Entre Carlos Alcaraz, Novak Djokovic et Serena Williams : les "vrais" joueurs de double mixte sont-ils des résistants ?
Eurosport sur GoogleTrois binômes de spécialistes participeront cette année au double mixte de l'US Open, encore garni de stars. Entre Serena Williams-Carlos Alcaraz, Novak Djokovic-Aryna Sabalenka, les vainqueurs de 2025, Sara Errani et Andrea Vavassori, voudront aller retrouver le million de dollars promis aux vainqueurs. Ils avaient mesuré leurs critiques envers le nouveau format l’an passé…
"Quand tu gagnes un Masters 1000, on ne te regarde plus de la même manière"
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Andrea Vavassori et Sara Errani étaient sortis vainqueurs. Au super tie-break, certes. De justesse. Mais un succès en finale du double mixte face à Iga Swiatek et Casper Ruud à l'US Open, l'an dernier, avait surtout vocation à envoyer un message : que l'US Open "starifie" son double mixte, les spécialistes résistent et cisèleront les grands noms. "Ces deux jours vont être très importants pour le double à l'avenir, espérait Andrea Vavassori au sortir d'un titre qui avait valu 1 million de dollars à son binôme. Nous avons montré que les joueurs de doubles sont des grands joueurs." Mais méritent-ils de pratiquer leur propre sport ?
Fort du succès médiatique de l'an passé, l'US Open a reconduit son double mixte garni par les stars du simple pour 2026 (25 et 26 août). Novak Djokovic et Aryna Sabalenka vont participer ensemble, comme Carlos Alcaraz et Serena Williams, Elina Svitolina et Gaël Monfils, ou encore Jessica Pegula et Taylor Fritz. Liste non exhaustive. L'organisation compte sur la renommée des précités, aguichés par le pactole promis aux vainqueurs. Moins sur ceux qui animent le double mixte tout au long de l'année.
Vainqueurs de l'édition 2025, Sara Errani et Andrea Vavassori sont les seuls "spécialistes" à avoir reçu une invitation, alors que le classement combiné en simple fait maintenant foi pour attribuer les places directes vers le tableau principal. Deux autres tandems d’habitués les accompagneront cette année, alors que l'US Open a lancé une phase de qualification pour offrir deux places dans le tableau aux joueurs qui pratiquent le double mixte tout au long de la saison. Deux de plus que l'an passé, où seule la paire Vavassori-Errani avait participé au grand tableau.
Si l'on avait perdu contre Fritz et Rybakina, ça n'aurait pas servi l'image du double
"Il sera très important dans le futur de savoir que le produit peut grandir avec un meilleur marketing", écoulait encore Vavassori après son titre. Mais il avait pris soin de ne pas écorcher l'organisation. "Je dois dire que l'initiative était importante. C'était vraiment un signal que le double peut devenir quelque chose de mieux. Parce que le stade était plein, et le public a apprécié. Donc, si l'on a dit que certaines choses ne marchaient pas, nous avons montré aujourd'hui qu'elles pouvaient fonctionner."
"Nous étions l'équipe qui avait beaucoup à perdre, avait-il précisé. Si l'on avait perdu contre (Taylor) Fritz et (Elena) Rybakina (au premier tour, NDLR), ça n'aurait pas servi l'image du double." Ils affronteront cette fois Mirra Andreeva et Andrey Rublev en huitièmes de finale, mardi, pour espérer défendre la cause de leur caste moins médiatisée.
Après la découverte de l'an passé, le grand retour de Serena Williams à l'US Open, ou encore la paire Aryna Sabalenka-Novak Djokovic doivent porter le "marketing" de l'événement, et rentabiliser un tournoi de double mixte d'ordinaire peu exposé.
Une compétition, pas une exhibition
La formule et son iniquité dénoncée ne font pas que des heureux. Alizé Cornet s'insurgeait dimanche sur RMC : "Pourquoi ne pas faire une exhibition ? Il ne faut pas tout confondre. C'est vraiment un truc pour faire de l'argent. Ce n'est plus du tout le double mixte de l'US Open. "Ça ne ressemble plus à rien." Plus à celui qu'avait remporté Serena Williams, tiens tiens, en l'an 1998.
Le format "pénalise des joueurs de double qui s'impliquent dans cette discipline, poursuivait la manager des équipes de France féminines. C'est leur gagne-pain à l'année, ils travaillent dur pour cela. C'est injuste." Outre les six paires entrées par leur classement en simple, huit invitations ont été accordées pour le tableau principal, à contre-courant du format des autres tournois du Grand Chelem.
Depuis l'introduction du nouveau format, l'US Open persiste : son nouveau double mixte relevait bien de la compétition, et non de l'exhibition comme le pointent ses critiques. "Nous sommes fiers à nouveau de réunir les meilleurs joueurs du monde dans un format qui amène un divertissement passionnant (exciting entertainment) à nos fans, expliquait fin juillet Craig Tiley, le patron de la Fédération américaine de tennis. Le tournoi du double mixte est une innovation qui va engager de nouvelles audiences et proposer à nos fans une autre opportunité de voir les plus grandes stars s'affronter ensemble."
Appeler ça un Grand Chelem est ridicule
L'an passé, l'actuel numéro 1 mondial en double, Henry Patten, avait lourdement critiqué l'initiative. "C'est dommage que le format soit aussi court et que le tableau soit réduit. Je ne sais pas pourquoi ils n'ont pas juste organisé un événement à part et conservé le double mixte. Je pense qu'appeler ça un Grand Chelem est ridicule." L'Anglais devra passer par la phase de qualification, cette année, pour participer avec les stars.
Sara Errani et Andrea Vavassori en seront aussi, mais directement dans le grand tableau, une fois de plus. Privilège du vainqueur. L'an passé, reconnaissait l'Italien, "d'autres gens n'étaient pas si contents (à propos du format), et si je n'avais pas eu l'opportunité de jouer, j'aurais été fou, moi aussi. (...) Je pense que l'initiative est bonne pour le sport. Mais à l'avenir, les meilleurs joueurs de double devront participer." Ils seront quatre de plus, cette année. Sara Errani avait souligné que c'était "aussi leur travail", celui de ses compères snobés, et que s'ils étaient plus connus, leur discipline gagnerait en popularité. Faut-il jouer pour être connu, ou être connu pour jouer ? L'œuf et la poule n'ont toujours pas arbitré…
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