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Tiens, revoilà Cilic

Tiens, revoilà Cilic

Le 02/09/2019 à 00:43Mis à jour Le 02/09/2019 à 22:52

US OPEN - Moribond depuis le début de la saison, Marin Cilic revit à Flushing Meadows où il s’était adjugé l’unique (jusqu’ici) tournoi du Grand Chelem de sa carrière voici cinq ans à la surprise générale. Face à la montagne Rafael Nadal en huitième de finale, le Croate fait figure d’outsider mais rêve de renouer avec sa gloire passée.

On l’avait perdu de vue depuis quelques mois. Depuis son élimination en huitièmes de finale de l’Open d’Australie, Marin Cilic a traversé la saison 2019 comme une âme en peine. Numéro 3 mondial il y a à peine un an et demi, le Croate a lentement mais sûrement glissé au classement mondial, sortant du top 20 avant l’US Open pour la première fois depuis le mois de juillet 2014, soit juste quelques semaines avant son sacre inattendu sur le ciment américain de Flushing Meadows. Une coïncidence qui l’a peut-être inspiré au moment de débuter ce tournoi où il retrouve un niveau de jeu plus proche de ce à quoi il nous avait habitués ces dernières années.

"C’est sûr que c’est l’endroit où j’ai les meilleurs souvenirs sur un court de tennis. Je me sens bien ici à New York et je profite de la ville. Mais ça ne suffit pas pour être performant : je dois assurer sur le court, rester concentré, travailler sur mon jeu et chercher à m’améliorer jour après jour", a confié l’intéressé après sa victoire référence (cette saison) contre John Isner au 3e tour (7-5, 3-6 7-6, 6-4). Car Cilic a beaucoup travaillé et persévéré pour retrouver un niveau de confiance susceptible de l’envoyer à nouveau en deuxième semaine de Majeur.

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Des mois de doute avant de retrouver confiance

Battu au 2e tour de Roland-Garros en cinq sets par Grigor Dimitrov, le Croate a connu une bien plus grande désillusion à Wimbledon où il a cédé sèchement (6-4, 6-4, 6-4) au même stade de la compétition contre le Portugais Joao Sousa. Très à son aise d’habitude sur gazon – il a gagné le Queen’s en 2018 et a été finaliste au All England Club en 2017 –, il s’y est montré incapable d’imposer ses grands coups et notamment son service, une de ses armes les plus percutantes pourtant. Au plus bas, il a repris plus tôt que d’autres sur le dur nord-américain où son succès contre Félix Auger-Aliassime a annoncé des jours meilleurs.

Ont suivi des défaites encourageantes contre Daniil Medvedev à Washington puis Dominic Thiem en huitième de finale à Montréal, puis une rechute au 1er tour de Cincinnati face à Radu Albot. Mais décidément New York l’inspire et après deux premiers tours de réglages, il a passé avec succès un test d’envergure face au géant John Isner qui a pourtant envoyé de sacrées bombes au service (40 aces). "Vous ne pouvez pas faire grand-chose quand il sert comme ça. Il faut juste être positif et attendre l’opportunité quand elle viendra. Heureusement, elle est venue au moment critique quand j’étais mené 6-4 dans le tie-break du troisième set. Je l’ai saisie et ça a été le tournant du match", a expliqué Cilic.

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" Essayer d’imposer mon jeu autant que je le peux"

Ce discours simple et posé traduit les progrès effectués sur le court par le Croate, beaucoup plus calme et lucide dans les moments chauds contre un Américain pourtant soutenu par tout son public. Friable sur le plan mental pendant une grande partie de sa carrière – c’était une de ses grandes limites face aux cadors du circuit – et de l’exercice en cours, il a fait preuve d’un sang-froid retrouvé pour écarter 13 des 14 balles de break auxquelles il a fait face lors de ce 3e tour. Si être maître de ses nerfs ne suffit pas pour aller loin en Grand Chelem, c’est une condition sine qua non.

Cilic a retrouvé aussi une certaine percussion dans ses frappes du fond de court, décochant 54 coups gagnants dans ce duel de serveurs. Or, il le sait, pour gravir la montagne qui l’attend désormais en huitième de finale, il devra se montrer précis et opportuniste. "Rafa (Nadal, ndlr) fait une grande saison, c’est sûr, et joue très bien. Il a produit du super tennis à Montréal, et il a le vent en poupe. Nous nous sommes joués déjà quelques fois, on se connaît vraiment bien. Il me faudra évidemment bien servir, être un peu agressif, et essayer d’imposer mon jeu autant que je le peux. Quoi qu’il en soit, ce sera dur. Il faut que je me prépare pour un combat difficile et j’espère le gagner."

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Flushing ou le souvenir d'un exploit

Si le grand Croate a un bilan déficitaire (comme beaucoup) dans ses duels face au Majorquin (2 victoires pour 6 défaites), il est sorti vainqueur de leur dernière confrontation en Majeur à l’Open d’Australie 2018 au terme d’une bataille acharnée, un peu gâchée par l’abandon de Nadal, blessé, dans le cinquième set (3-6, 6-3, 6-7, 6-2, 2-0 ab.). Mais cette fois, le "Taureau de Manacor", qui n’a joué que deux matchs et six sets pour atteindre la seconde semaine, semble au top de sa forme, ce qui devrait compliquer grandement la tâche de Cilic.

"Depuis le tournoi de Barcelone, ça va mieux pour moi. Mon corps s’est bien remis et j’ai pu jouer avec une certaine liberté de mouvement. Ça m’a donné la chance de revenir au plus haut niveau et de profiter du sport, ce qui est le plus important pour moi. Je ne pense pas que je jouerai beaucoup d’autres tournois cette saison, peut-être encore deux. Celui-ci fait partie de ceux pour lesquels vous voulez être prêt", a d’ailleurs prévenu le numéro 2 mondial. Nadal n’a, qui plus est, pas encore cédé son service dans ce tournoi et n’a pas eu la moindre balle de break à défendre lors de son 3e tour contre Hyeon Chung. "Sans jouer très bien, j’ai gagné sur un score confortable, ce qui est très bon signe", a-t-il encore souligné.

Difficile donc d’aborder cette rencontre dans de meilleures conditions et plus en confiance que l’Espagnol. Pour le bousculer, Cilic devra évoluer à un niveau auquel il n’a plus joué depuis plus d’un an et demi et sa finale à Melbourne. Et s’il veut renverser le numéro 2 mondial, retrouver les sommets de 2014 à Flushing pourrait même s’avérer nécessaire. Mais il y a cinq ans, ils étaient peu à lui accorder ne serait-ce qu’une petite chance de déboulonner Federer en demi-finale. En tirer quelque inspiration ne lui ferait en tout cas pas de mal avant ce défi qui s’annonce immense.

Marin Cilic vainqueur de Roger Federer en demi-finale de l'US open 2014

Marin Cilic vainqueur de Roger Federer en demi-finale de l'US open 2014Getty Images

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