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US Open : Kei Nishikori et Marin Cilic ont fait la révolution

Ils ont fait la révolution !

Le 07/09/2014 à 01:50Mis à jour Le 07/09/2014 à 02:28

Deux répliques d'un même séisme ont placé Flushing Meadows en état de choc samedi. Kei Nishikori et Marin Cilic ont bouté Novak Djokovic et Roger Federer hors de New York. Et sans ménagement. Ce n'est rien de moins qu'une page d'histoire que le Japonais et le Croate ont réussi à écrire lors de ces demi-finales.

Il y a des jours, comme ça, dont on se souvient longtemps. Très longtemps. Il y a très exactement 30 ans, Flushing Meadows vivait la journée la plus folle de son gros quart de siècle d'histoire, à l'occasion d'un Super Saturday devenu mythique. Deux demies masculines en cinq sets (Lendl-Cash, McEnroe-Connors) et une finale dames somptueuse entre Navratilova et Evert. 30 ans après, Flushing en parle encore. Samedi, le public new yorkais n'a eu que deux matches à se mettre sous la dent. Deux rencontres relativement anecdotiques, oserait-on dire, en termes de jeu. Mais l'impact de ces deux résultats suffit à conférer à ce samedi 6 septembre une place de choix dans l'histoire. Oui, il est légitime de parler de journée historique.

38 finales de suite avec Djokovic, Nadal ou Federer

Le scénario trop bien écrit d'une finale entre Novak Djokovic et Roger Federer a volé en éclats. Il a été éparpillé aux quatre coins d'un court Arthur-Ashe stupéfait. Pourtant, tout, absolument tout convergeait vers une finale entre le Serbe et le Suisse. A eux deux, ils cumulaient avant ce jour 58 demi-finales de Grand Chelem. Kei Nishikori et Marin Cilic, leurs adversaires, en affichaient fièrement… une. Celle du Croate en Australie il y a quatre ans. Ils ne semblaient pas de taille, ni l'un ni l'autre, à priver Flushing d'un remake de la dernière finale de Wimbledon.

En dehors de ce gouffre abyssal en termes de vécu à ce niveau de la compétition, on pourrait trouver des statistiques à la pelle pour souligner l'ampleur du séisme. Une seule suffira. Elle est si parlante : il faut remonter presque dix ans en arrière pour trouver trace d'une finale de Grand Chelem sans un des trois monstres du XXIe siècle, Federer, Djokovic et Nadal. Les 30 (!) dernières finales majeures comprenaient au moins un de ces trois joueurs. Fin de série donc. Mais à l'Open d'Australie 2005, la finale avait opposé Marat Safin à Lleyton Hewitt, deux anciens vainqueurs de Grand Chelem. Deux anciens numéros un mondiaux. Là, nous sommes dans une toute autre dimension, avec deux joueurs hors du Top 10 (au passage, une première depuis 17 ans en Grand Chelem…), qui vivront lundi leur première finale de cette envergure.

Marin n'aurait même pas osé le rêver et Cilic l'a fait

Mais si le choc est incontestable, il est aussi d'une logique implacable. Car sur les deux demi-finales de samedi, les deux meilleurs ont gagné. Et de loin. Le déroulement des deux rencontres ne fait ainsi qu'ajouter à la stupeur. Nishikori, d'abord.  Il avait eu besoin de dix sets et plus de huit heures pour écarter Milos Raonic et Stanislas Wawrinka en huitième et en quart de finale. A côté de ces deux éreintants marathons, sa victoire contre Djokovic est apparue presque "facile". Le Japonais a dominé les débats.

Et que dire de Cilic ? Le Croate était passé près de la correctionnelle face à Gilles Simon en huitièmes de finale. Il a laminé Federer comme un vulgaire débutant sorti des qualifs. Un Federer qui l'avait toujours battu en cinq confrontations. Certes, Cilic l'avait accroché pas plus tard qu'il y a un mois à Toronto (7-6, 6-7, 6-4). On pouvait envisager un match accroché. Une victoire de Cilic, pourquoi pas. Mais une telle démonstration...

La glorieuse certitude du sport en a pris pour son grade

Sur son nuage, le protégé de Goran Ivanisevic a joué comme dans un rêve. Le match parfait, dans le match le plus important (jusqu'à celui de lundi) de sa carrière. Marin n'aurait même pas osé le rêver et Cilic l'a fait. Jamais, et c'est peut-être le plus admirable, il n'aura connu ne serait-ce qu'un soupçon de stress à l'heure de conclure. Il n'a eu besoin que de cinq coups de raquette pour inscrire ses quatre derniers points. Un dernier coup d'assommoir. Conclusion magistrale et parfaite, à la hauteur de cette journée hors normes et révolutionnaire.

Jusqu'à ce samedi après-midi, Marin Cilic et Kei Nishikori n'étaient que des grains de poussière à l'échelle de l'histoire de ce sport. Si la glorieuse certitude du sport, tellement en vogue sur le circuit masculin depuis des lustres, avait fait la loi en ce 6 septembre, ils seraient restés poussière. Il aura donc suffi d'une toute petite journée de tennis pour que, justement, ils écrivent à quatre mains une page d'histoire. Il faut saluer avec une juste mesure l'ampleur de cette double performance. C'est aussi la preuve que rien n'est jamais écrit. Même si, après une décennie entière d'une hégémonie à nulle autre pareille, un trio puis un quatuor nous l'avaient presque fait oublier. Wawrinka, en Australie, avait sonné la révolte. Cette fois, Nishikori et Cilic ont fait la révolution.

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