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Wawrinka a tremblé, Wawrinka a pleuré, puis Wawrinka a gagné

Wawrinka a tremblé, Wawrinka a pleuré, puis Wawrinka a gagné

Le 12/09/2016 à 07:19Mis à jour Le 12/09/2016 à 14:29

US OPEN 2016 – Vainqueur de Novak Djokovic en quatre sets dimanche en finale, Stan Wawrinka a conquis son troisième titre majeur, dans trois tournois différents. Pourtant, l'avant-match a été compliqué pour le Suisse, pris par l'émotion et le stress. Pour surmonter cela, il a dû aller au bout de lui-même.

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Vous souvenez-vous, c'était il y a à peine trois jours, d'un Gaël Monfils tétanisé par l'enjeu à l'heure d'affronter Novak Djokovic en demi-finale ? Et bien n'allez pas croire que cela n'arrive qu'aux autres. Stan Wawrinka avait beau avoir deux titres du Grand Chelem dans sa besace en se levant dimanche matin, il avait beau avoir gagné ses dix dernières finales depuis trois ans sur le circuit, cela ne l'a pas empêché d'être mort de trouille à l'aube de sa troisième finale majeure, la première sur le court Arthur-Ashe de Flushing Meadows. Wawrinka n'avait jamais connu un truc pareil.

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" J'ai commencé à avoir ce sentiment, celui que tu as quand tu ne veux absolument pas perdre"

Pourtant, assure-t-il, jusqu'à l'approche de cette finale, tout allait bien. "Après ma demi-finale contre Nishikori je me sentais super bien, a poursuivi le Lausannois. Hier (samedi), je me sentais très bien aussi, j'étais content, tout allait bien. Mais ce matin (dimanche matin), j'ai commencé à avoir ce sentiment, celui que tu as quand tu ne veux absolument pas perdre. Venir sur le court pour une finale de Grand Chelem, être si près et si loin à la fois, c'est pour ça que j'étais aussi nerveux. C'est aussi bête que ça."

Voilà qui explique sans doute l'entame délicate du champion suisse, breaké d'entrée par Novak Djokovic, et rapidement mené 3-0, puis 5-2. Mais la grande force de Wawrinka, à la différence de Monfils 48 heures auparavant, c'est d'avoir été capable de surmonter cette crise de nerfs. Sur le court, peu à peu, il a fini par évacuer cette pression négative. Et au bout du compte, comme l'a dit Novak Djokovic pour résumer cette finale : "il a su garder ses nerfs dans les moments importants, et pas moi". Car il y avait quelque chose de plus fort encore chez Wawrinka que son stress, sa conviction d'avoir les armes pour relever le défi. "J'étais convaincu que mon physique était là, que mon jeu était là et que j'allais avoir une opportunité de gagner ce match."

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" Je m'étais vraiment préparé à souffrir"

Ses certitudes ont fini par terrasser ses doutes, en même temps que Djokovic. Cette finale, plus encore que celles de l'Open d'Australie 2014 et de Roland-Garros en 2015, restera avant tout une victoire sur lui-même. Stan Wawrinka a connu une quinzaine compliquée. Il a passé énormément de temps sur le terrain, a livré quelques combats éreintants contre Daniel Evans, Juan Martin Del Potro ou Kei Nishikori. Il sort rincé de ces deux semaines. "Dès le début de la finale, j'étais fatigué", a-t-il avoué. Mais il a su passer outre, au prix d'un effort colossal sur lui-même.

"Je savais que ce serait une bataille très difficile contre Novak. Je m'étais vraiment préparé à souffrir. J'ai essayé de rester accroché à lui, j'ai réussi à être dur avec moi-même, mais sans jamais rien lui montrer. Je ne voulais pas lui montrer que j'étais fatigué, que c'était dur. Il n'y a pas de secret vous savez : si vous voulez gagner une finale de Grand Chelem contre le numéro un mondial, il faut accepter de souffrir". Wawrinka n'a donc rien montré, même si, comme il l'a dit, "ce Grand Chelem est le plus dur, physiquement et mentalement", qu'il a disputé dans sa carrière. Ce troisième triomphe n'en est que plus grand.

S'il avait pleuré cinq minutes avant d'entrer dans l'arène, ce sont d'autres larmes qui ont perlé ses yeux lors de la cérémonie d'après-match, juste avant de recevoir le trophée pour succéder au palmarès à sa victime du jour. "Je ne comprends pas ce qui se passe, là, maintenant", a-t-il alors souri. Secoué et tremblant avant, ému et un peu perdu après, Stan Wawrinka a vécu une drôle de journée. Mais pendant la finale, sur le central, il savait parfaitement où il était et ce qu'il faisait. Là, il a été maître du court, maître du jeu et, plus important encore, maître de lui-même.

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