo 2020
Humbert plus "tueur" que Djoko : les stats à retenir après les Jeux de Tokyo
09/08/2021 À 05:56
Tokyo 2020
Zverev a achevé sa démonstration par un service-volée
01/08/2021 À 10:00