Finale Flushing Meadows Nadal - Anderson, l'immense face au géant

US OPEN 2017 - Ce dimanche, Rafael Nadal et Kevin Anderson ont rendez-vous avec l'histoire. Le premier, numéro un mondial, vise un 3e titre à New York mais aussi un 16e trophée majeur. Le second, serveur de plus deux mètres, le plus beau titre de sa carrière et la plus grosse surprise d'un tournoi où les pronostics n'ont cessé d'être déjoués.

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Crédit: Eurosport

Le contexte

Rafael Nadal et Kevin Anderson se connaissent depuis longtemps. Nés tous les deux en 1986, ils se sont tirés la bourre dans les catégories de jeunes dès l'âge de 12 ans. Avaient-ils imaginé un jour se retrouver en finale d'un tournoi du Grand Chelem ? Anderson avait sans doute fini par ne plus y croire, lui qui n'avait encore jamais franchi le seuil des quarts de finale dans un des quatre plus grands tournois du monde. Mais cette affiche est celle de la résilience, entre ces deux joueurs qui avaient bouclé l'année 2016 à l'infirmerie.
Dans ce tournoi cul par-dessus tête, Rafael Nadal a tenu debout tout au long de la quinzaine. S'il n'était pas le favori numéro un du tournoi, et s'il n'avait plus dépassé les huitièmes de finale à Flushing depuis quatre ans, il n'y a toutefois pas de quoi tomber de l'armoire à le voir parmi les deux derniers candidats au titre. On n'en dira pas autant de son adversaire. Kevin Anderson, éphémère membre du Top 10 il y a deux ans (une toute petite semaine), avait donc disparu des radars pendant des mois à cause d'une multitude de blessures.
Mais le Sud-Africain, de retour à un très bon niveau depuis le début de l'été, a su profiter à merveille d'un bas de tableau décapité par les absences et les éliminations précoces. Une réflexion un peu simpliste inciterait, à penser que Nadal a tout à perdre et Anderson tout à gagner et que la pression est sur le Majorquin. Mais au fond, c'est tout le contraire. Ce match peut changer à jamais la carrière de Kevin Anderson. Ce n'est pas le cas de celle de Nadal, dont l'œuvre est déjà immense et, même sur un champ temporel plus étroit, la saison déjà amplement réussie. Passer de 0 à un titre est plus impactant que de passer de 15 à 16.
Archi-favori de cette finale sur laquelle pas grand monde n'aurait misé, Rafael Nadal arrive lancé à pleine vitesse. Après une première semaine assez peu convaincante, il est monté en puissance à partir des huitièmes de finale. Voire un peu avant car, pour lui, le tournant de sa quinzaine remonte à son troisième tour contre Leonardo Mayer, et à ce gros coup d'accélérateur poussé à partir du milieu du deuxième set. Depuis, il a joué de mieux en mieux. Après la decima parisienne, la reconquête du Nouveau monde donnerait à sa campagne 2017 une envergure inespérée.

Face-à-face

Jusqu'ici, il n'y a pas photo : Nadal mène leurs confrontations par 4 victoires à rien. Trois sur dur, dont une en Grand Chelem à l'Open d'Australie en 2015, et une dernière sur terre battue à Barcelone cette saison. En 4 matches, Anderson n'a pris qu'un seul set, lors de leur match au Masters 1000 de Bercy il y a deux ans.

Leur parcours

1er tour: bat JC Aragone (USA) 6-3, 6-3, 6-12e tour: bat Ernests Gulbis (LAT) 6-3, 7-5, 6-43e tour: bat Borna Coric (CRO) 6-4, 6-3, 6-28e de finale: bat Paolo Lorenzi (ITA) 6-4, 6-3, 6-7 (4/7), 6-4Quart de finale: bat Sam Querrey (USA/N.17) 7-6 (7/5), 6-7 (9/11), 6-3, 7-6 (9/7)Demi-finale: bat Pablo Carreno Busta (ESP/N.12) 4-6, 7-5, 6-3, 6-2
1er tour: bat Dusan Lajovic (SRB) 7-6 (8/6), 6-2, 6-22e tour: bat Taro Daniel (JPN) 4-6, 6-3, 6-2, 6-23e tour: bat Leonoardo Mayer (ARG) 6-7 (3/7), 6-3, 6-1, 6-48e de finale: bat Alexandr Dolgopolov (UKR) 6-2, 6-4, 6-1Quart de finale: bat Andrey Rublev (RUS) 6-1, 6-2, 6-2Demi-finale: bat Juan Martin del Potro (ARG/N.24) 4-6, 6-0, 6-3, 6-2

3 stats à avoir en tête

Ils ont dit

Notre avis

Sur le papier, c'est de loin la finale la plus déséquilibrée de cette cuvée 2017 en Grand Chelem. Et sur le terrain ? Tout dépend de Kevin Anderson. Rafael Nadal, lui, fera du Nadal, ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour le Sud-Africain. Novice à ce niveau, Anderson est, lui, un gigantesque point d'interrogation. Pour qu'il y ait un véritable match, il faudra qu'il coche beaucoup de cases, notamment dans sa façon d'appréhender cet évènement hors normes pour lui.
Souvent sujet à une certaine nervosité, Big Ando va-t-il se lâcher ? Il lui faudra servir le plomb, prendre des risques en permanence, réussir son entame de match et saisir la moindre opportunité. Cela fait beaucoup. Une victoire d'Anderson constituerait une des plus extraordinaires surprises de l'histoire des finales de Grand Chelem. Pour être honnête, nous n'y croyons qu'à moitié et c'est un euphémisme. On signerait déjà pour avoir une finale plus intéressante que les deux plus récentes, à Roland-Garros et Wimbledon.
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