Pancho, l'anticonformiste

Pancho, l'anticonformiste
Par Eurosport

Le 23/08/2005 à 14:00Mis à jour

Toute la semaine, revivez les grandes heures de l'US Open. Deuxième volet avec le génial Pancho Gonzalez, double vainqueur de l'épreuve à la fin des années 40, avant de franchir le pas du professionnalisme. Par son style inimitable et son charisme hors du

US OPEN - LES GRANDS MOMENTS

C'est un temps que les moins de 60 ans ne peuvent pas connaître. Ceux qui ont connu Ricardo Gonzalez et qui ont eu la chance de le voir à l'oeuvre raquette en main, ne l'ont en revanche pas oublié. Avant l'avènement de l'incroyable génération australienne qui allait déferler sur le tennis mondial pendant deux décennies, l'immédiat après-guerre reste dominé par les joueurs américains.

Un parcours édifiant

Né de parents mexicains dans une famille modeste, le parcours de celui que l'on ne surnomme pas encore "Pancho" est édifiant. Autodidacte à 100%, Gonzalez a la particularité de n'avoir jamais pris la moindre leçon de tennis. Un fait unique dans l'histoire des grands champions de ce sport, qu'il a découvert sur le tard, presque par hasard. Sa première raquette, le Californien la découvre à l'âge de 14 ans. C'est sa mère qui lui a offert à Noël. La meilleure idée de la vie de madame Gonzalez.

Une distraction parmi d'autres

A 17 ans, il s'engage dans la marine, d'où il ressort deux ans plus tard, en 1947. Il se fait alors remarquer en battant le meilleur junior américain, Herbert Flam. Dès lors, son ascension devient irrésistible. Moins d'un an après, Ricardo Gonzalez sidère le monde de la petite balle jaune en remportant les Internationaux des Etats-Unis, balayant en finale son compatriote Sturgess en trois manches. Une légende est en marche.

1949, la consécration

D'une certaine manière, Gonzalez a réinventé le tennis moderne, comme Bill Tilden le fit en son temps. Même sans consentir de sacrifices, cet anticonformiste possède tout pour s'affirmer comme le meilleur joueur de la planète. L'année 1949 est d'ailleurs celle de la consécration. Demi-finaliste à Roland-Garros, il défend victorieusement son titre à New York, au terme de l'une des plus belles finales de l'histoire.

Mais Gonzales a effectué un travail de sape qui va finir par payer. Ramassant Schroeder à la petite cuillère, le latino s'adjuge les trois derniers sets, 6-1, 6-2, 6-4 et gagne la plus longue finale de l'histoire en terme de jeux disputés. A 21 ans, il devient numéro un mondial. L'avenir lui appartient. Beau, flamboyant, charismatique, l'oeil aussi noir que le cheveu, Pancho est sans le moindre doute la première grande star de l'après-guerre.

Le meilleur joueur de l'histoire?

Où se situerait-il aujourd'hui dans la hiérarchie face à un Sampras, un Borg ou un Laver? Difficile, voire impossible de le dire, les éléments de comparaison faisant défaut. Pour certains, Pancho Gonzales reste pourtant le plus grand champion que ce sport ait jamais connu. Plus fort que Rosewall, avec qui il livrera tout au long des années 50 et 60 des combats épiques sur le circuit professionnel, que Laver et tous les autres. Seule certitude, au début de l'ère Open, à plus de 40 ans, il lui arrivait encore de botter les fesses des meilleurs&hellip

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