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En Novak Djokovic, Roger Federer a trouvé son Federer

En Djokovic, Federer a trouvé son Federer

Le 14/09/2015 à 18:25

US OPEN 2015 – Pour la troisième fois en un peu plus d'un an, Roger Federer s'est incliné en finale de Grand Chelem contre Novak Djokovic. Le Suisse bute sur un champion d'exception qui, sans le dominer outrageusement, le dépasse aujourd'hui d'une courte tête. Federer endosse à présent un rôle peu enviable, dans lequel il a si longtemps cantonné certains de ses rivaux...

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Le tennis est impitoyable. Il y a le vainqueur. Et il y a tous les autres. Longtemps, Roger Federer a été le vainqueur. Plus et plus souvent que n'importe qui dans l'histoire de ce sport. Aujourd'hui, le Suisse se retrouve de l'autre côté du miroir. En Novak Djokovic, Federer a trouvé son Federer. Et il voit ce que ça fait. Pour la troisième fois en l'espace de 14 mois, il vient de buter sur la dernière marche en Grand Chelem. Deux fois à Wimbledon, et la nuit dernière à l'US Open. A chaque fois, un seul bourreau. Le Djoker.

Federer pourrait évoquer la chose avec un Andy Roddick, par exemple. L'Américain a perdu quatre finales majeures face au Bâlois. Plus trois demies et un quart. Roddick a dû en faire des cauchemars. Tous ceux qui ont eu le malheur d'être le dauphin de Federer des années durant en ont fait l'amère expérience : être très bon, être grand ne suffit pas quand un homme d'exception vous barre la route. Il suffit d'un seul champion pour vous pourrir la vie.

Deux défaites en 24 matches, contre Djokovic

Or, le problème des gens incontournables, c'est qu'ils bouchent le passage. Incontournable, Federer l'a longtemps été en matière de Grand Chelem. Si Djokovic vient de remporter 9 des 20 derniers majeurs, de 2011 à 2015, Federer avait fait bien mieux encore au plus fort de sa suprématie : 11 titres en quatre saisons, de 2004 à 2007. Il a écourté les rêves de grandeur d'un Roddick ou d'un Hewitt.

Aujourd'hui, dans le rôle de Federer, on retrouve donc Novak Djokovic, le glouton des années 2010. A 34 ans, l'homme aux 17 titres du Grand Chelem continue pourtant d'évoluer à un niveau exceptionnel. Il livre une campagne 2015 de très haut niveau et, particulièrement cet été, il tutoie à nouveau qualitativement les sommets. Son jeu le dit. Ses résultats aussi. Depuis Roland-Garros, Federer a disputé 24 matches. Il en a perdu deux. Mais deux finales de Grand Chelem. A chaque fois, contre Djokovic. Et sur ses 8 défaites en 2015, 4 incombent à Djokovic. Sans le Serbe, le palmarès 2015 de "Fed" serait dantesque.

Novak Djokovic, bourreau de Roger Federer

Novak Djokovic, bourreau de Roger FedererEurosport

" Malheureusement pour moi, je le joue souvent en finale"

Peut-être est-ce la sagesse de son grand âge, ou la conscience d'avoir infligé à tant d'autres et si longtemps ce qu'il vit aujourd'hui, mais Federer appréhende cette série d'échecs aux portes du titre avec un certain fatalisme. "Je suis très, très déçu évidemment, a-t-il concédé. C'est une dure soirée, mais en même temps je suis heureux de jouer à un très haut niveau depuis plusieurs mois. Je me sens bien, j'ai beaucoup de confiance, mon jeu est vraiment très bon. Mais Novak a su trouver les solutions pour avoir le dernier mot."

Roger Federer n'a jamais été aussi près depuis trois ans d'ajouter un 18e titre du Grand Chelem à son palmarès. Son seul tort, c'est de croiser un peu trop souvent la route de Djokovic. "Malheureusement pour moi, je le joue souvent en finale, et pas au premier tour, il est bien dans son rythme", avait plaisanté le Bâlois avant la finale.

Federer a le niveau pour gagner un autre titre majeur. On a dit après Wimbledon 2014 qu'il avait laissé passer sa dernière chance. Puis après l'US Open 2014. Et encore cette année après Wimbledon. Sans doute l'entendra-t-on aussi après cette finale à Flushing...Tant qu'il se maintient à son niveau des derniers mois, il reste un prétendant permanent (à part peut-être à Roland-Garros) au titre en Grand Chelem. Son seul tort, c'est d'y croiser trop souvent Novak Federer. Enfin, Novak Djokovic...

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